Nigeria: Près de 900 enfants libérés par une milice locale à Maiduguri

10 Mai 2019

A Maiduguri, dans le nord-est du Nigéria, 894 enfants, dont 106 filles, ont été libérés des rangs d'une milice locale, la Force expéditionnaire civile commune (CJTF), dans le cadre de son engagement à mettre fin au recrutement et à l'utilisation d'enfants, a salué vendredi le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF).

« Tout engagement en faveur des enfants qui va de pair avec une action est un pas dans la bonne direction pour la protection des droits de l'enfant et doit être reconnu et encouragé », a déclaré Mohamed Fall, Représentant de l'UNICEF au Nigéria et coprésident de l'Équipe spéciale pays des Nations Unies pour la surveillance et la communication de l'information concernant les violations graves des droits de l'enfant (CTFMR).

Une cérémonie de libération a été organisée vendredi à Maiduguri.

Selon l'UNICEF, les enfants du nord-est du Nigéria sont les plus durement touchés par ce conflit. Ils ont été tués, blessés, violés et enlevés. Plus de 3.500 ont été recrutés par des groupes armés dans des rôles de combattants, utilisés comme bombes humaines, et abusés sexuellement. Cette participation au conflit a eu de graves répercussions sur leur bien-être physique et émotionnel.

La Force expéditionnaire civile commune (CJTF) est une milice locale qui aide les forces de sécurité nigérianes dans la lutte contre l'insurrection dans le nord-est du Nigéria, explique l'UNICEF. Elle a été créée en 2013 dans le but de protéger les communautés contre les attaques du groupe extrémiste Boko Haram.

En 2016, le CJTF avait été listé dans le Rapport du Secrétaire général pour les enfants dans les conflits armés. Un an plus tard, en 2017, le CJTF a signé un plan d'action dans lequel il s'est engagé à mettre en place des mesures pour mettre fin et prévenir le recrutement et l'utilisation d'enfants.

Depuis lors, 1.727 enfants et jeunes ont été libérés. Il reste encore un peu plus de 2.000 enfants qui doivent encore sortir des rangs du CJTF. Il n'y a toutefois pas eu de nouveau recrutement d'enfants par le CJTF.

Des programmes de réintégrations essentiels au retour à la vie civile

Les enfants et les jeunes libérés ce vendredi vont bénéficier de programmes de réintégration pour les aider à retourner à la vie civile, à saisir de nouvelles opportunités pour leur propre développement et à contribuer à apporter une paix durable au Nigéria, en tant que citoyens productifs de leur pays.

Sans ce soutien, affirme l'UNICEF, de nombreux enfants libérés des groupes armés luttent pour s'intégrer dans la vie civile, car la plupart ne sont pas instruits et n'ont pas de compétences professionnelles.

L'UNICEF continue de travailler en étroite collaboration avec les autorités de l'État et ses partenaires pour appuyer la mise en œuvre de programmes de réinsertion pour tous les enfants libérés des groupes armés, ainsi que pour les autres enfants touchés par le conflit en cours.

Les interventions communautaires de soutien à la réintégration, adaptées au genre et à l'âge, comprennent une évaluation initiale de leur bien-être, un soutien psychosocial, une éducation, une formation professionnelle, des apprentissages informels et des possibilités d'améliorer leurs moyens de subsistance.

Au moins 9.800 personnes anciennement associées à des groupes armés, ainsi que des enfants vulnérables dans les communautés, ont eu accès à ces services entre 2017 et 2018.

« Nous ne pouvons pas abandonner la lutte pour les enfants, tant que les enfants sont encore affectés par les combats. Nous continuerons jusqu'à ce qu'il n'y ait plus d'enfants dans les rangs de tous les groupes armés au Nigéria », a déclaré M. Fall.

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