Sénégal: Paludisme, tuberculose, Vih - l'évaluation prospective va aider à améliorer les interventions en cours (expert)

Dakar — L'évaluation prospective pays du Fonds mondial contre le sida, la tuberculose et le paludisme constitue une opportunité pour les programmes bénéficiant de subventions d'améliorer leurs interventions en cours, a déclaré mercredi le professeur Adama Faye, spécialiste en santé publique.

"Le Fonds mondial a investi au Sénégal 62 millions d'euros sur la période allant de 2018 à 2020. Généralement, on attendait la fin des interventions pour mener des évaluations.

Les problèmes qu'on avait identifiés, nous ne pouvons pas les rectifier qu'à la fin de l'intervention", a souligné l'enseignant-chercheur à l'Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar.

Le professeur Faye présentait les résultats de la première année de l'évaluation prospective pays du Fonds mondial lors d'un atelier de partage avec les acteurs.

"Le Fonds Mondial intervient au Sénégal depuis 2000, mais il n'avait pas une grande visibilité des interventions menées. Les premiers résultats ont montré qu'il y a des points forts mais aussi des points faibles. Il y a quand même un bon niveau de réalisation des activités", a-t-il expliqué.

Le Programme national de lutte contre le paludisme, celui concernant la lutte contre la tuberculose, de même que les programmes VIH du Conseil national de lutte contre le Sida, de la division Ist/Sida et de l'Alliance nationale des communautés pour la santé (ANCS) ont été ainsi évalués dans le cadre de l'étude prospective au Sénégal.

"L'évaluation prospective permet de changer l'intervention en cours. Dans l'avenir, nous allons vers ce genre d'évaluations qui sont concomitantes à l'intervention et elles permettent d'améliorer l'intervention si on identifie des gaps ou des faiblesses", a annoncé le professeur Faye, responsable de cette étude réalisée par l'Institut Santé et Développement (ISED).

Au nom du ministre de la Santé, le chef de la division Ist/Sida, le professeur Cheikh Tidiane Ndour, a indiqué que "cette évaluation est une opportunité et non une contrainte, car elle permet à tous ces trois programmes d'améliorer l'exercice".

"Après une année d'activités, nous espérons avoir des recommandations basées sur des évidences", a-t-il ajouté.

L'évaluation prospective est menée et testée dans huit pays dans le monde, dont quatre pays africains soutenus par le Fonds mondial. Le Sénégal est le seul pays de l'Afrique de l'Ouest choisi à cet effet.

Dans le cadre de ce nouveau financement, a encore expliqué le responsable de l'étude, "le Fonds mondial avait décidé de réduire les récipiendaires, c'est-à-dire ceux qui bénéficient des financements".

Il a ajouté qu'"il y'a aussi beaucoup de retard entre les bénéficiaires de la subvention et les sous bénéficiaires dans les programmes de tuberculose, paludisme et VIH/Sida".

Evoquant les points à améliorer dans la mise en œuvre des subventions du Fonds mondial au Sénégal, il a suggéré de réfléchir aux activités à "mettre au début de l'intervention, notamment la contractualisation avec les organisations à la base".

La directrice de l'Institut Santé et Développement, le professeur Anta Tall Dia, fait de son côté état d'un changement de paradigme. "Actuellement, explique-t-elle, cette évaluation prospective non seulement évalue les activités pour voir si elles sont faites telles qu'elles ont été planifiées, mais également l'impact sur la morbidité et la mortalité".

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