16 Mai 2019

Afrique de l'Ouest: G5 Sahel - La MINUSMA, appelé à soutenir la force conjointe

Les membres du Conseil de sécurité de l'ONU ont examiné le rapport du Secrétaire général de l'organisation, Antonio Guterres, sur l'opérationnalisation de la force conjointe du G5 Sahel, le jeudi 16 mai 2019 à New York. Des recommandations ressortent de ce document, dont le soutien de la force, à travers la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA).

Le Secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, recommande d'étudier la possibilité d'apporter un soutien à travers la MINUSMA à tous les bataillons opérant dans le cadre de la Force conjointe du G5 Sahel.

A condition cependant, que cette force ou d'autres partenaires prennent la responsabilité d'acheminer l'aide dans leurs zones d'opérations, soit au-delà du territoire malien.

C'est l'une des principales informations ressorties de l'examen de son rapport sur l'opérationnalisation de la force conjointe du G5 Sahel par les membres du Conseil de sécurité à New York, le jeudi 16 mai 2019. Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Alpha Barry, qui a représenté le Burkina, s'est réjoui de cette mesure.

Au nom du G5 Sahel, il a invité le Conseil de sécurité à accéder à cette demande relayée par le Secrétaire général afin d'établir une nouvelle formule d'appui des Nations unies à la force conjointe.

Ce qui lui permettra ainsi, selon lui, de mieux répondre au défi sécuritaire qui, faute de réaction adaptée, risque de se transformer en une situation de péril dans la bande sahélo-saharienne et bien au-delà.

En s'appuyant sur l'enlèvement récent des deux touristes français au Bénin, il a souligné que le risque de contagion des zones côtières, voire de déstabilisation de la région est réelle. Le chef de la diplomatie burkinabè a rappelé à la tribune de l'ONU, qu'au regard de la nature urgente des actions à entreprendre, les Etats membres du G5 Sahel n'y arriveront pas tout seuls.

De fait, il a souhaité que la communauté internationale envisage la création d'une coalition internationale pour s'attaquer davantage au phénomène du terrorisme dans l'espace G5 et dans tout le Sahel. Il a aussi indiqué qu'il est temps que cette communauté internationale affiche une position claire quant à la résolution de la crise libyenne.

«La Libye, en effet, reste toujours le sanctuaire d'incubation des terroristes et des criminels de tous ordres et donc le principal facteur de déstabilisation de notre région», a-t-il expliqué.

A ce rassemblement de haut niveau, le ministre Barry a démontré la volonté des pays du G5 Sahel à mener la lutte commune contre le terrorisme.

En deux années d'existence, a-t-il relevé, si la Force conjointe n'a pas encore atteint sa pleine capacité opérationnelle, l'on peut toutefois noter qu'elle est, aujourd'hui, opérationnelle à 90% sur le fuseau Ouest, 74% sur le fuseau Centre et 75% sur le fuseau Est.

Elle est passée de la phase de conceptualisation à celle de concrétisation avec à son actif, plusieurs opérations majeures. Il a ajouté que depuis le début de l'année 2019, cette force a déjà mené sept opérations : deux dans le fuseau Est, trois dans le fuseau Centre et deux dans le fuseau Ouest.

De plus, Alpha Barry a fait savoir que l'accord de coopération technique avec la MINUSMA lui a permis de mener avec succès les opérations SANPARGA I et II sur le fuseau Centre, depuis janvier 2019.

Les droits humains respectés

«Bien entendu, ces interventions se font dans le respect strict du cadre de conformité via des mécanismes visant à garantir le respect des droits de l'homme et du droit international humanitaire», a-t-il rassuré.

Et d'ajouter qu'à travers ces opérations, la Force conjointe du G5 Sahel s'inscrit dans un cycle opérationnel optimal en vue d'enclencher une dynamique capable de neutraliser les groupes terroristes et criminels de tout genre.

Cependant, le ministre des Affaires étrangères a confié qu'en dépit de ces résultats, des efforts restent à consentir, car les groupes terroristes, qui se financent à partir des sites d'or artisanaux ou de divers trafics, demeurent forts et exercent une pression énorme sur les Etats.

«Partout, la menace gagne du terrain. Elle n'est plus contenue seulement dans le nord du Mali, dans le Sahel burkinabè ou loin des frontières de la Mauritanie, elle se propage et prend d'autres formes aux conséquences aussi dramatiques les unes que les autres», a-t-il alerté.

Les intervenants lors de la rencontre ont tous reconnu l'urgence et la pertinence de l'opérationnalisation de la force conjointe. De ce fait, ils ont souhaité un accompagnement conséquent de l'ONU, même si certains ont insisté sur la nécessité de respecter les droits humains dans les interventions militaires.

Le 23 février 2018 à Bruxelles, une conférence de haut niveau sur le Sahel a réuni une soixantaine de chefs d'Etat, des chefs de gouvernement et des ministres.

Cette rencontre coprésidée par l'Union africaine, l'Union européenne, le G5 Sahel et l'ONU avait pour but de mobiliser la communauté internationale pour un appui aux actions du G5 Sahel.

Le but était de répondre aux défis auxquels la région est confrontée, tant sur le plan sécuritaire que sur celui du développement économique et social, en particulier dans les zones transfrontalières. Cette conférence avait enregistré un engagement diplomatique majeur.

Le volet appui au développement a été concrétisé lors d'une réunion à Nouakchott le 6 décembre 2018 où des engagements spécifiques nouveaux ont été pris pour accompagner 40 projets structurants, notamment le Programme de développement d'urgence (PDU) pour certaines régions de l'espace du G5-Sahel particulièrement affectées par l'insécurité.

Afrique de l'Ouest

La Coalition nationale de lutte contre les MNT mise en place

Le Sénégal a procédé, le lundi 24 juin à Dakar, au lancement officiel de sa Coalition… Plus »

Copyright © 2019 Sidwaya. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.