Tchad: L'incertitude sur le sort de l'activiste Tokama Kemaye

Arrêté avec 12 autres activistes lors d'une marche pacifique, Tokama Kemaye est le dernier à être encore incarcéré. Il est accusé de complicité avec une rébellion basée en Libye.

Tout est parti de l'arrestation le 25 avril dernier de l'activiste Tokama Kemaye avec 12 autres camarades au cours d'une marche pacifique de protestation contre la pénurie de gaz butane. Quatre jours plus tard, douze manifestants arrêtés ont été relâchés mais l'activiste Tokama Kemaye est resté en prison.

Présenté au parquet ce jeudi (9 avril), il a été inculpé par le procureur de complicité d'atteinte à l'ordre constitutionnel.

La police aurait reçu d'une proche de l'ex-compagne de Tokama Kemaye, Arly la Class, un document le désignant comme le représentant local de la rébellion du Conseil de commandement militaire pour le salut de la République, le CCMSR basée en Libye.

"La lenteur judiciaire"

Un de ses avocats, maître Frédéric Nanadjingué, se dit surpris par la qualification du procureur :

"Nous ne nous attendions aucunement à la qualification qui a été donnée aux faits. On s'attendait soit à un classement sans suite, soit à la correctionnalisation des faits de sorte à ce qu'il soit renvoyé devant une juridiction correctionnelle pour statuer sur son sort. Etant donné que le juge d'instruction instruit à charge et à décharge, nous gardons espoir qu'il puisse instruire véritablement à décharge pour que monsieur Kemaye puisse recouvrer sa liberté dans un bref délai. Parce que nous avons une très grande inquiétude : la lenteur judiciaire."

La détention de l'activiste Tokama Kemaye inquiète les défenseurs des droits humains, à l'exemple d'Abdelkerim Yacoub Koundougoumi, un activiste tchadien basé à Paris :

"Nous sommes extrêmement préoccupés par la situation de notre camarade Tokama Kemaye. Nous lui apportons notre total soutien et nous appelons toutes les organisations de défense des droits humains au Tchad et à l'international, les activistes, à se mobiliser pour exiger sa libération. Notre camarade est victime d'une traîtrise, notre camarade est victimes d'une dénonciation calomnieuse, d'un règlement de compte."

Contactés, les services de police, du parquet ou même le gouvernement n'ont pas souhaité à ce stade réagir sur cette affaire.

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