Cote d'Ivoire: Lutte contre l'orpaillage clandestin - La justice condamne lourdement huit individus

La Brigade de répression au code minier (Bricm) a réalisé, du 25 avril au 04 mai 2019, un beau coup de filet dans le village de Kouassidjetèkro (sous-préfecture de Daoukro).

12 personnes, selon une note des services du ministère des Mines et de la Géologie ont été mis aux arrêts par les élémenst de la Bricm.« Les gardiens du secteur minier ont procédé à l'interpellation de 12 individus, dont le nommé Ouédraogo Alidou, acheteur d'or, trois dozos et huit orpailleurs », précise la note. Au cours de cette opération, la Brigade a également saisi deux Kg d'or brut, après une perquisition au domicile de Ouédraogo Alidou.

Après deux audiences notamment les 2 et 9 mai derniers au tribunal de Bongouanou (Est), au cours desquels, pour la première fois, le l'Etat ivoirien s'est porté partie civile, les prévenus ont été « reconnus coupables d'exploitation et d'achat illicites de métaux précieux », à la différence des trois dozos qui ont été reconnus non-coupables mais leurs armes saisies.

Pour leurs activités minières illicites, les huit orpailleurs clandestins ont été condamnés à payer une amende de 50 millions de FCfa. Idem pour l'acheteur d'or, Ouédraogo Alidou, reconnu coupable d'exercer, sans autorisation, l'activité de commerce de pierres et de métaux précieux en Côte d'Ivoire. Par ailleurs, la constitution de l'Etat en partie civile a été approuvée par le tribunal, et une somme de 100 millions de FCfa comme préjudice causé, devra être versée par les coupables.

Installée officiellement en décembre 2018, la Bricm en avril dernier, avait présenté au ministre des Mines et de la Géologie, Jean-Claude Kouassi, en présence des médias nationaux, une impressionnante saisie dans les zones d'Aboisso (Sud-Est) et Yakassé-Attobrou (Est). Une dizaine de fusils calibre 12 avec des munitions, six véhicules de types 4x4 immatriculés dans un pays voisin, des engins lourds notamment des pelleteuses (plus d'une vingtaine), une trentaine de générateurs d'une puissance allant de 75 à 130 Kwh, des dizaines de bouteille de gaz butane, des réfrigérateurs, des motocyclettes, etc. avaient été saisis. « Les premiers résultats sont très encourageants. Ça ne fait que commencer... », avait prévenu le ministre des Mines et de la Géologie.

« Notre mission est de faire en sorte que les choses se passent dans la légalité et dans le respect des règles », rappelle-t-il à chaque sortie. Pour le représentant du gouvernement, une lutte acharnée doit être menée contre le phénomène de l'orpaillage clandestin.

L'orpaillage clandestins se développe de plus en plus dans de nombreuses régions de la Côte d'Ivoire, un pays riche en ressources minières. Une situation qui entraîne, bien souvent, des violences débouchant sur des morts d'hommes, la destruction de l'environnement, la pollution des eaux avec l'utilisation du cyanure, un produit toxique pour l'homme, malgré les nombreuses mesures pour contrer ce phénomène. Fin juillet 2018, un gendarme a même été tué dans ce contexte dans le Nord du pays. Une récente évaluation de l'orpaillage clandestin a permis de dénombrer, sur l'ensemble du territoire national, au moins 241 sites clandestins, pour une population d'orpailleurs évaluée à 23 400 individus. Dans les pays voisins, ce phénomène est également récurrent.

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