Cameroun: Unis malgré les soubresauts

Le pays baigne dans la cohésion malgré de vaines tentatives visant à semer le chaos.

Au sein de l'opinion internationale, le Cameroun fait face à un véritable procès Kafkaïen. Tout est exagération, montage et manipulation.

« La rue gronde au Cameroun, les blessés se ramassent à la pelle, on tue, on tire à balles réelles sur les combattants de la liberté... » Cameroun virtuel, peut-être.

Mais ce Cameroun existe bel et bien dans l'imaginaire de ceux qui s'abreuvent des tensions sociales observées actuellement pour installer le chaos, en espérant rendre le Cameroun ingouvernable.

L'unité du pays en vient parfais à vaciller sans pour autant que la maison ne s'effondre. Le pays de Paul Biya, tel un roseau plie sans rompre. Et dire que la charge est violente serait un doux euphémisme.

On observe avec regret que les foyers de tensions sont nombreux. Les incursions de la secte islamiste Boko Haram dans l'Extrême-Nord, les incursions des rebelles à la frontière entre le Cameroun et la RCA à l'Est, les prises d'otages dans la région de l'Adamaoua, la récupération des revendications corporatistes des enseignants et des avocats dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest par des extrémistes qui, depuis lors, ont instauré une violence aveugle au sein des populations de cette partie du pays, attestent hélas que le pays a mal à sa stabilité.

A ces soubresauts, il convient d'ajouter des manifestations orchestrées par le MRC après un scrutin présidentiel qui s'est déroulé dans le calme et la sérénité.

La décision des responsables de ce parti politique de contester le verdict des urnes après la proclamation des résultats par le Conseil constitutionnel a conduit les pouvoirs publics à restaurer l'ordre et la paix.

Mais ces décisions ne sont pas du goût de tout le monde. Ceux qui ont cru reconnaître à travers la reconduction du président Paul Biya à la tête de l'Etat, des relents de dictature, ont tôt fait de franchir la ligne rouge.

Ambassades dans diverses capitales occidentales saccagées, emblèmes nationaux et effigies du président de la République profanés en mondovision, la dignité du Cameroun bafouées, le vivre ensemble, si cher aux Camerounais, attaqué dans ses fondements à travers des messages haineux.

Le manège semble fonctionner. Les rapports de International Crisis Group, Reporters Sans Frontières, Amnesty International, Human Rights Watch... accablent au quotidien, « un pays qui terrorise, tue ses propres enfants, interdit les manifestations publiques, muselle la presse, emprisonne les journalistes, les hommes politiques ».

Bref, traque tous ceux qui ne sont pas du pouvoir. Il y a même dans ce Cameroun là, des affrontements entre anglophones et francophones, chrétiens et musulmans, en un mot, la Communauté internationale doit voler aux secours des opprimés, mettre ce Cameroun sous tutelle.

Alerté par ces appels de détresse, le Parlement européen vient de donner l'estocade. Face à cette provocation, une de trop, le gouvernement est sorti de sa réserve pour dire non aux injonctions, à l'ingérence, non sans se montrer ouvert aux suggestions constructives.

En fait le Cameroun est debout et les architectes du chaos et de la division le savent. Ils savent aussi que le pays a, à sa tête, un homme politique qui a de l'expérience et une certaine sagesse.

Dès lors, comment peut-on comprendre le silence presque complice de ceux qui reçoivent et partagent les vidéos des entreprises brulées, des édifices publics incendiés, des éléments des forces de défense et de sécurité sauvagement massacrés par des bandits qui n'ont aucun mobile politique ?

Dans leur grande majorité, les Camerounais, malgré leurs divergences politiques, disent non à ces adeptes de la violence. Et depuis toujours, le pouvoir se montre ouvert au dialogue.

Pour convaincre les sceptiques, le Premier ministre, dépêché dans les régions du NordOuest et du Sud-ouest pour écouter les forces vives, est allé aussi à la rencontre des commerçants pour leur demander de taire les querelles, de dire à leurs frères de quitter la brousse et de prendre place à bord du train de la paix, marque de fabrique du Cameroun.

Le Cameroun, le vrai, est debout. Il n'est ni un enfer ni un paradis. Il a besoin, à la veille de cette 47efête nationale de l'Unité, de tous ses fils pour consolider son unité dans la diversité qui fait de lui, l'Afrique en miniature.

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