Sénégal: L'hypothetique dialogue politique

Le dialogue national inclusif lancé par le président Macky Sall semble en vérité hypothéqué par le refus d'une bonne frange de l'opposition dite «significative» de prendre part à ces concertations prônées par le président Macky Sall. Surtout que l'opposition a encore du mal à avaler la pilule de la suppression du poste de Premier ministre, faite sans concertation.

Cependant, ledit dialogue semble avoir pris du plomb dans l'aile avant même qu'il ne démarre. En effet, dès l'annonce faite par le chef de l'Etat, une bonne partie de l'opposition «significative» avait rejeté cette main tendue du président. Il en est ainsi du président de l'Act, ancien Premier ministre de Macky Sall, Abdoul Mbaye qui dit opter pour la posture de «lanceur d'alerte». Pour sa part, le candidat de la coalition Idy 2019 avait déclaré : «je ne peux pas dialoguer avec une personne habituée à renier sa parole». Il en est de même pour le camp d'Ousmane Sonko, leader du Pastef, qui estime que ledit appel est un «non-événement».

Du côté de la coalition de Madické Niang, même si on ne rejette pas l'appel au dialogue du chef de l'Etat, il y a quand même des conditions posées. En effet, Habib Sy, le directeur de campagne de Madické Niang, a magnifié le discours «de hauteur» de Macky Sall. Pour autant, il avait estimé qu'il était nécessaire de rétablir la confiance, afin qu'il puisse avoir de dialogue.

Pour lui, «il ne faudrait pas que ce soit comme la dernière fois, appeler au dialogue et que ce ne soit pas sincère. Il faut qu'il (Macky) rétablisse les relations de confiance avec l'opposition parce qu'à ce niveau, il y a rupture». Au Parti de l'Unité et du Rassemblement (Pur), on joue la carte de la prudence, après le dernier dialogue sur le processus électoral qui avait accouché du système du parrainage.

En effet, tout en exigeant la sincérité pour cet énième appel au dialogue, Khalifa Mbodj, Secrétaire permanent dudit parti s'était demandé si «ce sera un dialogue pour essayer de nous jouer un mauvais tour». Des refus au dialogue qui ont très certainement été radicalisés par le vote de la loi portant sur la suppression du poste de Pm. Une loi perçue par l'opposition comme un moyen de renforcer les pouvoirs du chef de l'Etat, Macky Sall.

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