Algérie: Trop lourd fardeau pour le contribuable algérien - L'ingérence d'Alger dans la question du Sahara a un prix

Un seul lobbyiste, proche de John Bolton, coûte 26.000 euros par mois, titre ABC

Même si elle a étrangement disparu des radars des sites spécialisés, l'Algérie n'en continue pas moins à se payer les services de cabinets de lobbying américains réputés.

Vers la fin de l'année dernière, elle a ainsi contracté avec un lobbyiste proche de John Bolton, conseiller à la sécurité nationale du président américain Donald Trump.

Citant le président du Forum canario-sahraoui, Miguel Angel Ortiz, le quotidien espagnol ABC a rappelé dans un article publié sur son portail que ce contrat avec le cabinet de lobbying Keene Consulting s'élève à 26.000 euros par mois.

D'après la même source, «ce contrat a été déclaré aux autorités de transparence américaines et il expirera en novembre 2019 s'il n'est pas renouvelé automatiquement».

Le choix du cabinet de lobbying en question n'est guère fortuit. Son dirigeant, David Keene, est considéré comme très proche du Parti républicain et des milieux conservateurs. Il a d'ailleurs travaillé comme conseiller politique durant les campagnes de Ronald Reagan, Georges Bush (père), Robert Dole et Mitt Romney. Au sein de l'administration Trump, il compte un allié de taille : John Bolton.

David Keene qui a été président de la très puissante National Rifle Association (NRA), le lobby des armes, résolument pro-républicaine, a pour mission d'«apporter une contribution de qualité à la promotion de l'image de l'Algérie tant au niveau de l'exécutif américain que du Congrès et du monde des affaires», avait-on indiqué à ce propos en précisant qu'Alger entend asseoir, par ce biais, sa présence au Sénat. A la Chambre haute, par contre, David Keene aura à coordonner ses actions avec les relais de l'Algérie et du Polisario, tels les sénateurs Lindsey Graham, James Inhofe (Républicains) et Patrick Leahy (Démocrate).

Aux Etats-Unis, les Algériens comptent aussi sur d'autres lobbyistes pour mener à bien leur action et notamment sur le cabinet Foley Hoag.

Selon Moussaoui Ajlaoui, expert associé à AMES-Center, l'Algérie signe des contrats juteux avec des bureaux de lobbying basés aussi bien à New York où il y a l'ONU qu'à Washington où il y a l'administration américaine en vue de défendre ses intérêts et les thèses des séparatistes.

«L'Algérie mobilise l'argent du contribuable algérien pour financer les délégations pro-Polisario ou pro-algériennes, pour financer les bureaux d'études américains ou autres et pour financer les études et recherches sur la question du Sahara ou sur le soutien au peuple sahraoui. C'est un circuit terrible dans lequel l'argent est fort important pour faire tourner la machine », a souligné Moussaoui Ajlaoui dans une déclaration à Libé. Et de préciser : « C'est une guerre parmi d'autres. Il y a la guerre diplomatique, la guerre du lobbying, la guerre électronique et la guerre des influences ».

Il a, par ailleurs, souligné que la principale base du lobbying de l'Algérie est Londres où ce pays recourt aux prestations d'un important bureau d'études. Lequel perçoit des commissions sur tous les contrats conclus entre l'Etat algérien et des sociétés internationales comme par exemple dans le cas de l'armement. C'est à travers ce bureau que l'Algérie distribue de l'argent à la société civile dans les pays européens et notamment dans les pays scandinaves pour défendre les thèses séparatistes dans leurs pays ou dans les institutions de l'UE.

Il convient de signaler que le journal en ligne Al-Monitor, spécialiste de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA), a affirmé récemment que l'Algérie a dépensé plus de 400.000 dollars de lobbying en 2017 auprès de l'administration Trump des Etats-Unis, selon nos confères à Huffpostmaghreb.com.

Notre voisin de l'Est avait versé 420.000 dollars à un cabinet d'avocats Foley Hoag, basé à Boston, dans le but de « renforcer la coopération énergétique en suscitant l'intérêt du Congrès américain » et « relancer le processus de négociation».

Des milliards de dinars du contribuable algérien que les autorités algériennes gaspillent inutilement pour soutenir une cause qui ne concerne ni de près ni de loin le peuple algérien qui s'est insurgé depuis des mois contre les caciques du régime. Ce gaspillage des ressources du peuple algérien confirme encore une fois l'implication de l'Algérie dans la pérennisation du conflit du Sahara marocain.

C'est ce qu'a tenu à préciser le représentant permanent du Maroc auprès de l'ONU dans son exposé lors du Séminaire du Comité des 24 (C24) de l'Assemblée générale de l'ONU, pour les Caraïbes, tenu à Grenade du 2 au 4 mai courant.

« C'est l'Algérie qui a créé le Polisario, c'est l'Algérie qui l'héberge, c'est l'Algérie qui lui donne pratiquement un territoire extra-souverain dans les camps de Tindouf -les seuls camps au monde gérés par une entité non-étatique-, c'est l'Algérie qui l'arme, c'est l'Algérie qui mène les campagnes diplomatiques, c'est l'Algérie qui paye Independent Diplomat -groupe lobbiyiste- pour rédiger des notes, faire des campagnes pour le Polisario, et envoyer des tweets. Maintenant, l'Algérie est aux tables rondes. Il est tout à fait normal que l'Algérie, qui a été au début de ce différend, soit à sa fin », a-t-il martelé.

Abordant l'examen de la question nationale par les Nations unies, l'ambassadeur du Maroc a indiqué que suite aux échecs de tous les plans antérieurs, et en réponse à l'appel du Conseil de sécurité et de la communauté internationale, le Maroc a présenté en avril 2007, l'Initiative d'autonomie pour le règlement définitif du différend autour du Sahara, dont la prééminence a été consacrée dans toutes les résolutions du Conseil, depuis sa présentation.

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