2 Mai 2019

Burkina Faso: Echauffourées dans des rues de Cotonou - Feu de paille ou fumerolles d'un volcan social qui gronde ?

La situation restait tendue hier matin à Cotonou, particulièrement au quartier Cadjéhoun, autour de la résidence de l'ancien président Boni Yayi : des jeunes, des partisans de l'opposition, y avaient dressé des barricades et incendié des pneus, provocant des échauffourées avec les forces de l'ordre.

L'ampleur de la mobilisation des partisans de l'opposition a obligé les autorités à faire appel à l'armée pour aider la police dans le maintien de l'ordre. Dans la soirée, un calme précaire régnait dans la capitale économique béninoise, mais les déclarations contradictoires des autorités gouvernementales et des leaders de l'opposition sur la responsabilité de ces échauffourées laissaient clairement entrevoir que la tension était loin d'être totalement retombée.

A la vérité, le projet du président Patrice Talon d'assainir le paysage politique de son pays tourne au vinaigre avec la grande colère des partis d'opposition qui le vivent comme une exclusion encadrée par des lois qu'ils jugent scélérates. De fait, le nouveau code électoral et la nouvelle charte des partis sont un puissant tour de vis sur les conditions d'existence des formations politiques et leur participation aux élections. Conséquence, les élections législatives du dimanche dernier s'apparent à un requiem pour un multipartisme à la recherche d'un second souffle au pays de Mathieu Kérékou. C'est connu, deux regroupements politiques, tous de la mouvance présidentielle, ont mené une campagne sans relief qui a abouti à un scrutin perturbé avec un taux de participation de moins de 24%. Du jamais vu au Bénin. Dès lors, les résultats attendus de ces législatives seront certes revêtus du sceau de la légalité mais quid de leur légitimité ?

Ces élections législatives, prolongement de réformes politiques non consensuelles, qui vont accoucher d'une Assemblée nationale monocolore, sont le véritable casus belli entre partisans et adversaires du président Patrice Talon. Elles ont dangereusement pollué l'atmosphère sociopolitique du pays. Que les autorités aient voulu arrêter ou pas l'ancien président Boni Yayi a été un prétexte pour les partis d'opposition d'ameuter les plus courroucés de leurs militants afin d'exprimer violemment leur désapprobation des réformes politiques, jugées liberticides. En cela, l'opposition béninoise ne sera ni la première ni la dernière à distiller des rumeurs non fondées ou mal fondées pour mousser sa contestation de réformes gouvernementales.

C'est pourquoi à la vue des échauffourées des matinées des 1re et 2 mai à Cotonou, deux questions taraudent l'esprit de plus d'un observateur de la scène politique béninoise : primo, ces évènements sont-ils un feu de paille ou les signes annonciateurs d'une éruption sociale plus violente qui couve dans le pays ? En tout cas ce n'est jamais un bon signe que l'armée soit appelée en renfort de la police pour assurer l'ordre dans un pays, avec à la clé des blessés et des morts par balles ; secundo, Patrice Talon va-t-il continuer la mise en œuvre de ses réformes politiques querellées, dans une logique de passage en force, ou va-t-il marquer une pause et prendre langue avec son opposition ? On attend de voir non sans faire remarquer que l'exemple que donnait à la sous-région la démocratie béninoise est désormais écorné. Patrice Talon en est le premier responsable. Etonnant pour un dirigeant qui ne voulait qu'un mandat comme président de la république ! C'est à croire que celui qui se veut plus homme d'Etat que politicien qui divise pour régner a totalement raté le coche avec ces réformes politiques non consensuelles. Qui a dit qu'on reconnaît le bon maçon au pied du mur ?

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