7 Mai 2019

Burkina Faso: Abdoul Dramane Thiombiano - « On ne demande pas une augmentation de salaire, on veut la reprise du reversement du personnel »

La Garde de sécurité pénitentiaire traverse une crise depuis un certain temps, bloquant ainsi les activités judiciaires. Le 6 mai 2019 à Ouagadougou, le Syndicat national des agents de la garde de sécurité pénitentiaire (SYNAGSP) a organisé une conférence de presse pour « donner des informations précises sur la crise que traverse la GSP ».

« Nous n'avons pas le choix. C'est le gouvernement qui nous contraint sinon personne n'est content d'aller en mouvement », a avancé Abdoul Dramane Thiombiano lors des échanges avec la presse. A l'entendre, ce n'est pas de gaieté de cœur que les agents de la Garde de sécurité pénitentiaire ont décidé de ne pas travailler.

« Nous sommes brimés. Nous ne sommes pas traités au même niveau que les autres corps paramilitaires ». C'est pourquoi, a-t-il clamé, « on veut la reprise de reversement du personnel. On ne demande pas une augmentation de salaire ».

Selon les propos du Secrétaire général du SYNAGSP, le principal problème à l'origine de la crise actuelle est la reprise du reversement du personnel qui a été fait suite à l'adoption de la loi n°016-2014/AN du 15 mai 2014 portant statut du personnel de la Garde de sécurité pénitentiaire.

Après explications, il est ressorti que ce reversement n'a pas suffisamment pris en compte les anciennetés et les échelons antérieurs du personnel, de telle sorte que des personnels plus anciens se sont retrouvés au même échelon que des personnels moins anciens avec le même traitement salarial.

Et pour illustrer ses propos, Abdoul Dramane Thiombiano prend l'exemple d'un assistant qui a 10 ans de carrière qui se retrouve au même échelon et indice que celui qui vient d'être intégré à la Fonction publique. Pour corriger « cette injustice », « nous voulons que le reversement du personnel soit repris en conservant les échelons de chaque agent.

Toute chose que le gouvernement refuse et tente de nous imposer un mécanisme de reversement qui fera toujours perdre des échelons à chaque agent », a révélé le Secrétaire général du SYNAGSP.

D'ailleurs, a relevé le Secrétaire général, le reversement effectué par la loi n°016-2014/AN du 15 mai 2014 portant statut du personnel de la Garde de sécurité pénitentiaire a engendré, entre autres, des problèmes de commandement et de discipline dans les rangs ; des problèmes de fonctionnement de certains organes tels que le conseil de discipline et la commission d'avancement qui, pourtant, sont indispensables au bon fonctionnement de la GSP.

« L'adoption des travaux du Comité tripartite mettra définitivement fin à la crise actuelle »

A travers la conférence de presse du 6 mai dernier, le SYNAGSP a dit prendre à témoin « l'opinion nationale et internationale sur la volonté du gouvernement d'imposer au personnel de la GSP des mesures attentatoires à leur carrière ».

En tout état de cause, le SYNAGSP n'enttend pas participer au plan d'opérationnalisation du décret adopté en Conseil des ministres en sa séance du 24 avril 2019. Un décret portant classement indiciaire du personnel de la GSP que le personnel et le SYNAGSP a d'ailleurs rejeté.

Par ailleurs, le SYNAGSP a déploré le fait que le gouvernement appréhende le problème du reversement de la GSP sous un angle uniquement financier, en mettant l'accent sur l'incidence financière qui s'évalue à environ 1 447 614 029 F CFA, tout en occultant les aspects liés à la carrière du personnel.

En tout état de cause, le SYNAGSP a trouvé que seule la prise en compte du tableau de reversement proposé par le Comité tripartite permettra une résolution définitive de la crise.

Pour ce faire, le syndicat a lancé un appel au président du Faso pour qu'il entérine les conclusions des travaux du Comité tripartite qui prennent en compte les anciennetés et les échelons du personnel et qui règlent le problème de commandement en évitant les regroupements du personnel de promotions différentes dans un même échelon.

« Nous restons convaincus que l'adoption des travaux du Comité tripartite mettra définitivement fin à la crise actuelle », a déclaré Abdoul Dramane Thiombiano, Secrétaire général du SYNAGSP.

Par ailleurs, ce dernier qui faisait partie des agents révoqués a affirmé que le groupe révoqué a eu gain de cause devant le Conseil d'Etat et que « leur reprise du travail est laissée à l'appréciation du ministre ».

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