Sénégal: Dialogue politique - Ces sujets zappés par Macky Sall

Au-delà des termes de référence proposés par le président Macky Sall, en accord avec ses alliés de Bennoo Bokk Yaakaar (Bby), certains points d'achoppement entre le régime et l'opposition, lors de précédentes concertations, pouvaient faire partie des sujets à discuter. Il en est ainsi des questions soulevées par l'opposition, dont le bulletin unique à la présidentielle, la distribution des cartes d'électeur, ou encore le mode d'élection des députés, sans oublier le financement des partis politiques, etc.

Le dialogue politique initié par le régime en place, au lendemain de la présiedentielle, semble ne concerner que la prochaine échéance électorale, à savoir l'élection locale du 1ier décembre prochain. Dans les termes de référence proposés par le président Macky Sall et ses alliés de Bby, il est question de procéder à l'évaluation de l'élection présidentielle du 24 février dernier, de discuter du fichier électoral, des modalités d'organisation des élections locales et la détermination du chef de l'opposition, ou encore l'autorité dont dépend l'organe de gestion des élections, sans oublier le mode d'élection des maires avec la perspective de maintien ou de report des élections locales prochaines. Par conséquent, même si le ministre de l'Intérieur, Aly Ngouille Ndiaye, donne la possibilité aux partis de faire des propositions utiles sur les termes de référence, il n'en demeure pas moins que le régime a royalement zappé certaines questions qui constituaient des points d'achoppement avec l'opposition, lors des précédentes rencontres, ou encore des questions qui auraient mis un terme aux nombreux couacs qui reviennent à chaque élection.

LE BULLETIN UNIQUE : LA PEUR BLEUE DES REGIMES

En effet, au sortir des dernières législatives, le nombre de listes jugé excessif par beaucoup d'acteurs, avec ses corollaires de problèmes organisationnels et de coûts exorbitants pour l'impression des bulletins de vote, avait poussé beaucoup d'acteurs politiques à opter pour le système du bulletin unique. Toutefois, appelé à arbitrer sur la question, avec un lot d'autres points de désaccord lors des concertations dernières sur le processus électoral, le président Macky Sall avait remis aux calendes grecques cette proposition de l'opposition. Il avait semblé valider parmi les propositions des plénipotentiaires du pôle de la majorité lors dudit dialogue, celle de créer une Commission scientifique pour étudier les problèmes techniques évoqués par la majorité. Jusque-là aucune initiative, à notre connaissance, n'a été prise pour créer cette commission censée réfléchir sur la faisabilité dudit système. S'il est vrai que ledit système du bulletin unique a toujours constitué la peur bleue des régimes qui se sont succédé au Sénégal, de Diouf à Sall en passant par Wade, maintenant que le président Macky Sall ne cherche pas un autre mandat, il devait pouvoir inscrire à l'ordre du jour cette question qui militerait plus en faveur de la réduction du coût des élections, à réduire les «achats de conscience», tout comme les temps de vote et de dépouillement des voix, etc. Un retour en arrière, à savoir la rencontre entre le chef de l'Etat, Macky Sall et l'opposition, le jeudi 1 décembre 2016, permet de constater aussi d'autres points de discorde non encore traités, dont le mode d'élection des députés. Même si les législatives sont pour 2022, les propositions de l'opposition sur le mode de scrutin à deux tours pour toutes les élections, ou encore la répartition égale du nombre de députés entre les scrutins majoritaire et proportionnel, pouvaient faire partie des points à discuter entre acteurs politiques, une bonne fois pour tout.

FINANCEMENT DES PARTIS POLITIQUES : TOUJOURS EVOQUE, JAMAIS REGLE !

Que dire alors de la question du financement des partis politiques, soulevée depuis belle lurette et à de nombreuses reprises ? Evoquée lors des dernières concertations sur le processus électoral, mais laissée en suspens pour une éventuelle prise en charge par une Commission, ladite question a été encore une fois laissée en rade. Moult réflexions ont été menées dans ce sens sans pour autant aboutir à une conclusion efficiente. Des réflexions du professeur agrégé des Facultés de Droit, El Hadj Mbodj, en 1998, aux recettes de la société civile et des acteurs politiques en décembre 2015, en passant par les conclusions des Assises nationales de 2009, sans oublier les travaux de la Commission nationale de réforme des Institutions (Cnri) en 2014, des pistes de solution n'ont cessé d'être dégagées. Au final, la question est toujours pendante en dépit des différents régimes qui se sont succédé à la tête du pays. Autre chose qui pourrait faire l'objet de discussion, le retrait des cartes d'électeur qui constituait l'un des points d'achoppement entre le pouvoir et l'opposition, lors de la présidentielle passée. Sur ce point d'ailleurs, la Commission de la Cedeao, tout comme celle des Nations unies, en visite au Sénégal à la veille de la présidentielle, le mercredi 16 janvier dernier, avaient émis leurs inquiétudes. En effet, à la veille de la présidentielle, 9477 cartes attendaient encore leurs propriétaires, rien qu'à la Sous-préfecture de Dakar Plateau, alors que 5664 autres étaient en souffrance à la Commission de retrait des cartes de l'Acapes, Parcelles assainies. Ce qui a empêché certains Sénégalais d'exercer leur droit de vote.

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