Ile Maurice: Opérations boursières - Marché officiel - Médine émet Rs 4 Mds d'obligations

Le recours à l'émission de ces instruments financiers vise à recueillir des fonds pour restructurer les dettes du groupe Médine et pour financer ses projets futurs.

Vingt-cinq jours après le feu vert du Conseil des ministres, concernant l'arrêt de sa production de sucre, le groupe Médine, sous la direction de son Chief Executive Officer (CEO) Thierry Sauzier, annonce la cotation en bourse de quatre tranches d'obligations, pour un montant global de Rs 4 milliards (Mds). Le 9 mai, le groupe amorcera ainsi une nouvelle étape dans son évolution, qui a toujours été caractérisée par une volonté à prendre le risque de payer le prix fort, suite à l'abandon d'une filière d'activités, lorsque celle-ci ne représente aucune perspective de croissance, pour en exploiter d'autres.

La filière qui vient donc d'être abandonnée concerne la fermeture de la partie usine sucrière de Médine. Concrètement, le groupe a cessé de produire du sucre de la canne mais maintiendra ses activités au niveau de la culture de la canne à sucre qui, cependant, restera une opération importante de son pôle agricole. En optant pour un placement privé sur le marché officiel de la Bourse de Maurice, le groupe s'offre la possibilité d'une plus grande visibilité sur le marché global. L'émission d'obligations en devises multiples aura permis au groupe de retenir l'attention d'un plus grand nombre d'investisseurs, dont des retail investors et de diversifier ses sources de financement.

La demande pour la souscription à ces obligations a largement dépassé l'offre initiale, qui visait un montant global de seulement Rs 2 Mds. La demande était telle que le groupe pouvait émettre des obligations jusqu'à hauteur de Rs 5 Mds mais a finalement décidé de se limiter à seulement Rs 4 Mds. Avec cette percée sur le marché officiel, le groupe joue désormais sur les deux plateformes d'échanges de valeurs à la Bourse de Maurice. Aucun changement cependant par rapport à la présence de Médine Ltd sur le Development & Enterprise Market, où ses valeurs seront toujours cotées.

Bilan financier

Après les pertes enregistrées par le pôle agricole, occasionnées, en grande partie, par le segment consacré à la fabrication du sucre de la canne, le groupe s'est ainsi donné les moyens pour évoluer sur une base financière solide, qui ne risque pas d'être perturbée par des pertes chroniques. Ce qui a été le cas pour la filière de production de la canne à sucre.

Le dernier bilan financier pour le semestre se terminant au 31 décembre dernier en est la parfaite illustration. Les revenus du pôle agricole pour cette période ont enregistré une baisse de Rs 108 millions, passant de Rs 711,7 millions en 2017 à Rs 604 millions en 2018. Raison avancée par les signataires de ce bilan financier: la baisse du prix du sucre, qui a chuté à Rs 9 700 la tonne cette année.

C'est ainsi que l'argent déjà recueilli, et l'évolution qu'il va connaître sur le marché de la bourse après l'entrée en opération de sa cotation le 9 mai, permet au groupe d'envisager un refinancement de ses dettes auprès des banques. Médine dispose ainsi de suffisamment de fonds neufs pour assurer son développement futur.

Le dernier bilan indique que le coût financier est passé de Rs 137,9 millions en 2017 à Rs 156,7 millions en 2018, soit une hausse de Rs 18,8 millions. Si on établit une moyenne, celle-ci serait de Rs 147,3 millions. Si le coût financier est maintenu à ce niveau et qu'aucun élément extérieur ne vient modifier et perturber la donne, dans dix semestres, le coût financier pourrait s'élever à Rs 1,5 Md. Le recours à des échéances de cinq à sept ans permet au groupe de ne pas s'inquiéter de la nécessité de débourser de l'argent pour payer le retour sur les investissements pendant cette période.

Le recours à cette restructuration des dettes du groupe se situe dans le droit fil d'une philosophie semblable, qui a permis de restructurer les actifs financiers de même que les opérations du groupe. Une démarche qui a fait son bout de chemin depuis plus d'un an par la nouvelle direction.

Le bilan pour le trimestre se terminant au 31 décembre démontre que la réalisation de bénéfices opérationnels constitue toujours un défi. Pour ce trimestre, le groupe n'a pu que faire baisser les pertes opérationnelles de Rs 103,4 millions à Rs 53,2 millions. L'appui d'un fonds de financement sans attache aux obligations bancaires et ses conséquences va permettre au groupe de financer avec plus de sérénité les projets.

Qu'à cela ne tienne, le groupe a terminé le dernier semestre de 2018 avec des profits de Rs 42 millions contre des pertes de Rs 137 millions en 2017. Des dividendes de Rs 152 millions ont été payés contre Rs 126 millions en 2017.

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