Congo-Kinshasa: Evocation - Le poète Lutumba Simaro Masiya vu par le Pr Antoine Manda Tchebwa

Voisin de l'illustre disparu dans la rue Issangi, commune de Lingwala (Kinshasa), où durant quinze bonnes années ils ont vécu face à face, le Pr Antoine Manda Tchebwa, longtemps chroniqueur de musique à la télévision nationale de la République démocratique du Congo (RDC), de passage à Brazzaville, a évoqué la vie musicale de l'artiste tout en faisant quelques propositions.

« Nous sommes tous en deuil. On n'a suffisamment des larmes dans nos yeux qu'il est difficile aujourd'hui de les éponger d'un seul trait. Parce que celui que nous pleurons est de la race des grands philosophes, des grands poètes de ce continent. C'est un "Alanga nzembo", le terme que les musiciens utilisent eux-mêmes, ceux qui se sont imprégnés de toutes les compétences de plus haut niveau pour engager la musique africaine dans la poétique la plus savoureuse, éminente, savoureuse et impressionnante de ce continent. » C'est par ces mots que le Pr Antoine Manda Tchebwa a déploré le décès du poète de la musique congolaise. Lutumba Simaro Masiya était un vrai poète mais aussi un écrivain ; un écrivain de la chanson africaine. Il a été un des grands écrivains du domaine de la rumba, a-t-il indiqué.

Le Pr Antoine Manda Tchebwa a profité de l'occasion pour annoncer que les deux Congo sont en train d'accompagner un dossier pour la reconnaissance de la rumba congolaise au titre du patrimoine immatériel de l'humanité auprès de l'Unesco. Dans ce dossier, désormais ils vont insérer le nom de Lutumba Simaro Masiya comme élément justificatif pour dire que la rumba congolaise doit aussi en partie ses lettres de noblesse à ce type de personnage.

Lutumba Simaro Masiya a légué plus de deux cents chansons qui méritent aujourd'hui d'être étudiées dans le cursus scolaire, que ça soit au niveau de l'école primaire, l'école secondaire et aussi au niveau des universités, a-t-il laissé entendre, précisant que Lutumba n'était pas seulement un chansonnier mais aussi un moralisateur. Ses chansons, a-t-il dit, ont toujours été porteuses d'un enseignement donné. Aussi le Pr Antoine Manda Tchebwa propose-t-il à ceux qui font des études parémiologies, c'est-à-dire des études sur les proverbes, de se pencher désormais sur l'héritage Lutumba où ils auront à boire et à manger, au lieu d'aller toujours chercher ailleurs. Lutumba, a-t-il assuré, a laissé un héritage extrêmement important qui renferme des proverbes parmi lesquels ceux qui sont inédits qui proviennent de sa propre réflexion.

« Je suis resté voisin de Lutumba Simaro Masiya dans la rue Issangi, commune de Lingwala (Kinshasa), où durant quinze bonnes années, nous avons vécu face à face. Sa famille et la mienne se connaissent très bien. C'est un deuil que j'ai partagé de façon mutuelle avec cette famille. Nous pleurons un grand de la musique africaine, un père de la musique africaine, notre plus grand philosophe au niveau de la rumba africaine », a-t-il répété. Ce grand poète de la chanson est décédé le 30 mars dernier, à Paris, et inhumé le 5 mai à Kinshasa. Rappelons que le Pr Antoine Manda Tchebwa est actuellement directeur général du Centre international des civilisations bantu (Ciciba) dont le siège est à Libreville au Gabon.

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