4 Mai 2019

Ile Maurice: La Fête du travail à la Une de l'actualité cette semaine à Maurice

Port-Louis, Maurice — La Fête du Travail, célébrée le 1er mai à travers le monde, a fait l'actualité cette semaine à Maurice, avec l'organisation d'activités autour du thème, politique et syndicalisme, qui a mobilisé des milliers de personnes.

Comme chaque année, les partis politiques ont tous accaparé ces activités pour présenter leur bilan à leurs partisans, particulièrement en cette année d'élections générales qui sont prévues d'ici à la fin de l'année.

"Un 1er mai sur fond de campagne électorale", titre le quotidien Le Défi, dans sa couverture de ces différentes activités.

Selon, ce journal, un long volet du discours du Premier ministre, Pravind Jugnauth, leader du principal parti politique au pouvoir, le Mouvement Socialiste Militant (MSM), était consacré aux réalisations du gouvernement durant les quatre dernières années.

"Il a parlé de l'introduction du salaire minimum, des compensations salariales qui sont supérieures au taux d'inflation, de la baisse du prix du gaz ménager et du riz, entre autres".

Selon Le Défi, le Premier ministre s'est réjoui du fait que le gouvernement est parvenu, en quatre ans et demi, à dépasser largement le nombre de logements sociaux construits par l'ancien gouvernement travailliste, aujourd'hui dans l'opposition.

Il a aussi évoqué " la grande victoire obtenue en février dernier devant la Cour internationale de Justice par rapport à la revendication mauricienne sur les Chagos".

Le Premier ministre en a profité pour parler des grands projets de développement qui sont en cours, dont la construction de nouvelles routes, d'un hôpital universitaire, de nouvelles médi-cliniques, un complexe omnisports, une nouvelle ville administrative, un nouveau terminal à l'aéroport, entre autres.

Lui donnant la réplique, le leader du Parti Travailliste, l'ancien Premier ministre, Navin Ramgoolam, a dit, tel que rapporté par Le Défi: "ce pays connaîtra le même sort que celui de la Grèce. « On nous a promis un miracle économique, mais nous avons eu droit à un mirage économique".

Ce quotidien rapporte que M. Ramgoolam a critiqué le taux de croissance économique qui est estimé à 3,7 pc, inférieur à ce qui avait été promis et aussi le peu d'emplois créés, de même que l'augmentation de la dette publique de 70 pc.

Outre la couverture accordée aux différentes activités politiques, le quotidien Le Mauricien a aussi choisi de donner la parole à des syndicalistes, dont Haniff Peerun, président du Conseil des Syndicats, qui ironise : "Courir après les politiciens ne mène à rien ; il faut au contraire laisser les politiciens nous courir après".

Dans un entretien qu'il a accordé à ce journal, M. Peerun estime que la fête du travail a été accaparée par les politiciens "je ne suis pas d'accord avec le nom fête du travail, car cela sous-entend qu'on fête le patronat. On aurait du plutôt parler de fête des travailleurs".

Pour l'ancien ministre, Dharam Gokhool, actuellement conférencier à l'université de Maurice, "les meetings du 1er mai n'ont plus autant d'importance que dans le passé".

"Je pense même que c'est un gaspillage de ressources", a-t-il estimé, se disant davantage pour des congrès dans des salles où on peut entamer, "non pas des monologues, mais un dialogue".

Pour lui, ces rassemblements ne sont pas un baromètre pour déterminer les forces et faiblesses des partis politiques.

De son côté, le quotidien L'express consacre un article à la présence de travailleurs étrangers à ces rassemblements du 1er mai.

Ce journal écrit que pour Fayzal Ally Beegun, syndicaliste et fervent défenseur des droits des travailleurs étrangers à Maurice, "leur présence n'a rien de nouveau. Cette pratique date d'ailleurs de deux décennies. Mais cette fois-ci, les Bangladais ont parlé à visage découvert et ont soutenu avoir été payés pour assister aux meetings. Même s'il peut bien s'agir d'une mise en scène".

Selon L'express, "l'utilité d'avoir des ouvriers étrangers dans des meetings n'est que pour grossir la foule, conviennent les syndicalistes. Car le meeting du 1er mai, particulièrement un meeting placé dans un contexte électoral, relève toujours d'une guerre de foule".

Finalement, le quotidien Le Mauricien a accordé une bonne couverture à une messe célébrée à Port-Louis, à l'occasion de la fête du Travail.

Ce journal écrit : "Le père Michael Durhône veut provoquer une réflexion sur les répercussions des pressions du travail sur la vie de la famille. C'est le principal message, avec la nécessité de mieux considérer les travailleurs étrangers, de l'homélie prononcée lors de la messe célébrée à la cathédrale Saint-Louis".

Le père Durhône a, écrit ce quotidien, fait état des sacrifices des travailleurs pour encadrer leurs familles.

"C'est grâce à leur persévérance que plusieurs d'entre eux ont eu un toit et ont pu envoyer leur progéniture faire des études", a-t-il déclaré.

Le prêtre a, par ailleurs, rappelé que "c'est dangereux pour la société de considérer un travailleur uniquement comme étant capable de produire".

Selon lui, "les gens ne peuvent plus travailler uniquement pour rembourser leurs emprunts ou nourrir leurs familles. Il faut qu'un employé se sente épanoui, qu'il ait ce sentiment d'être valorisé".

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