Congo-Kinshasa: Chikungunya tue, le Gouvernement garde silence...

Photo: rfi
Moustique-tigre (Aedes albopictus), vecteur du chikungunya et de la dengue.

Le Centre Interdisciplinaire de Gestion de Risque Sanitaire (CIGRS), en collaboration avec l'Association des Communicateurs de Santé en Afrique (ACSA/RDC), a organisé la deuxième édition de la matinée scientifique sur l'épidémie du Chikungunya, hier mardi 14 mai 2019.

C'était dans la salle polyvalente du Laboratoire Vétérinaire de Kinshasa, dans la commune de Lingwala. L'épidémie Chikungunya a, en effet, refait surface en RD. Congo depuis novembre 2018, selon les estimations des médecins de la santé publique. A en croire le Docteur Justin Masumu, Professeur de biologie à l'UPN, cette épidémie périlleuse n'est pas encore pris en charge par le gouvernement congolais et elle demeure ignorée par la population.

Ce qui a justifie la tenue de cette journée de sensibilisation des professionnels des médias, appelés à sonner l'alarme pour réveiller en amont le ministère de la santé publique qui doit déclarer cette épidémie. Et, en aval, le gouvernement qui a pour devoir de s'imprégner vite de la chose pour que les bailleurs de fonds se déclarent, afin de voir dans quelle mesure préparer un vaccin pour combattre et éradiquer cette maladie qui fait déjà ravage et qui peut détruire des familles entières, faute de connaissance et de prise en charge.

Aussi, le Centre de l'INRB a présenté aux journalistes quelques cas guéris de cette maladie qui ont témoigné que cela est vraiment une réalité à ne pas négliger.

Le docteur Antoine Nkuba, médecin à l'Université de Kinshasa au département de biologie médical et chercheur à l'INRB, s'est attelé sur 2 points dans son allocution. Il était question pour lui de faire un rappel sur la maladie à virus de Chikungunya, et de parler des investigations des cas suspects de ce dernier à Kinshasa et au Kongo Central. A tout prendre, le Dr Antoine Nkuba a donné un éclaircissement sur la maladie et le mode de contamination.

Bref aperçu sur la maladie

Il est important de savoir que la maladie à virus de Chikungunya est une arbovireuse. Celle-ci est une maladie virale qui est transmise d'une personne à une autre ou d'un vertébré à un autre par un vecteur. Chikungunya est un nom swahili qui veut dire «Quelqu'un qui marche courbé». Et le malade a tendance à se courber, à cause des douleurs que cause la maladie aux articulations.

Selon le Dr Antoine, ce moustique aime des endroits humides et sombres. Ce moustique est très résistant et se multiplie très vite. Il se développe dans les gites larvaires naturels constitués dans les bambous, les troncs d'arbres, etc. et domestiques, comme des pots de fleurs, des creux de pneus abandonnés. Il y dépose ses œufs et pond des larves qui deviennent plus tard grands. Ce qui est plus dangereux, a notifié le docteur, c'est que ce moustique pique le matin et le soir. Ce qui n'exige pas de dormir sous la moustiquaire comme pour prévenir la malaria.

Mode de prévention

L'assainissement de l'environnement est de mise dans la lutte contre cette épidémie qui affaiblit et qui paralyse, en attendant une prise en charge sérieuse, a déclaré Docteur Antoine. Il faut, dorénavant, éviter de laisser de l'eau, propre soit elle, à découvert. Car, ce sont des lieux propices de reproduction de ces insectes. Aussi, il est préférable d'abattre les arbres domestique surtout ceux qui comportent des endroits creux, pouvant cacher ces moustiques, et toute autre boite utilisée doit être jeté et gérée, de façon que l'eau des pluies n'y pénètre pas. Ce qui permet à l'aède de se nicher...

Témoignages

Des personnes ayant été infectées de Chikungunya ont laissé entendre que cette maladie est une réalité et qu'elles ont beaucoup souffert. C'est le cas du docteur Jean Badibanga qui a été guéri du Chikungunya. "Ce n'était pas facile. C'est une très mauvaise maladie qui vous cloue au sol et vous paralyse. Je ne pouvais même pas tenir quelque chose en main, étant donné que toutes mes articulations étaient raides... J'ai cru un moment que j'allais mourir", a-t-il témoigné. Tous les rescapés qui ont témoigné ont émis quasiment les mêmes plaintes durant leur attaque. Ce qui signifie qu'il y a effectivement urgence.

Somme toute, cette rencontre a été d'une importance de taille dans la mesure où il était temps que la population se rende compte du danger auquel elle fait face. Et d'interpeller le gouvernement congolais qui ne dit mot jusque-là, alors que plusieurs vies ont péri et personne ne sait combien sont réellement morts de cette épidémie, faute de suivi et de prise en charge.

Le modérateur et organisateur de cette journée scientifique, M. Justin Masumu a exhorté les professionnels des médias de se saisir de cette affaire qui concerne des vies humaines, pour vulgariser de plus en plus cette information et appeler le Gouvernement à prendre ses responsabilités. C'est une question de vie ou de mort.

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