Sénégal: Appel de Christchurch pour lutter contre le terrorisme et l'extrémisme violent en ligne - Macky s'engage !

Seul Chef d'Etat africain, convié à la réunion dite «d'Appel de Christchurch pour lutter contre le terrorisme et l'extrémisme violent en ligne», tenue hier, à l'Elysée, en France, le président de la République du Sénégal, Macky Sall s'est engagé à combattre l'extrémiste sous toutes ses formes.

Sur initiative du Président de la République Emmanuel Macron, et de la Première ministre de Nouvelle-Zélande, Jacinda Ardern, 10 chefs d'État et de gouvernement ainsi que des dirigeants d'entreprises et d'organisations du numérique, tous prêts à agir, ont répondu présents.

Le Chef de l'Etat du Sénégal, Macky Sall est dans tous les combats contre l'extrémisme. Après la marche à Paris du 11 janvier 2015 suite à l'attentat terroriste contre Charlie Hebdo où il était au premier rang des 44 chefs d'Etat unis contre le terrorisme, le Président de la République, s'est encore illustré en porte étendard contre l'extrémisme.

Cette fois, c'est pour barrer la route à la cyberviolence. Ce, suite à l'attentat terroriste commis par Brenton Tarrant, dans deux mosquées de Christchurch en Nouvelle-Zélande ayant fait 51 morts et 39 blessés. C'était le 16 mars dernier.

«Le Président de la République, se fait le porte-parole de l'Afrique dans cette guerre contre la cybercriminalité.

Notre pays est d'ailleurs en avance dans cette lutte avec la création prochaine d'une école nationale», a confié, à Sud Quotidien, un proche collaborateur de Macky Sall que nous avons joint au téléphone hier, mercredi 15 mai, depuis Paris.

Et d'ajouter : «notre pays est aussi un exemple de stabilité dans une sous-région en proie à des actes terroristes».

TETE A TETE AVEC E. MACRON

C'est à 12h 30, GMT (14h30 locale) que le président de la République du Sénégal Macky Sall s'est entretenu avec son homologue de la France, Emmanuel Macron.

A sa sortie d'audience, le Chef de l'Etat s'est adressé à la presse, notamment la télévision nationale sénégalaise (RTS1), en marquant son engagement à combattre l'extrémisme.

«Je suis très heureux de prendre part à cette importante rencontre pour donner un contenu à l'appel de Christchurch suite aux événements qui ont endeuillé la Nouvelle-Zélande afin de trouver des solutions convergentes pour contrôler le contenu violent des réseaux sociaux», a déclaré le Président Sall.

Et d'ajouter : «naturellement, le Sénégal en tant que pays de dialogue où nous vivons en communauté, soutient cette action qui doit aider le monde entier à vivre un monde meilleur».

En effet, le Sénégal, fait partie des vingt-six pays et géants d'Internet qui ont répondu, hier, mercredi 15 mai, «l'appel de Christchurch» contre les contenus en ligne «terroristes et extrémistes violents».

Ce, deux mois après la diffusion de l'attaque contre des mosquées en Nouvelle-Zélande et ayant fait plus de 50 morts et plus d'une trentaine de blessés. Tout ceci, filmé et retransmis en direct par l'auteur de l'attaque sur le réseau social Facebook pendant près de 17 minutes.

Par cet appel, initié par la Première ministre néo-zélandaise Jacinda Arden et Emmanuel Macron, les plateformes internet, dont les leaders Facebook (et ses filiales WhatsApp et Instagram) ainsi que Google et sa filiale YouTube, s'engagent également à prévenir le téléchargement et la diffusion de ces contenus, y compris par «leur retrait immédiat et permanent», précise l'appel, selon le site de l'Elysée que nous avons visité.

Cela dans le respect des «libertés fondamentales» avec des procédures d'appel en cas de contestation, ajoutent la même source.

LES ETATS-UNIS REFUSENT DE SIGNER

Le grand absent, ce sont les Etats-Unis. «Bien que les Etats-Unis ne soient pas actuellement dans une position de se joindre à l'adhésion, nous continuons de soutenir les objectifs généraux représentés» par «l'Appel de Christchurch», a indiqué la Maison Blanche.

Selon le Washington Post, des officiels américains ont fait part de leurs craintes qu'une telle initiative puisse entraîner des dérives la liberté d'expression, la pierre angulaire du premier amendement.

La modération de la haine est un sujet particulièrement sensible outre-Atlantique. Alors que Facebook et Twitter ont fini par bannir plusieurs figures d'extrême droite, les élus républicains accusent les Gafa de censurer les voix conservatrices.

JUSQU'A UN UPLOAD PAR SECONDE

L'attentat de Christchurch a été diffusé sur Facebook Live pendant 17 minutes. Selon Facebook, environ 200 personnes ont vu la vidéo en direct, puis 4.000 ensuite, avant que les premiers signalements n'interviennent 12 minutes après la fin de la diffusion. L'entreprise a indiqué avoir bloqué 1,5 million de vidéos de l'attaque, dont 1,2 million lors de l'upload.

Cela fait donc 300.000 vidéos qui sont passées au travers des mailles. Combien de personnes ont vu les images ? Facebook garde le chiffre secret, mais avec l'autoplay, il se compte sans doute en millions.

De son côté, YouTube a indiqué qu'il y avait eu jusqu'à un upload par seconde. La technologie permet de réaliser un « fingerprinting » de la vidéo originale et de la repérer facilement comme pour la lutte contre le piratage.

Le problème intervient quand des internautes diffusent des extraits modifiés, avec des images ou des graphiques ajoutés, qui peuvent tromper les algorithmes.

Les géants du Web s'appuient de plus en plus sur l'intelligence artificielle, mais ils ont encore besoin de milliers de modérateurs humains pour trancher les cas difficiles.

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