Congo-Kinshasa: Ô tempora, ô mores !

"Tout passe, tout coule", disait Héraclite. "Autres temps, autres mœurs", soutiennent, derrière les manteaux, les latinistes.

Il était une fois un simple fils du Sphinx de Limete, un cadre de l'Udps. Puis, des années, plus de trois décennies après, ils se bâtèrent becs et ongles, pour monter en puissance et arracher le pouvoir.

Le 1er février 2017, l'albatros politique que fut son Feu père s'écroula à la suite des affres d'une impitoyable embolie pulmonaire, alors qu'il était donné pour occuper le Poste de Président du Comité de suivi de l'Accord de la Saint Sylvestre, après d'âpres discussions directes sous les auspices des Evêques, au Centre Interdiocésain.

Du temps passa sous le pont. Et plus tard, le vin fut tiré à la faveur de nouvelles élections du 30 décembre 2018. Et, voilà ! Le fils, comme dans une pièce de puzzle, alors que la dépouille mortelle de son père n'a ni été rapatrié à Kinshasa, ni été inhumé à N'sele, conformément à un accord conclu, le 21 avril 2018, arrive à marquer les points.

Contre toute attente, il devient, lui aussi, une des figures emblématiques de l'agora politique en RD. Congo. Félix, avec sa tête chauve et brillante, est proclamé élu par la CENI et investi, le 24 janvier, par la Cour Constitutionnelle, sous la barbe, désormais, rasée de Kabila.

Et, depuis lors, il préside à la destinée de ce pays devenu un géant aux pieds d'argile. Mais, comment matérialiser son chapelet de promesses aux populations congolaises, sans se prémunir, préalablement, de tous les instruments nécessaires ? Telle est la question lancinante à laquelle il est, pourtant, confronté. D'abord, il est lié, semble-t-il, à un deal privé avec Kabila dont le contenu n'a jamais été dévoilé. Ensuite, la coalition FCC-CACH le tient à la gorge comme une corde dans le coup d'un pendu. Et, enfin, cette histoire aussi rocambolesque qu'emberlificotante de majorité à l'Assemblée Nationale, au Sénat ainsi que dans les Assemblées provinciales dont l'effet immédiat est celui de ne point lui laisser les mains libres, du moins, constitutionnellement parlant.

Il a, certes, la signature et le pouvoir de décision. Mais, il n'en a pas pour autant, celui de proposition, conformément à la Constitution.

Car, Kabila, agissant en félin politique, 18 ans d'expérience ininterrompue, aurait mis du paquet dans les élections pour arrondir ses angles et amoindrir les marges de manœuvres de son successeur. D'où, la nécessité, pour ce dernier, s'il veut ménager sa monture aux fins d'aller loin, de faire avec, de discuter, de négocier en permanence, de rechercher le consensus pour éviter de marcher sur les œufs. Ceci lui demande, de manière radicale, un changement de paradigme.

En tout état de cause, du statut d'Opposant, d'un des vers moulus des entrailles politiques de son père, habitué à la résistance et aux combats menés fiévreusement sur les hauteurs de plusieurs rues de Limete ou ailleurs, à Kinshasa et en provinces du pays, à celui d'un Homme d'Etat, d'un Haut dirigeant, d'un Chef de de l'Etat et donc, de tous, y compris de l'ancien Président quoiqu'avec sa majorité, qu'il soit dans une posture d'un mentor, il devra encore se refaire l'étoffe et supporter de mettre tout le monde autour de lui, de fédérer et de donner le ton.

Il aurait ainsi, dans un tel contexte, l'obligation, non pas de la transhumance mais, de la transcendance et du changement du verbe tant dans les rangs de l'Udps, son parti, que dans celui de ses alliés d'hier, d'aujourd'hui et de demain.

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