Afrique: Economie bleue - Une opportunité pour le secteur privé

Un forum sur le sujet se tiendra à Tunis, les 25 et 26 juin 2019, en présence de ministres africains.

Mettre les abondantes ressources océaniques et lacustres dont l'Afrique regorge au service de la croissance économique. Tel est le défi principal qu'entend relever l'économie bleue sur le continent. Le concept d'économie bleue promeut, en effet, une croissance économique durable fondée sur les ressources issues des océans, des cours d'eau et des lacs, et sur d'autres ressources liées à l'eau.

Dans le contexte africain, « l'économie bleue concerne à la fois le milieu marin et les eaux douces. Elle comprend les océans, les mers, les rivages et les berges, les lacs, les cours d'eau et les nappes souterraines.

Elle embrasse un éventail d'activités, directes ou indirectes, allant de la pêche à l'exploitation minière sous-marine en passant par l'aquiculture, le tourisme, les transports, la construction navale, l'énergie ou la bio-prospection ».

Et dans son Agenda 2063, l'Union africaine soutient que « l'économie bleue de l'Afrique sera un contributeur majeur à la transformation continentale et de la croissance, en permettant les progrès des connaissances sur la biotechnologie marine et aquatique ».

Si, sur le papier, les perspectives de cette économie font rêver, sur le terrain, par contre, la réalité est moins reluisante. Des acteurs majeurs de la transformation des potentiels en réalités concrètes que sont les opérateurs économiques restent en rade. Comment pousser le secteur privé à s'investir davantage, pour tirer profit des multiples opportunités de business qu'offre l'économie bleue en Afrique ?

C'est l'objectif que se fixe le Forum sur l'économie bleue en Afrique (Abef) prévu les 25 et 26 juin 2019 à Tunis, en Tunisie: révéler pleinement les indéniables avantages économiques, sociaux et environnementaux que représente l'économie bleue pour le continent africain.

Les entreprises opérant en Afrique sont appelées à prendre conscience du pouvoir économique, social et environnemental de l'économie bleue, souligne un communiqué de l'organisateur de cet événement qui en est à sa deuxième édition, l'agence Blue Jay Communication fondée par Leila Ben Hassen, experte en communication et développement d'affaires.

En particulier, celles basées dans les pays côtiers africains doivent reconnaître et saisir pleinement les avantages d'une économie bleue couvrant un large éventail de secteurs productifs essentiels au développement durable du continent, notamment la pêche, l'aquaculture, les transports, les énergies renouvelables, le commerce, le tourisme ou encore les industries extractives.

Selon le texte, des recherches récentes indiquent que l'économie bleue pourrait constituer une source majeure de richesse et de prospérité pour le continent et contribuer à faire progresser l'Agenda 2063 de l'Union africaine, ainsi que l'Agenda 2030 des Nations Unies pour le développement durable. Les entreprises intéressées par l'économie bleue sont donc vivement invitées à participer au deuxième Abef 2019 s'appuie sur les recommandations de la première édition qui s'est tenue à Londres en juin 2018.

Cette année, affirme l'organisatrice, « le Forum souhaite aller encore plus loin en explorant la manière dont les entreprises et les gouvernements peuvent travailler ensemble pour mettre en œuvre des actions qui renforceront de manière proactive le bien-être économique, social et environnemental de l'ensemble du continent ».

L'adoption d'une stratégie cohérente protégeant et utilisant les eaux côtières africaines, estime-t-elle, est notamment primordiale, étant donné que : 70% des Etats africains sont côtiers ; 90% des importations et des exportations du continent sont réalisées par voie maritime, et l'industrie maritime africaine est estimée à USD 1 000 milliards par an (environ 600 000 milliards de F Cfa).

Quant à la valeur des actifs des écosystèmes de l'économie de la mer, elle est estimée est à USD 24 milliards, tandis que la pollution plastique coûte USD 13 milliards par an au continent en raison des dommages causés aux écosystèmes marins.

« Abef 2019 s'est fixé pour objectifs de souligner l'importance d'une étroite collaboration entre les entreprises et les gouvernements, d'explorer les opportunités d'investissement dans l'économie bleue et de révéler les bienfaits environnementaux et sociaux qu'elle génère.

Les discussions porteront sur les opportunités et les innovations dans les secteurs émergents et frontaliers de l'économie bleue et sur la manière dont elles peuvent contribuer à accélérer la transformation de l'Afrique, créer des emplois, assurer la sécurité alimentaire, et proposer des mesures efficaces contre le changement climatique à faible coût ».

A en croire l'organisateur, les gouvernements du Gabon, du Ghana, du Maroc, ainsi que de la Tunisie et des Seychelles ont déjà confirmé leur participation au Forum, tandis que des délégations officielles d'autres pays africains sont également attendues.

Ces personnalités du secteur public, relève Blue Jay, seront rejointes par des chefs d'entreprise, des investisseurs internationaux, des innovateurs des secteurs des océans et des organisations environnementales du monde entier, afin de débattre de l'importance de l'économie bleue pour le développement de l'Afrique.

Pour Leila Ben Hassen, organisatrice et fondatrice de l'Abef, « Il faut sensibiliser davantage sur l'économie bleue et faire prendre conscience de son importance pour l'avenir de l'Afrique. Les gouvernements commencent à le comprendre et à mettre en œuvre des politiques relatives à l'économie bleue mais il est essentiel que le secteur privé se mobilise également.

Une collaboration étroite entre les gouvernements et le secteur privé est nécessaire pour apporter ensemble une réponse aux Objectifs de Développement Durable des Nations Unies. Abef 2019 posera les jalons de ce processus de collaboration.»

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