Algérie: Malgré la présidentielle annoncée, une nouvelle journée de mobilisation en Algérie

Un scrutin présidentielle est annoncé pour le 4 juillet prochain, mais la rue algérienne le refuse. Malgré le ramadan, de nouvelles manifestations sont prévues ce vendredi.

Une nouvelle journée de manifestations attendue en Algérie ce vendredi 17 mai. Alors même que les étudiants ont déjà manifesté, mardi, en début de semaine. Et que la date limite pour le dépôt des candidatures pour la présidentielle annoncée du 4 juillet est fixée au dimanche 19 mai. Un nouveau vendredi de mobilisation avec toujours un même mot d'ordre : dégagez le système. Le ramadan, n'y aura rien changé, les Algériens semblent toujours aussi tenaces malgré le départ d'Abdelaziz Bouteflika le 2 avril.

"Vous savez, le ramadan, avec ces températures élevées en Algérie, ce n'est pas facile", raconte Rachid Ouaissa, professeur en sciences politiques à l'université de Marbourg, en Allemagne. "Mais tout de même la population est sortie, et elle est innovante : ils font des diners en plein air par exemple. C'est un message fort, le peuple algérien ne veut pas retourner chez lui jusqu'à ce que, comme on dit en arabe, il les déracine tous."

Refus de la présidentielle

Une détermination constante, dans la durée, et dans tout le pays. Même des villes acquises au régime jusqu'ici, dans la zone saharienne par exemple, se mobilisent. Et ce malgré la présidentielle annoncée le 4 juillet. "Ils n'ont pas confiance dans les hommes qui pourraient préparer cette élection présidentielle car ce sont les mêmes que ceux qui sont en place depuis l'indépendance", explique le spécialiste du Maghreb et de l'islamisme et maître de conférences à Sciences-po Paris, Kader Abderrahim.

"Ils n'ont pas confiance dans leur manière de faire et ils n'ont pas confiance dans la loi et les magistrats pour permettre le déroulement d'un scrutin vraiment équitable." Les Algéries demandent que l'élection présidentielle soit repoussée de manière à pouvoir négocier, discuter les termes de la transition politique. Avant d'envisager de nouvelles élections. Beaucoup soulignent aussi le manque de temps pour faire émerger une figure issue de la rue comme candidat à la présidentielle.

L'armée mise en cause

Mais derrière l'armée pousse pour que le scrutin ait lieu. Une manière de conserver le système en place, selon Rachid Ouaissa."L'armée, à mon avis, ne veut pas prendre le pouvoir, c'est à dire avec la mise en place d'un président militaire. Mais elle est en train de chercher des figures civiles qui pourraient jouer le jeu."

Pour sortir de l'impasse, beaucoup préconisent une transition sur plusieurs années. Confier petit à petit les institutions à des civils, formés, pour remplacer les cadres et le régime en place. Et après seulement organiser des élections. Mais pour l'heure la présidentielle est toujours prévue le 4 juillet prochain, malgré les incertitudes de plus en plus fortes.

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