Ouganda: 39 journalistes suspendus pour avoir couvert l'arrestation d'un opposant

Photo: 263Chat
(Photo d'archives) - La police de la République du Zimbabwe et la police municipale de Harare ont assiégé le bureau 263Chat aux Batanai Gardens avant de tirer trois bouteilles de gaz lacrymogène à l'intérieur du bureau cubique et ont fermé la porte à l'extérieur, laissant 16 personnes suffoquer à l'intérieur cet après-midi.
communiqué de presse

Sur ordre des autorités ougandaises, 13 médias ont été contraints de suspendre leurs responsables de rédaction pour avoir prétendument "propagé des informations erronées susceptibles d'inciter à la violence". Reporters sans frontières (RSF) dénonce une tentative grossière pour empêcher la couverture de l'opposition.

Par la voix de l'organe de régulation des médias, la Commission ougandaise des communications (UCC), le gouvernement ougandais a ordonné mercredi 30 avril à sept stations de radio (Akaboozi FM, Beat FM, Capital FM, CBS FM, Pearl FM, Sapientia FM, Simba FM) et six chaînes de télévision (NTV-Uganda, NBS, TBBS, Bukedde TV, Kingdom TV, Salt TV) de suspendre leurs producteurs, leurs responsables de l'information et leurs responsables des programmes, soit au total 39 professionnels de l'information.

Selon les informations recueillies par RSF, les reportages et journaux incriminés concernaient l'arrestation et la mise en garde à vue le lundi 29 avril de l'opposant Bobi Wine, chanteur populaire devenu parlementaire et concurrent déclaré du président Yoweri Museveni à l'élection présidentielle de 2021. L'organe de régulation accuse ces rédactions d'avoir diffusé de "fausses informations" à "caractère extrémiste et anarchique" susceptibles "d'inciter à la violence".

"Ces suspensions, prononcées à la hâte, constituent une attaque grossière contre l'indépendance des médias et la liberté d'informer sur un sujet d'intérêt public, dénonce Arnaud Froger, responsable du bureau Afrique de RSF. Elles vont contribuer à créer un climat de peur parmi les rédactions qui oseront encore couvrir l'actualité de l'opposition. Cette politique d'intimidation des médias et des journalistes ne peut que contribuer à accentuer les tensions politiques actuelles en Ouganda ".

Au début du mois d'avril, les forces de l'ordre avaient brutalement interrompu trois émissions de radios locales privées pour les empêcher de conduire une interview d'un chef de l'opposition.

Depuis 2015, l'Ouganda a perdu 28 places au Classement mondial de la liberté de la presse établi chaque année par RSF. Le pays occupe désormais la 125e position.

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