Niger: Deuil et exaspération face au terrorisme au Niger

Un deuil de trois jours est respecté au Niger après l'attaque contre les soldats du pays qui a fait 28 morts mardi, vers Tillabéri. Sur place la population ne cache plus son exaspération.

L'Etat islamique a revendiqué l'attaque qui a tué, mardi quatorze mai, 28 soldats, à Tillabéri, dans l'ouest du pays. Un deuil national de trois jours est, depuis jeudi, respecté dans tout le pays. Les autorités ont aussi dépêché dans la région des renforts militaires pour prévenir de nouvelles attaques. Mais déjà, la population ne cache plus son exaspération face aux attaques.

Depuis fin 2018, le nord et l'ouest du Niger ont été la cible de plusieurs attaques djihadistes. À celles-ci viennent s'ajouter les incursions sporadiques de la nébuleuse Boko-Haram dans le sud-est. "Avant, l'insécurité était beaucoup plus accentuée à l'est, dans la région de Diffa", explique le politologue Amadou Boubacar Hassan. "Mais de plus en plus, la récurrence des attaques dans l'ouest de notre pays, malgré la situation d'état d'urgence qui est en vigueur pratiquement depuis quatre ans, ne peut que nous inquiéter."

"À quoi servent les soldats ?"

L'inquiétude, c'est également le sentiment qui anime certains habitants de Tillaberi, joints au téléphone par la DW. Ils saluent les efforts de l'armée nationale pour contenir ce péril. Cependant, des acteurs de la vie politiques invitent les forces internationales qui ont leurs bases militaires dans le pays, notamment l'opération Barkhane, à s'impliquer davantage dans cette guerre. "Le souhait des Nigériens est que ces bases militaires, ces forces, puissent aider à sécuriser le peuple nigérien, à sécuriser le territoire nigérien", rapporte Ousseini Salatou, le président du RDN-Labizé, membre de la majorité présidentielle.

Pour l'heure, beaucoup ont l'impression que la présence des militaires "est inutile". "Il semble qu'au moment de l'attaque, il y avait des avions qui survolaient l'espace où l'attaque a eu lieu. Alors, les Nigériens se posent la question de savoir à quoi servent ces forces ? A quoi servent ces drones ? A quoi servent ces avions ?", questionne Ousseini Salatou. Ousseini Salatou souhaite aussi que la force mixe du G5 Sahel soit rapidement opérationnelle.

Celle-ci pourrait ainsi venir en appui aux forces de l'opération Barkhane dans la lutte contre les djihadistes et en particulier contre l'Etat islamique qui a étendu son influence dans la région du Sahel, notamment en Afrique de l'ouest, depuis sa création en 2006.

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