7 Mai 2019

Burkina Faso: Bitumage de l'avenue de l'hôpital - Quand Christophe Dabiré remonte les bretelles à l'entrepreneur

Le premier ministre, Christophe Dabiré, a effectué le 6 mai dernier, une descente sur les chantiers de bitumage des routes de la ville de Ouagadougou et ses quartiers périphériques. Cette visite a débuté par l'avenue de l'hôpital (RN4) route de Fada et s'est poursuivie à Karpala (rue 30.161), au niveau du pont de Djikofè ainsi qu'à la voie Sondogo-cité de Boassa.

L'objectif était de toucher du doigt l'état d'avancement des travaux de bitumage de ces voies. En effet, trois entreprises à savoir COGEB, GLOBEX construction et ECR-BTP-Ingénierie sont à pied d'œuvre pour livrer des infrastructures « de qualité » dans les délais.

Quatre ans après le lancement des travaux de bitumage de la section urbaine de la route nationale n°4, le chantier qui devait s'achever en 18 mois, n'est toujours pas terminé. C'est le constat qu'a fait Christophe Dabiré, 3e Premier ministre qui a visité ce chantier qui met en désarroi les usagers, le 6 mai 2019.

Précisons que cette section urbaine de la RN04 va du croisement de la RN04/RN03, en passant devant le CHU Yalgado Ouédraogo à l'échangeur de l'Est, y compris un passage supérieur et le prolongement jusqu'au croisement de l'avenue de la liberté.

Ce chantier, faut-il le rappeler, a été lancé depuis novembre 2015 pour un délai d'exécution de 18 mois par l'entreprise COGEB.

« Il faut que l'entreprise accélère »

Visiblement, c'est un Premier ministre remonté contre l'entreprise COGEB qui s'est exprimé en ces termes, à l'issue de la visite du chantier.

« Nous ne sommes pas du tout satisfaits par rapport à ce qui est fait trois ans après. Je suis le 3e Premier ministre qui visite ce chantier et peut-être qu'il y aura un 4e qui va venir et j'espère que ce dernier va l'inaugurer.

Il faut que l'entreprise accélère pour pouvoir livrer un ouvrage de qualité aux populations qui attendent ». Selon Christophe Dabiré, à chaque visite d'un Premier ministre, les entreprises s'attellent à donner un délai pour livrer l'infrastructure et à l'échéance du délai, rien n'est fait. « Je ne prêcherai pas dans le désert en donnant un délai pour la réception de l'ouvrage. »

Sur la question de la résiliation du contrat avec l'entreprise qui ne respecte pas le délai d'exécution des travaux, Christophe Dabiré trouve que cela n'est pas nécessaire.

Pour lui, résilier le contrat revient à repartir à zéro avec un an de retard. Selon le chef du gouvernement, cette sortie de terrain consiste à encourager et à accompagner les entreprises afin qu'elles trouvent un certain nombre de moyens pour pouvoir terminer les ouvrages à la satisfaction des populations.

Il a, par ailleurs, insisté sur la livraison d'ouvrage de très grande qualité. « Si nous avons pris beaucoup de temps pour réaliser cet ouvrage, nous devrons également livrer un ouvrage de très grande qualité », a-t-il insisté.

Sur les raisons qui sont à l'origine d'un tel retard, le directeur général du bureau d'étude en charge du contrôle et de la surveillance du chantier, Tiraogo Hervé Ouédraogo, a confié qu'il y a eu d'abord des problèmes liés à la libération des emprises.

Il a précisé que le projet de construction de la section urbaine de la RN04 est financé par la Banque ouest africaine de développement et elle exigerait que tous ceux qui sont sur les emprises, même ceux qui ne sont pas légalement installés, soient dédommagés. Il fallait prendre un décret d'utilité publique pour procéder à cela.

« Et cette mesure nous a énormément créé du retard ». Ensuite, il y a des réseaux, notamment d'eau, d'électricité et de téléphonie, dont le principal est celui qui vient de Loumbila avec les grosses conduites. Et l'ONEA, à ce niveau, selon toujours ses explications, a dû faire des appels d'offres avec des entreprises et ce n'est que le 5 mai dernier que ce travail a pris fin.

M. Tiraogo Ouédraogo a aussi précisé que l'entreprise de réalisation ne pouvait pas intervenir sans que toutes ces questions ne soient réglées. Enfin, à ces raisons, s'ajoute celles liées à « nos propres responsabilités ». Car, a-t-il poursuivi, par moments, il y a eu un peu de retard lié à l'assainissement et autres.

Bientôt un arrêt des travaux

Le DG du bureau a, en outre, ajouté que les travaux ont été repris il y a juste un mois de cela et que les premières parties de revêtement ont été posées. Mais à l'en croire, les travaux connaîtront un arrêt car, dit-il, avec la saison des pluies qui s'annonce, COGEB devrait encore patienter parce que « c'est l'arrivée du canal central de l'ONEA».

Mais, il a bon espoir qu'avant l'installation effective de la saison des pluies, bon nombre d'ouvrages seront terminés et seront également livrés aux usagers afin qu'ils puissent circuler normalement. Pour le délai de livraison des ouvrages, Tiraogo Ouédraogo a dit avoir trop communiqué en donnant des délais non respectés.

Pour cette fois-ci, il a fait le choix de ne pas donner de délai, mais a promis de tout mettre en œuvre pour que l'infrastructure soit livrée dans le meilleur délai.

Si la RN 04 connaît un grand retard suscitant parfois de l'indignation de la part des usagers, ce n'est pas le constat fait par Christophe Dabiré sur les rues 30.161 et 30.260 de Karpala ainsi que le pont de Djikobè.

Pour un délai d'exécution de 87 jours sur 240 jours de travaux, c'est un taux de réalisation de 36% que le technicien chargé du contrôle et de la surveillance du groupe GIE a présenté au locataire de la Primature.

Christophe Dabiré n'a pas manqué d'exprimer sa joie quant aux résultats déjà obtenus en moins de 3 mois de travaux de bitumage. « En ce qui concerne la route de Karpala, c'est un satisfécit total », a-t-il lancé.

Il a aussi martelé qu'autant on peut être heureux de voir qu'une action posée par le gouvernement rend service aux populations de ces quartiers qui connaissent des difficultés liées à la pluviométrie, autant la construction de ce pont va leur permettre de résoudre un certain nombre de problèmes.

Le chef du gouvernement a reconnu que ces infrastructures ne résolvent qu'une partie des besoins de ces zones.

« Bien évidemment, ça ne résout pas tous les problèmes, mais c'est une revendication des populations et nous avons essayé de leur apporter un début de solution aux problèmes qu'elles connaissent dans ces zones », a-t-il laissé entendre.

Pour ce qui est du bitumage de la voie allant de Sondogo à la cité de Boassa, c'est un taux de réalisation de 45% qui a été présenté au ministre des Infrastructures, Eric Bougouma, après six mois de travaux. Ce dernier s'est dit satisfait de l'avancement des travaux de cet ouvrage qui doit être livré dans 2 mois.

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