Rwanda: Enquête ouverte contre Victoire Ingabire

Photo: New Times
L'opposante rwandaise Victoire Ingabire.

Après la diffusion d'une vidéo par des médias proche du pouvoir, l'opposante Victoire Ingabire est accusée d'avoir voulu former un groupe terroriste. Elle dénonce une manipulation.

Au Rwanda, le week-end a été un peu agité pour Victoire Ingabire, l'opposante au président Paul Kagame. Depuis samedi, une vidéo diffusée par plusieurs medias proches du pouvoir circule.

On y voit et entend plusieurs personnes affirmant avoir été contactées par Victoire Ingabire dans le but de les intégrer dans une organisation terroriste à base ethnique.

Des témoignages que rejette l'opposante qui était dans l'Est du pays pour une réunion de recrutement des membres de son parti, le FDU Inkingi. Une enquête a été ouverte, comme la police rwandaise l'a confié à Etienne Gatanazi, notre correspondant à Kigali.

"Victoire Ingabire encore une fois?". Voilà la question posée par Kigali Today, un média proche du pouvoir, sur sa vidéo où plusieurs personnes affirment avoir été à une réunion de mobilisation qui s'est tenue dans l'est du Rwanda pour adhérer à une organisation terroriste.

Ce sont quasiment les mêmes accusations que celles qui ont conduit l'opposante en prison en 2010 à son retour au Rwanda quand elle s'apprêtait à faire face à Paul Kagame lors de l'élection présidentielle.

Montages vidéo et fake news ?

Victoire Ingabire admet avoir dirigé une réunion de mobilisation pour recruter des membres pour son parti, mais rejette l'accusation contenue dans la vidéo :

"D'abord, les gens avec lesquels je parlais, je ne connais pas leurs ethnies. Donc, comment leur demander de me trouver des hutus alors que je ne savais pas s'ils étaient des hutus ou des tutsis ? Ce sont des montages et des mensonges qui n'ont pas de sens."

Ce nouvel incident a provoqué des réactions de la part des proches de Paul Kagame et de l'opposition, basée principalement à l'étranger, certains évoquant un possible retour en prison de Victoire Ingabire. Celle-ci reste pourtant confiante :

"D'abord, je veux dire que la prison ne devrait pas être une épée suspendue sur ma tête pour à chaque fois me dire : si tu bouges, tu retournes en prison, si tu parles, tu retournes en prison. Je veux que cette histoire cesse dans notre pays. Je suis en train de me battre pour l'espace politique au Rwanda."

Paul Kagame face aux "ennemis du pays"

Le Bureau national des investigations dit être au courant de ce qui s'est passé. Modeste Mbabazi en est le porte-parole :

"Nous avons appris qu'elle a présidé une réunion où elle voulait recruter sur une base ethnique. Nous conduisons déjà des investigations."

La semaine dernière, le président Paul Kagame a rencontré à plusieurs reprises la population, revenant à chacune de ses visites sur l'invincibilité du Rwanda, tout en avertissant ceux qu'il appelle "les ennemis du pays", de risquer de faire face à "du feu, le jour où ils attaqueraient le pays."

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