Burkina Faso: Passif du foncier urbain - «Le gouvernement a intérêt à prendre ses responsabilités», averti la CADDL/section Bogodogo

Pour la Coalition des associations de défense pour le droit au logement, le gouvernement ne lui laisse aucun choix que de s'organiser et de se battre véritablement pour la prise en compte de ses préoccupations en matière du droit au logement.

Et c'est ce qui justifie la marche de ce 16 mai en direction du Premier ministère selon Moussa Hermann Konkobo, porte-parole de la coalition. A cela s'ajoute l'analyse et la position de la CADDL sur la sortie médiatique le 7 mai dernier du ministre de l'Urbanisme et de l'Habitat, Maurice Bonanet.

Cette marche se tient selon M. Konkobo, dans un contexte marqué par plusieurs faits. Notamment le mutisme du gouvernement sur sa plateforme revendicative transmise le 5 avril 2018, les promesses «non tenues» du président Roch Marc Kaboré d'apurer le passif du foncier urbain dans les six mois qui suivraient son élection, les déguerpissements tous azimuts des zones non loties à Bobo-Dioulasso et Tenkodogo, les tentatives de déguerpissements à Ouagadougou, les tracasseries juridico-policières incessantes dans les arrondissements 10, 11 et 12, la mise en place de façon unilatérale de la énième commission ad 'hoc etc.

Concernant la sortie médiatique du ministre de l'habitat, Maurice Bonanet, sur l'impossibilité de trouver des parcelles pour les 18 millions d'habitants que compte le Burkina, la CADDL fait remarquer que pendant que des individus disposent de dizaines de parcelles, d'autres par contre recherchent une seule pour se loger.

A l'entendre, pendant que le ministère de l'habitat installe une commission ad 'hoc pour apurer le passif foncier, des habitants sont sommés de déguerpir sous prétexte qu'ils habitent sur le site qui doit abriter une future gare de train.

«Nos membres vivent au quotidien des tracasseries juridico-policières incessantes. Des attributions ont été faites à des personnes qui n'étaient pas résidentes au détriment des habitants. Des habitants sont invités au quotidien à quitter les lieux pour les détenteurs de papiers», ajoute Jacques Kientéga, l'un des conférenciers.

«La question du foncier est comme une poudrière. Le jour que ça va s'éclater, ça sera pire et très grave », prévient Jacques Kientéga à l'endroit du gouvernement.

Pour M. Konkobo, ces attitudes montrent donc à souhait et à convaincre que le pouvoir MPP n'est pas prêt à apporter de gré, une solution sérieuse au problème de logement décent que posent les populations. «Eduquer par notre expérience, nous disons que c'est fini comme le dit l'artiste Tiken Jah Facoli :

On a tout compris», martèle M. Konkobo. Il appelle par ailleurs, les militants, militantes et la population de Ouagadougou et environnants, à sortir massivement le 16 mai à partir de 8h à la Bourse du travail.

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