Maroc: Prisme tactique - Une opposition de styles et de systèmes

Dimanche, lorsque la nuit aura envahi le ciel, les battements des cœurs des supporters de Berkane vont être rythmés par la finale de la Coupe de la CAF.

Un rendez-vous historique pour la RSB, qui n'a pas été trop épargnée par sa destinée, laquelle lui a mis sur son chemin vers la gloire, les Egyptiens du Zamalek. Mais si les Cairotes sont la bête noire des clubs marocains en cette édition, après avoir éliminé aux tours précédents l'Ittihad de Tanger et le Hassania d'Agadir, il n'en reste pas moins que ce passif peut se révéler précieux au moment de déterminer les forces et les faiblesses, d'un côté comme de l'autre.

Autant d'éléments qui donnent un parfum particulier à la rencontre. Celui d'un combat qui n'est pas écrit. Mais s'il n'est pas écrit, il est indécis, donc intéressant. Bref, une opposition de styles qui promet, parfaitement illustrée par les systèmes de jeu en place. A savoir un 4-4-2 à plat pour la RSB et un 4-2-3-1 pour les Egyptiens.

Opposées l'une à l'autre, ces deux organisations créent des décalages à exploiter offensivement et à combler défensivement, par des compensations et des couvertures. Concrètement, un 4-4-2 à plat comme celui privilégié par Mounir Jaâouani face au 4-2-3-1 souvent utilisé par son homologue, le Suisse Christian Gross, sera forcément en infériorité numérique dans l'axe, au milieu du terrain (voir schéma).

Afin de remédier à ce déséquilibre en phase défensive, Jaâouani va certainement demander à ces deux milieux excentrés de resserrer vers le centre et de défendre de manière plus étroite lorsque le jeu s'y déroule. En sus, l'un des deux avant-centres, Traoré notamment, ou celui qui le remplacera, ne doit pas hésiter à décrocher pour venir renforcer l'entrejeu. Si ces conditions ne sont pas remplies, un milieu adverse, la pointe haute du triangle en l'occurrence, va pouvoir aisément organiser le jeu.

En phase offensive, l'infériorité numérique dans l'axe du milieu de terrain qui résulte de l'opposition 4-4-2 vs 4-2-3-1, est handicapante en termes de possession de ballon et de construction de jeu, car les relais manquent entre la défense et le milieu, ainsi qu'entre l'entrejeu et l'attaque. Toutefois, grâce au quadrillage optimal que permet le 4-4-2 à plat, dans la largeur notamment, la RSB a la possibilité de sacrément mettre en danger les Cairotes. Comment ?

Outre les combinaisons qu'il offre sur les ailes, ainsi que la forte présence dans la surface de réparation, ce système dispose d'un autre atout dans sa manche, principalement en phase de transition. Certes le Zamalek n'est pas une équipe qui aime posséder le ballon (52% de moyenne depuis le début de la saison), mais il serait astucieux de le leur laisser par moments. Et pour cause, sur plusieurs séquences de jeu, leur bloc s'est retrouvé coupé en deux, entre les six éléments à vocation défensive et les quatre à vocation offensive. Soit le vice principal du 4-2-3-1.

Du coup, il s'agit pour le onze berkani de presser en étant structuré autour d'un bloc oscillant entre le médian et le bas, avec pour objectif d'aspirer l'adversaire et créer de l'espace dans son dos, pour gicler et l'exploiter rapidement grâce à une recherche rapide de la verticalité. En espérant que le vent continuera aussi à souffler dans le dos de la RSB.

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