Libye: Tournée europeenne de Fayez-al Sarraj - Le jeu en valait la chandelle

analyse

Alors que les armes continuent de crépiter autour de Tripoli, le Premier ministre libyen, Fayez-al Sarraj, vient d'entamer une mini-tournée diplomatique en Europe. En effet, après l'Italie où il a rencontré, hier, 7 mai 2019, le chef du gouvernement, Guiseppe Conte, il s'est envolé pour Paris où il sera reçu à l'Elysée par le président Emmanuel Macron.

Mais qu'est-ce qui fait courir tant le chef du gouvernement libyen d'union nationale ? La réponse est simple. L'homme est à la recherche de soutiens, surtout quand on sait que le maréchal Khabifa Haftar est resté sourd à tous les appels de la communauté internationale et tient mordicus à conquérir Tripoli et ce, en dépit de la farouche résistance que rencontrent ses troupes sur le train.

Pour ce faire, Fayez-al-Sarraj entend alerter les partenaires européens sur les conséquences dramatiques inhérentes à l'offensive de l'ex-ministre de la Défense de Mouammar Kadhafi, lancée depuis le 4 avril dernier. C'est de bonne guerre quand on sait que peu avant le lancement de son offensive sur Tripoli, Khalifa Haftar avait également effectué une visite aussi bien en Europe qu'en Afrique, sans doute aussi à la recherche de soutiens. Le jeu en valait donc la chandelle.

En tout cas, la tournée européenne du Premier ministre libyen s'imposait d'autant qu'après l'offensive sur Tripoli, certaines puissances avaient été accusées de rouler pour Haftar.

La visite de Sarraj permettra de décrisper l'atmosphère entre Paris et Tripoli

En dehors de l'Italie qui propose une solution politique à la crise et qui promet de rencontrer Haftar dans les tout prochains jours, bien des pays faisaient l'objet de critiques. C'est le cas, par exemple, de la France que les autorités de Tripoli avaient ouvertement accusée de soutenir « le criminel Haftar » ; ce qui avait valu la suspension des accords sécuritaires entre les deux pays.

« La France soutient le gouvernement légitime du Premier ministre Fayez-al-Sarraj et la médiation de l'ONU pour une solution politique inclusive en Libye », avait pourtant répondu Paris qui précise cependant n'avoir jamais caché son soutien au maréchal Haftar dans le cadre de la lutte antiterroriste et non dans l'offensive qu'il mène sur Tripoli.

C'est dire donc que la visite de Sarraj permettra, du moins on l'espère, de décrisper l'atmosphère entre Paris et Tripoli. Ce serait l'occasion de faire le « point de la situation sécuritaire et militaire » en Libye. Aussi, des initiatives pourraient-elles être prises pour décanter la situation « figée sur le terrain » avec des combats qui continuent de faire rage.

En tout cas, les Occidentaux, du fait de leurs intérêts, sont tellement divisés sur le dossier libyen que l'on ne voit pas poindre la moindre lueur d'espoir de sortie de crise. Bien au contraire !

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