18 Mai 2019

Congo-Brazzaville: Commémorations officielles - Eugène Diomi Ndongala réclame l'abolition de la date du 17 mai

Le député honoraire, président du parti Démocratie chrétienne (DC), milite pour que la date d'entrée à Kinshasa de l'Alliance des forces démocratiques de la libération (Afdl), conduite par Laurent-Désiré Kabila, qui avait chassé du pouvoir le régime dit dictatorial du maréchal Mobutu, ne soit plus célébrée.

Le moment est venu d'abolir la célébration du 17 mai, a estimé Eugène Diomi Ndongala, soutenant que cette date a marqué le début de deux décennies de violences, massacres, déstabilisation systématique de la République démocratique du Congo (RDC) et un incroyable pillage économique qui a empêché tout développement véritable.

L'Afdl, a indiqué Eugène Diomi Dongala dans une tribune publiée à l'occasion de la célébration de cette journée, a plongé la RDC dans une guerre interminable, téléguidée à partir de Kigali et Kampala, qui a décimé la population du pays. « Pendant le règne sans partage de l'Adfl et celui de ses héritiers politiques, l'histoire du Congo a bégayé à plusieurs reprises », a-t-il fait savoir.

Les successions effrénées de gouvernements illégitimes, les crises politiques à répétition, les multiples conflits armés dans l'est de la RDC, au Kongo Central, dans le grand Kasaï, etc., a poursuivi l'opposant emblèmatique pendant le règne de Kabila, sont autant d'éléments qui interpellent en ce qui concerne le jugement historique à faire, vingt-deux ans après, sur « l'imposture Afdlienne ».

« Le conglomérat d'aventuriers, selon la définition tranchante de l'Afdl donnée par Laurent-Désiré Kabila, lui-même, au moment de sa prise de décision tardive de chasser les troupes rwandaises de la RDC, a dévoré les Congolais qui s'étaient naïvement mis à son service: Laurent-Désiré Kabila, Anselme Masasu Nindaga, André Kissasse Ngandu et tant d'autres... », a regretté Diomi Ndongala.

Pour le président de la DC, la population congolaise est demeurée la plus paupérisée au monde car ses ressources naturelles ont été patrimonialisées par un groupe d'individus qui se revendiquent comme les héritiers idéologiques de l'Adfl, alliés aux mobutistes qu'ils prétendaient avoir chassés. A l'en croire, devenus les piliers du régime de Kabila, les anciens collaborateurs de Mobutu ont continué de tromper la population congolaise avec une « démocrature » fondée sur les apparences d'un système démocratique (élections, principe de représentation parlementaire, etc.). Mais dans les faits, a-t-il fait observer, le régime de Kabila s'est pérennisé au pouvoir par une série de hold-up électoraux, la répression féroce de l'opposition politique et de toute forme de dissension ainsi qu'une prédation violente des richesses du pays.

« Les milliers de prisonniers politiques que le président Félix Tshisekedi vient de libérer ont été bel et bien injustement embastillés par les héritiers de l'Adfl, devenus des champions de violations des droits de l'homme. Les centaines de fosses communes en province orientale mais aussi au Kivu, de Kaniola, Kasika et de Makobola, au Katanga à Ankoro, au Kasai, à la périphérie de Kinshasa (Maluku), au Kongo Central, à Beni rappellent les monstruosités engendrées par les seigneurs de guerre restés au pouvoir à l'ombre idéologique de la libération afdelienne, jusqu'en 2018 », a dénoncé Eugène Diomi Ndongala.

Parlant de lui-même, il a rappelé son combat contre l'Afdl dès son entrée en RDC, Zaïre à l'époque, qui lui coûta une accusation d'atteinte à la sécurité de l'Etat, devant un tribunal militaire, et des interpellations en cascade de la part des services de sécurité afdliens. Le président de la DC a noté que sa situation s'est aggravée davantage surtout après la publication de son livre intitulé "Le manifeste de la libre pensée politique" ( dont une copie est encore disponible à la bibliothèque de l'Université de Yale), en plein régime des « Comités de pouvoir populaire » qui auraient dû instaurer un régime fondé sur le « centralisme démocratique » à la place d'une « démocratie pluraliste et représentative » telle que prévue par le peuple congolais réuni en Conférence nationale souveraine.

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