8 Mai 2019

Afrique du Sud: Législatives - Vingt-sept millions d'électeurs appelés aux urnes

Photo: Darryn van der Walt/Flickr
Encre indélébile appliquée sur le pouce après le vote.

Les Sud-Africains ont voté, le 8 mai, pour des scrutins législatifs et régionaux dont le principal enjeu réside dans l'ampleur du recul annoncé du Congrès national africain (ANC), au pouvoir depuis 1994, qui a vu son image ternir sous le règne rythmé de scandales de 2009 à 2018.

Les enquêtes d'opinion promettent au parti de Nelson Mandela la conservation d'une majorité absolue des sièges à l'Assemblée nationale, synonyme de nouveau mandat à la présidence pour son chef, Cyril Ramaphosa. Aux élections locales de 2016, l'ANC avait réalisé son plus mauvais score national en recueillant 54% des voix, cédant, en outre, le contrôle des villes emblématiques comme Johannesburg et Pretoria.

Les sondages le créditent de 51 à 60% des intentions de vote, moins que les 62,5% recueillis aux législatives de 2014. Depuis qu'il a pris la tête du parti et du pays, il y a un peu plus d'un an, Cyril Ramaphosa, 66 ans, promet d'éradiquer la corruption et de relancer l'économie, qui souffre d'une croissance atone depuis la crise financière de 2008.

Pour les observateurs, Ramaphosa, ancien syndicaliste devenu millionnaire, aurait semble-t-il réussi à limiter la chute de popularité de l'ANC. « Il est de loin le candidat le plus populaire », estime l'analyste Collette Schulz-Herzenberg, de l'université de Stellenbosch.

Mais, tout au long de sa campagne, il a été confronté à la déception, voire à la colère d'un pays désenchanté un quart de siècle après la chute du régime de l'apartheid et la promesse démocratique d'une nation « arc-en-ciel ».

Le chômage y a atteint des proportions endémiques (27%), la corruption a gagné le plus haut sommet de l'État et les inégalités sociales ainsi que la pauvreté s'y creusent. L'an dernier, un rapport de la Banque mondiale a même fait de l'Afrique du Sud « un des pays les plus inégalitaires » de la planète. L'opposition n'a pas manqué de surligner ces échecs.

Face à l'ANC, deux partis politiques sont à l'affiche : l'Alliance démocratique et les Combattants pour la liberté économique. Mais malgré ce terrain favorable, les deux partis ne semblent toutefois pas encore en mesure de faire tomber l'ANC.

Les premières tendances fiables du scrutin devraient être publiées par la Commission électorale dès ce jeudi. Le futur président, élu par les quatre cents députés, sera investi le 25 mai.

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