Cote d'Ivoire: Violence et fraude électorales - La CEI décline toute responsabilité et accuse certains politiciens

Alain Dogou a dit son fait aux acteurs de la classe politique et de la société civile ivoirienne. Dans une interview qu'il vient d'accorder au journal gouvernemental, le vice-président de la Commission électoral ivoirienne (CEI) n'y est pas allé avec le dos de la cuillère pour ramener les uns et les autres à leur copie, rappelant que la Loi fondamentale et le Code électoral doivent constituer la seule boussole pour apaiser le climat électoral en Côte d'Ivoire.

L'ancien ministre qui revendique 15 ans d'exercice au sein de la CEI a soutenu que les fauteurs de troubles et les fraudeurs à l'élection ne sauraient se retrouver du côté de l'institution dont il est issu, étant donné que les crimes qui lui sont imputés profitent en réalité aux acteurs politiques. « C'est pour moi un faux procès que l'on fait à la CEI sur la fraude au profit d'un candidat. Les vrais fraudeurs sont ailleurs », at-il constaté. De plus, il a botté en touche l'argument qui tient la Commission électorale pour responsable de la sécurité des élections. Dogou a argumenté que cette responsabilité incombe plutôt aux services de sécurité de l'Etat.

Bien plus, il a tenu à rappeler, avec des chiffres à l'appui, que la CEI est organisatrice des élections, néanmoins elle n'est pas «juge des élections en Côte d'Ivoire », rejetant ainsi le rôle trouble que certaines mauvaises langues prêtent à tort à cette institution, quant à l'issue du vote. Le commissaire électoral s'est indigné que les Ivoiriens manquent de civisme électoral. S'inspirant de l'exemple du Sénégal où la CEI a supervisé la présidentielle de février 2019, il a soutenu que «le déficit de formation de la population électorale en général et des militants des partis politiques, en particulier » contribuent également à troubler le jeu électoral en Côte d'Ivoire.

Mettant les pieds dans le plat, le vice-président de la CEI a recommandé que ceux des électeurs qui se présentent dans les bureaux de vote avec des documents d'identification non autorisés ou avec des pièces douteuses soient sanctionnés pour que cela serve d'exemple et réduise considérablement les pratiques de fraude. Bien avant lui, Doumbia Major, dans une interview accordée au même quotidien journal a porté un regard critique sur la question.

Ainsi a-t-il fait savoir que le problème de la légitimité de la société civile est une réalité en Côte d'Ivoire. « En 2000, j'étais membre de la Commission consultative constitutionnelle. Nous avons constaté que des partis politiques ont créé des associations satellites pour faire écho de la ligne de leur parti. Ce sont donc ces associations qui ont contribué à la rédaction de la Constitution dont la majorité était la ligne de certains partis politiques majoritaires. Aujourd'hui, il y a débat sur la neutralité de la société civile en Côte d'Ivoire », a-t-il chargé. Dans l'attente d'un véritable consensus sur cette question qui soulève tant de passion, il faut rappeler que depuis le 21 janvier 2019, des discussions sont engagées entre le gouvernement, les partis politiques et la société civile pour la réforme de la Commission électorale indépendante.

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