16 Mai 2019

Sénégal: Lutte contre les accidents - Le défi de l'application des directives

Les nombreux morts déplorés sur les routes ces dernières semaines montrent l'urgence d'agir pour mettre un terme à l'anarchie qui règne dans le secteur des transports. L'absence de formation de certains conducteurs, les failles dans la visite technique et surtout l'indiscipline sur les routes et le comportement de certains usagers et piétons, sont autant de facteurs indexés.

Pire, il arrive que des véhicules soient en circulation, sans avoir les documents nécessaires. En atteste, aucun des deux véhicules impliqués dans l'accident survenu sur la route de Nioro avant-hier, mardi 13 mai, n'était en règle pour rouler. Pendant ce temps, beaucoup de mesures prises par les autorités dernièrement pour lutter contre ces accidents dorment dans les tiroirs.

12 morts et 59 blessés dont des dizaines grièvement. C'est le bilan de trois accidents survenus sur les routes de Dakar, Fatick et Nioro, entre lundi et mardi.

Dans le dernier cas, une collision entre un camion benne et un minicar ayant coûté la vie à 8 personnes, causant 24 blessés, sur l'axe Nioro-Kaolack, les premiers éléments de l'enquête montrent qu'aucune des deux voitures n'était en règle.

Selon la RFM, non seulement le camion et le minicar n'avaient pas de visites techniques, mais le véhicule de transport en commun (minicar) en provenance de la Casamance roulait avec une «fausse carte grise».

Ce qui est déplorable, sachant que des mesures prises par les autorités dernièrement pour lutter contre ce genre de laxisme dorment encore dans les tiroirs.

En conseil interministériel du 9 février 2017, l'Etat du Sénégal, face à la recrudescence des accidents de la route notés pendant cette période, avait pris dix mesures pour mettre un terme à la saignée macabre. Ce que la presse avait qualifié de «dix commandements de Macky Sall» tarde à être réalisé dans sa quasi-totalité.

Il s'agissait de l'immobilisation et la mise en fourrière de tout véhicule en circulation dont le propriétaire n'a pas présenté à la visite, sans motif valable, à l'expiration du délai de visite technique. Il était aussi entendu que les réparations à effectuer sur le véhicule soient constatées par l'expert chargé des visites de la zone géographique où l'infraction a été commise.

Et une mise en demeure d'effectuer les réparations dans un délai d'un mois, sous peine de retrait dudit véhicule de la circulation, sera envoyée au propriétaire. Il a été aussi décidé de l'application d'une «tolérance zéro» contre les surcharges de personnes et de bagages pour l'ensemble des véhicules.

L'âge des conducteurs de véhicules de transport urbain de passagers, de taxis urbain est fixé à 25 ans au minimum, et l'âge minimum requis pour l'obtention du permis de conduire pour les conducteurs de véhicule de transport public interurbain de passagers et de marchandises devrait être fixé à 30 ans.

Tous les véhicules motorisés à deux roues devraient se faire immatriculer gratuitement auprès des services compétents du ministère chargé des Transports terrestres pendant six mois, à partir du 16 mars 2017.

Ce qui avait été fait, permettant de régulariser nombre de motos. Aussi tout conducteur de véhicule à deux roues qui circule sur la voie publique, avec ou sans passager, sans porter un casque homologué verra son véhicule immédiatement immobilisé, sans préjudice de l'amende forfaitaire prévue à son encontre par les dispositions du Code de la route.

Selon aussi ces dix mesures, les véhicules dont l'état de vétusté est tel que la circulation du véhicule compromettrait gravement la sécurité des personnes ou des biens seront mis à l'écart.

Un peu plus de deux ans après, les Sénégalais qui attendent toujours l'effectivité de ces directives continuent de payer un lourd tribut des accidents de la route dus principalement aux manquements décriés ci-haut.

Sénégal

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