Congo-Kinshasa: 2ème pays avec plus de personnes vivant dans l'extrême pauvreté, selon le rapport de la Banque Mondiale

La RDC est, après le Nigéria, le deuxième pays d'Afrique subsaharienne, avec plus de personnes vivant dans l'extrême pauvreté. Près de 15% des personnes vivant dans l'extrême pauvreté en Afrique subsaharienne, soit une personne sur six, vivent en RDC.

Il y a autant de personnes vivant dans l'extrême pauvreté en RDC qu'en Tanzanie, en Ethiopie et à Madagascar réunies. C'est ce que révèle la Banque Mondiale dans son rapport d'évaluation de la pauvreté en République Démocratique du Congo, présenté ce mardi 14 mai 2019 à Kinshasa. Il faudrait la mise en œuvre des politiques adéquates pour lutter contre ce fléau mondial qui touche gravement le cœur de l'Afrique, suggère Chadi Bouhabib, représentant du Directeur des opérations de la BM.

Cette évaluation de la pauvreté vise à mieux comprendre les changements dans les résultats de la RDC en matière de pauvreté entre 2005 et 2012. En particulier, elle décrit l'évolution de la pauvreté et des inégalités et les principales caractéristiques de la pauvreté dans le pays. Elle tente également d'identifier les facteurs clés à l'origine des changements observés et analyse certaines considérations politiques.

La présente évaluation de la pauvreté a confirmé que la pauvreté reste généralisée en RDC malgré les abondantes richesses en ressources naturelles et les taux de croissance économique parmi les plus élevés au monde. Cela indique clairement que la croissance économique n'a pas été inclusive. Dans la mesure où le pays reste également vulnérable aux chocs politiques et sécuritaires, la question essentielle à laquelle sont confrontés les décideurs politiques en RDC est la suivante : Comment faire de la croissance économique un instrument efficace de réduction de la pauvreté tout en promouvant la sécurité et la prospérité pour tous ?

Face à cela, la Banque Mondiale préconise dans son rapport, de construire et renforcer les institutions légitimes, diversifier l'économie en donnant la priorité au secteur rural, améliorer la connectivité, libérer le potentiel de croissance des entreprises familiales et construire et améliorer le capital humain.

Flottement

Néanmoins, après 30 années de détérioration des conditions de vie marquées par une baisse constante de la production intérieure par habitant, le pays a repris une croissance positive par habitant depuis 2000. Cependant, au cours de la période 2010-2013, l'économie a connu un déclin progressif de la part de l'agriculture dans la production nationale et une augmentation de celle des échanges et du commerce.

Entre 2005 et 2012, la population en âge de travailler qui était située dans les secteurs de l'agriculture et de l'industrie s'est déplacée de manière relativement importante vers les services et le commerce.

Entre 2005 et 2013, la RDC a connu une amélioration modérée de l'accès aux infrastructures de base et des indicateurs de développement humain.

Pour ce qui est de la dynamique de la pauvreté, au cours de la période allant de 2005 à 2012, la consommation par habitant a augmenté de 1,2% de 744493,2 FC à 783875,2 FC

La consommation des plus pauvres a augmenté lentement, tandis que la consommation des ménages aisés a diminué.

Toutefois, la pauvreté extrême fondée sur les normes internationales reste très élevée. Comme pour les taux de pauvreté nationaux, les taux de pauvreté internationaux ont considérablement diminué mais sont restés élevés par rapport aux normes internationales.

Les ménages ruraux en danger

Parmi les 26 nouvelles provinces, celles de Kinshasa, Sud-Kivu, Kwilu et Lomami occupent une place prépondérante en ce sens qu'ils contiennent un tiers des pauvres. Au niveau des anciennes provinces, Katanga, Bandundu, Equateur et Kasaï Oriental abritent 50% des pauvres, soit environ 22,5 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté.

Les ménages ruraux pauvres ont peu de chances de sortir de la pauvreté. A cause notamment, du potentiel agricole élevé mais faible utilisation et productivité, aucun soutien du gouvernement. Mais aussi le manque d'accès aux marchés et aux routes limite la capacité et l'incitation à produire des cultures commerciales ainsi que les problèmes de sécurité aggravent la faible production.

L'incidence de la pauvreté est supérieure à 60% dans la plupart des régions de la RDC. La plus forte incidence se situe dans les régions du centre et du nord-ouest. Kinshasa et les autres zones urbaines enregistraient des taux de pauvreté moyens plus bas, tout comme les zones situées le long de la frontière Est, en particulier dans l'extrême nord-est. Cependant, la répartition du nombre de pauvres varie considérablement d'une région à l'autre.

Le ministre délégué près le Premier ministre et celui du Budget était présents à cette cérémonie de présentation. Mais également le ministre des Finances, représenté.

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