17 Mai 2019

Cote d'Ivoire: Béoumi/Affrontements intercommunautaires - Le ministre Sidi Touré, sur le terrain, appelle au calme

Les évènements malheureux déclenchés le mercredi 15 mai, ont, à ce jour, occasionné 9 morts et plus de 84 blessés.

Les affrontements intercommunautaires entre Baoulé et Malinké étaient suffisamment graves. Sur instruction du Président de la République, Alassane Ouattara et du Premier ministre, Amadou Gon Coulibaly, le ministre de la Communication et des Médias, Sidi Tiémoko Touré, porte-parole du gouvernement, par ailleurs, député de Béoumi, s'est rendu dans ladite ville à l'effet de rencontrer les populations pour les appeler au calme et à l'apaisement. Mais aussi pour rendre visite aux blessés à l'hôpital général de Béoumi, les réconforter et aller sur le terrain pour toucher du doigt l'étendue des dégâts dans la commune.

Le vendredi 17 mai, il était 11h, lorsque nous sommes arrivés à Béoumi. D'habitude, l'entrée de la ville grouille de monde avec les différents commerces et autres maquis qui sont ouverts de chaque côté de la seule voie bitumée qui traverse la ville de l'est à l'ouest. 72 heures après les tristes évènements qui ont secoué la ville, celle-ci ressemble à un cimetière. La voie est complètement déserte. Personne n'ose s'aventurer dehors car le frère d'hier devenu « ennemi » aujourd'hui peut surgir de toute part pour porter le coup fatal. On peut même entendre les mouches voler. Au centre-ville où se concentrent toutes les activités commerciales et de transport, aucune présence humaine n'est perceptible.

C'est dans cette atmosphère inhabituelle que l'émissaire du gouvernement embarque dans son véhicule de commandement pour faire le tour de la ville et le constat d'usage. Le cortège ministériel se lance en direction de l'hôpital général. Ce qui nous frappe, à première vue, c'est que l'établissement hospitalier ressemble à un camp militaire.

Un déploiement impressionnant des forces de l'ordre s'y trouve. «Nous avons sollicité les forces de l'ordre pour sécuriser les biens et les personnes qui s'y trouvent», a justifié Dr Victor Kouamé, directeur général de l'hôpital de Béoumi, lorsqu'il a reçu le ministre Sidi Touré dans ses bureaux. Il a ensuite indiqué cette présence des forces de l'ordre a entraîné l'arrivée de plus de 300 personnes issues de la commune et de plusieurs villages alentour pour s'y réfugier avec leurs bagages.

Le directeur général de l'hôpital de Béoumi a informé le porte-parole du gouvernement que ses services ont enregistré à ce jour 9 décès. «Il y a 7 corps qui sont ici à la morgue, alors que deux autres sont à la morgue du Chu de Bouaké », a-t-il révélé. Non sans préciser qu'il y a plus de 80 blessés plus ou moins graves. «Monsieur le ministre, ce sont les derniers blessés graves que vous avez vus dans l'ambulance stationnée dans la cour. Depuis hier, nous tentons de les évacuer sur Bouaké, mais impossible. Du fait des barrages dressés dans plusieurs villages», a-t-il déploré.

D'ailleurs, il a porté à la connaissance du député de Béoumi qu'avant-hier, un blessé est décédé lors de son transfert à Bouaké. « La population qui a dressé des barricades a immobilisé l'ambulance qui transportait le blessé. Ils ont saccagé l'ambulance. Et faute d'avoir transporté le malade à temps, celui-ci a perdu la vie en cours de route », a-t-il raconté avec beaucoup d'amertume.

Aussitôt informé, le ministre Sidi Touré a rassuré Dr Victor Kouamé que toutes les dispositions seront prises pour que les blessés graves soient évacués dans les plus brefs délais.

Ensuite, l'émissaire du gouvernement est allé dans les salles d'hospitalisation pour saluer et réconforter les blessés. Il a eu des mots de réconfort pour chacun d'eux. Il leur a dit que leurs soins seront entièrement pris en charge par l'Etat. De ce pas, Sidi Touré a fait escale devant une maison partie en fumée. Une horde de personnes en colère, nous apprend-on, n'a pas hésité à y mettre le feu. Après quoi, il s'est rendu au marché. La désolation y est totale. Partout des maquis et des commerces saccagés et brûlés. Des étals renversés.

Pour mieux apprécier l'immensité des dégâts, le ministre a fait le constat à pied. Il avait du mal à réaliser l'ampleur des dégâts et surtout à les justifier. « A Béoumi, vous ne verrez pas une famille baoulé qui ne compte pas de malinké. Et vice versa. Nous sommes une communauté où le vivre-ensemble est une réalité », a-t-il fait savoir. Aussi, a-t-il invité les communautés baoulé et malinké à revenir à ces valeurs d'antan pour que ce genre de situation ne se reproduise plus jamais à Béoumi.

Le ministre a terminé sa randonnée en allant à la brigade de gendarmerie de Béoumi pour échanger avec les officiers supérieurs qui dirigent toutes les composantes de l'armée déployées sur le terrain. On remarquait la présence du Ccdo et des escadrons de la gendarmerie venus de Bouaké, Yamoussoukro, Tortya, Daoukro, Bouaké et Abidjan, ainsi que des détachements militaires.

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