Afrique de l'Ouest: Sahel - Des besoins humanitaires en hausse et des ressources insuffisantes - L'ONU appelle à agir

Les responsables humanitaires de l'ONU au Burkina Faso, au Mali et au Niger ont appelé mardi la communauté internationale à augmenter leur aide aux populations du Sahel où l'insécurité et les attaques armées ont atteint des niveaux sans précédent.

Lors d'une présentation à l'Office des Nations Unies à Genève (ONUG), les Coordonnatrices humanitaires de l'ONU au Burkina Faso, au Mali et au Niger ont indiqué aux États membres de l'Organisation que les besoins humanitaires au Sahel avaient dépassé les ressources disponibles.

Les besoins humanitaires dans cette région sont en forte hausse en raison de la violence persistante. Les trois hautes responsables onusiennes ont alerté sur le risque de propagation de cette violence vers les pays côtiers d'Afrique occidentale.

Le nombre d'incidents de sécurité au Burkina Faso, au Mali et dans l'ouest du Niger a fortement augmenté ces derniers mois. Rien que pour le mois d'avril, plus de 150 incidents violents, ayant fait plus de 300 morts, ont été enregistrés dans la région. Les violences au Sahel touche des communautés extrêmement vulnérables qui luttent encore pour se remettre des conséquences de la sécheresse aiguë qui a frappé la région l'année dernière.

« Beaucoup de personnes touchées par la violence étaient déjà confrontées à de graves difficultés. Pour eux, c'est une double catastrophe », a noté Mbaranga Gasarabwe, cheffe adjointe de la Mission de l'ONU au Mali (MINUSMA) et Coordinatrice résidente et humanitaire des Nations Unies dans le pays.

« La violence aggrave les niveaux élevés d'insécurité alimentaire et de malnutrition, et menace la vie et les moyens de subsistance des civils. Elle renforce également les besoins de protection et met en péril la cohésion sociale', a-t-elle alerté.

En un an seulement, les déplacements internes ont quintuplé, forçant plus de 330 000 personnes à quitter leur foyer. Par ailleurs, plus de 100 000 personnes se sont réfugier dans un pays voisin.

Plus de 1 800 écoles ont fermé leurs portes

La violence au Sahel a gravement touché le secteur de l'éducation et les services de santé. Dans toute la région, plus de 1 800 écoles ont fermé leurs portes - certaines pendant plus de trois années consécutives - et plus de 80 centres de santé sont fermés ou partiellement opérationnels.

« Nous ne pourrions trop insister sur l'urgence de la situation. L'avenir de toute une génération est en jeu », a déclaré Metsi Makhetha, la Coordonnatrice résidente et humanitaire des Nations Unies au Burkina Faso. « L'ONU, les organisations humanitaires partenaires et les gouvernements ont intensifié leurs opérations. Mais nous devons faire plus », a-t-elle souligné.

En 2019, 5,1 millions de personnes au Burkina Faso, au Mali et dans les régions occidentales de Tahoua et Tillaberi au Niger, ont besoin d'aide humanitaire. Les Nations unies et leurs partenaires ont lancé un appel de fonds de 600 millions de dollars pour venir en aide aux 3,7 millions de personnes les plus durement touchées. Un quart de l'année s'est déjà écoulée et le financement moyen n'est toujours que de 19 %.

« Nous devons agir maintenant et vite. Et nous devons aussi agir sur le long terme », a souligné Fatou Bintou Djibo, la Coordinatrice résidente et humanitaire des Nations Unies au Niger. « Des efforts de secours soutenus, ainsi qu'un développement économique et social sont essentiels », a-t-elle insisté, soulignant qu'au Sahel, la violence est également enracinée « dans un sentiment de marginalisation et de privation des droits ».

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