5 Mai 2019

Tunisie: Le Président de la BAD - L'Afrique, Un continent avec de formidables opportunités pour les jeunes Tunisiens et priorités à la Zone de libre-échange continentale

Tunis/Tunisie — - « L'Afrique est un continent qui a de formidables opportunités, la jeunesse et l'emploi sont importants, et les relations avec la Tunisie sont solides L'Accord de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA) sera le plus grand espace de libre-échange au monde, avec plus de 3 300 milliards de dollars et l'emploi des jeunes, une priorité » a déclaré, samedi, à l'agence TAP, le président de la Banque africaine de développement (BAD), Akinwumi Adesina, à l'issue de sa visite à Tunis du 2 au 4 mai courant.

Concernant la situation des jeunes diplômés Tunisiens et en Afrique quel rôle joue la BAD ?

« Nous avons mis en place un programme de création d'emplois pour les jeunes, Cette stratégie permettra la création de 25 millions d'emplois pour le jeunes africains entre 2016 et 2025 et la Banque Africaine de Développement apportera 100 millions de dollars à l'initiative Soul At-Tanmia pour la promotion de l'entreprenariat et la création d'entreprises car notre objectif c'est emploi, emploi, emploi !»

Quel sont les sont les nouveautés concernant la ZLECA et ses défis pour l'Afrique du Nord?

« La Zone de libre-échange continentale africaine est pour nous une priorité car l'Afrique sera le plus grand espace de libre-échange au monde. C'est un continent qui dispose de formidables opportunités et La BAD s'était engagée avec ses partenaires l'Union Africaine (UA), et la Commission économique pour l'Afrique (CEA) pour la création de cette zone.

On parle d'un espace de plus de 3 300 milliards de dollars de PIB cumulés et avec la suppression des barrières tarifaires, on estime que les échanges commerciaux interafricains vont augmenter de moitié. Lorsque les barrières non tarifaires seront levées, comme les quotas, le volume de ces échanges devrait doubler.

Nous travaillons activement, en appuyant le financement du commerce, pour réussir cette zone de libre-échange continentale. De ce, nous avons investi plus d'un milliard de dollars pour appuyer le financement du commerce en Afrique.

Deuxièmement, nous mettrons beaucoup l'accent sur le financement du commerce.

Nous avons soutenu 111 transactions dans 43 pays pour un total d'échanges intra-régionaux de 7 milliards de dollars. Nous avons aussi investi 1 milliard de dollars dans l'Afriexim Bank, dont 650 millions de dollars de lignes de crédit pour le financement du commerce, et 350 millions de dollars pour l'assurance du commerce.

Vous voyez, la Zone de libre-échange continentale africaine est une zone assez importante car le commerce intra-régional est le plus faible au monde entre les petits pays africains, il faut ainsi faire une économie d'échelle au niveau du commerce.

Nous allons continuer d'abord les investissements en matière d'infrastructure routière, ferroviaire et aérienne pour relier un pays à un autre dans le cadre des 5 Priorités pour la BAD qui sont les High Five, à savoir Nourrir l'Afrique, Eclairer l'Afrique, Industrialiser l'Afrique et améliorer la qualité de vie des Africains.

Nous mettons beaucoup l'accent sur le financement du commerce car sous savons ce qu'on appelle, le milliard de dollars, qui permet d'avoir un effet de 7 milliards de dollars au niveau du commerce.

Je voudrais aussi parler de la liberté de circulation des personnes en Afrique, un sujet particulièrement important.

La libre circulation des personnes, et des travailleurs en particulier est indispensable à la promotion des investissements transfrontaliers.

La Banque africaine de développement a commencé un programme appelé Indice d'ouverture sur les visas en Afrique qui facilite l'accès au niveau des visas aux marchés et aux personnes.

Cet instrument permet le classement des pays en fonction de leur degré d'ouverture pour la mobilité des personnes.

Je peux vous dire, à ce titre que les résultats sont très intéressants, car nous avons trouvé que les plus ouverts en matière de législation sur les visas et l'accès sans visas sont les pays qui attirent aujourd'hui les le niveau d'investissement le plus élevé en Afrique.

Prenez le cas de l'Ethiopie, par exemple, qui a aujourd'hui un taux de croissance de 7 pc, le Rwanda, 7.8 pc et le cas Bénin qui annulé totalement le besoin de visas, Ils attirent plus d'investissements étrangers.

La leçon à tirer est d'être plus ouvert en matière de visas en Afrique du Nord, car c'est un problème très sérieux ici, cette zone est très fermée ici par rapport aux autres zones économiques régionales, donc on va continuer à travailler pour faciliter la libre circulation des personnes. »

Quel rôle joue la BAD pour faire face au changement climatique et dans les domaines agricole et environnemental?

« Ce qui frappe en Afrique, c'est que le continent ne contribue pas au développement de gaz à effet de serre mais c'est le continent qui en subit l'impact le plus massif.

Il suffit de voir les conséquences des Cyclone Idai et le cyclone Kenneth qui ont totalement bouleversé le Mozambique, avec des sécheresses et des inondations et la fréquence augmente.

Suite à cela, il y'a eu un déplacement de financement publics, destinés à la base à des secteurs tels que l'infrastructure et l'éducation, pour financer la reconstruction suite à ces désastres face auxquels la BAD a financé l'assurance de pays contre l'impact du changement climatique. Nous avons commencé par le Niger, le Sénégal, le Kenya et le Madagascar.

La seconde chose concernant le secteur agricole est que la Banque a lancé un programme pour la transformation de l'agriculture en Afrique par le moyen de technologies des semences améliorées adaptées à la sécheresse telles que maïs destiné à fixer l'eau. Il est doté d'un montant de 1 milliard de dollars en partenariat entre la BAD, le Fonds International de Développement agricole (FIDA), le Fonds Monétaire International (FMI), La fondation de Bill et Melinda Gates.

Nous l'avons réalisé en Afrique du Sud en 2018 et qui a servi à 3,6 millions de paysans.

Cette année, nous avons le problème des chenilles légionnaires face auquel la Banque a mobilisé 5 millions de dollars pour 2 ans. Nous avons trouvé la technologie pour y faire face.

S'agissant de l'investissement en matière d'environnement, qui est très important pour la Banque Africaine de Développement, nous allons doubler ses investissements sur le climat pour atteindre 25 milliards de dollars USD entre 2020 et 2025. »

Concernant les prochaines Assemblées générales de la BAD à Malabo en Guinée Equatoriale qui auront lieu en juin, quelles sont les priorités ?

« Notre priorité est comment accélérer l'intégration régionale pour la prospérité économique de l'Afrique.

Nous allons durant, ces assemblées, discuter de l'importance de l'intégration régionale financière, de l'intégration des marchés financiers en Afrique, des centres régionaux d'excellence et des moyens d'augmenter l'investissement sur le financement du commerce.

Autre sujet qui sera passé en revue sera le rôle que devrait jouer les différentes communautés économiques régionales pour accélérer cette intégration. »

Quel est le bilan de votre visite en Tunisie ?

« Ma visite a été une occasion de remercier le gouvernement pour le soutien sans faille à la Banque Africaine de Développement. J'apprécie beaucoup la décoration de l'ordre national du mérite, décerné par le président Béji Caid Essebsi et j'en suis ému.

Cela a été une occasion d'inaugurer et visiter le Bureau régional de la Banque Africaine de Développement pour l'Afrique du Nord et je suis impressionné par les projets et partenariats que nous avons développés.

Je suis aussi très impressionné par le soutien à cette visite par le gouvernement Tunisien et celui du ministre de la coopération internationale et de l'investissement extérieur, ce qui démontre que les relations entre la Tunisie et la BAD sont solides et continueront à l'être. »

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