Cote d'Ivoire: Fonction publique - Réseaux pour les concours, rackets, corruption

La Côte d'Ivoire aspire à l'émergence en 2020. Et ce, avec une administration publique performante répondant aux standards internationaux et débarrassée des rackets et de la corruption. Invité de la RTI 1, le mardi 7 mai dernier, le ministre de la Fonction publique, le Général Issa Coulibaly, a été ferme sur cette question.

Surtout que le Président de la République, Alassane Ouattara, appelle de tous ses vœux à l'émergence d'un fonctionnaire nouveau. En tout cas, le ministre a affirmé qu'il sera sans pitié avec ses collaborateurs qui sont complices d'une certaine existence d'un réseau ou du moins qui seront pris la main dans le sac.

« Chers parents, il n'y a pas de réseau pour être admis à un concours de la Fonction publique. Seule une préparation efficiente et studieuse peut garantir le succès à vos enfants. Détournez-vous de ces vendeurs d'illusions qui s'enrichissent illégalement » a-t-il averti.

Précisant que depuis se prise de fonction à la tête de ce département ministériel, des stratégies de lutte contre toute sorte de dispositifs qui pourraient favoriser ou laisser croire à l'existence de réseaux de fraude autour des concours.

Il a indiqué que le premier niveau de lutte contre la fraude a été l'introduction du numérique dans l'organisation des concours. L'utilisation accrue des technologies de la communication et de l'information a permis d'éviter toute manipulation possible, car l'intervention de l'homme est désormais réduite.

Le numérique a favorisé une traçabilité et une grande transparence qui ont crédibilisé tout le processus des concours administratifs. Le second niveau, a-t-il souligné, a été la campagne de moralisation lancée dans le secteur public.

« Nous avons instruit à cet effet nos collaborateurs de se détourner de certaines pratiques qui tendent à les considérer comme des courroies de transmission par certains parents qui croient que payer de l'argent à un agent du ministère de la Fonction publique peut garantir la réussite de son enfant à un concours.

C'est ainsi que chaque année, beaucoup de parents se font berner par des individus qui leur font croire qu'ils disposent de réseaux à la Fonction publique. Nous serons sans pitié pour tous nos collaborateurs qui seront impliqués dans cette spirale de corruption », a-t-il insisté.

Il a ensuite signifié que l'introduction des Tic dans l'organisation de ces concours administratifs a permis de réduire de façon significative la manipulation par l'homme de certaines données.

Comme innovations depuis l'arrivée du ministre Issa Coulibaly à la tête de ce département ministériel, on note la déconcentration des sites de composition, l'inscription et les paiements en ligne ; les cours de préparation en ligne ; les compositions et les résultats également en ligne.

Ces dispositions ont permis de recruter 67.245 fonctionnaires de 2011 à 2018. Il en est de même pour les glissements catégoriels, c'est-à-dire le changement de grade pour les fonctionnaires admis à un concours professionnel de promotion.

Pour cette même période, à en croire le Général Issa Coulibaly, 44.336 fonctionnaires ont été promus dans différents grades. Au total, ce sont 111.581 personnes qui ont bénéficié de la politique de promotion de l'emploi du Gouvernement dans le secteur public de 2011 à 2018.

La question des fonctionnaires fictifs n'est passée pas sous silence. Ils sont, a révélé le général Issa Coulibaly, 1180 personnes. La Chambre administrative de la Cour Suprême a rendu trois arrêts successifs. Ce sont les arrêts N°40 du 30 mars 2016 ; N°200 du 26 juillet 2017 et N°249 du 25 juillet 2018.

« Dès ma prise de fonction, j'ai décidé de prendre les dossiers en main. Et à travers un communiqué le 09 janvier 2019, nous avons invité les intéressés à se présenter du 1er au 28 février 2019, munis de toutes les pièces justificatives de leur appartenance à la Fonction publique. Ce, en vue du règlement définitif du contentieux relatif à leur recrutement en qualité de fonctionnaire.

A ce jour, nous avons réceptionné au total 1180 dossiers » a-t-il expliqué. Ajoutant que son département procède actuellement aux vérifications d'usage des pièces fournies par les intéressés pour en tirer les conséquences administratives. « Seuls les détenteurs d'actes réguliers seront intégrés.

Car, les conditions pour être fonctionnaire sont claires. Il faut disposer d'un arrêté de nomination ou d'un décret.

Tous les actes irréguliers et/ou frauduleux seront rejetés. Notre engagement pour l'avènement de la nouvelle administration publique ivoirienne est de combattre la fraude sous toutes ses formes », a-t-il martelé.

Avec l'instauration du Système Intégré de Gestion des Fonctionnaires et Agents de l'Etat (SIGFAE, a rassuré le général Issa Coulibaly, il n'y aura plus de fonctionnaires fictifs. Autant des milliers de fonctionnaires et agents de l'Etat ont bénéficié de promotion, autant les indisciplinés en ont eu pour leur compte.

En effet, de 2017 à ce jour selon le premier responsable de la Fonction publique, 954 fonctionnaires ont été traduits devant le Conseil de discipline dont 133 exclusions temporaires et 32 cas de révocations.

Pour ce qui de l'amélioration des conditions de vie et de travail des fonctionnaires, le Gouvernement de Gon Coulibaly sous la conduite éclairée du Président Ouattara a consenti beaucoup d'efforts. Selon le ministre Issa Coulibaly, près de 1.500 milliards de FCFA ont été décaissés. A cela s'ajoute le stock des arriérés qui est encore en paiement.

En tout cas le ministre de la Fonction publique se dit déterminé à tout mettre en œuvre pour que l'administration publique soit plus performante.

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

A La Une: Cote d'Ivoire

Plus de: Patriote

à lire

AllAfrica publie environ 700 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.