18 Mai 2019

Sénégal: Croissant lunaire - Oustaz Alioune Sall propose des discussions pour une fusion des commissions d'observation

Thiès — L'islamologue Oustaz Alioune Sall a suggéré vendredi à Thiès, la tenue de discussions entre les responsables des deux commissions d'observation du croissant lunaire pour éviter le démarrage du jeun en rangs dispersés.

Oustaz Alioune Sall abordait le thème de "l'unité des musulmans" lors de la conférence annuelle de la station régionale de la radio Sud FM (privée), qui a eu lieu devant ladite radio au quartier 10-ème.

Regrettant le fait que les musulmans du Sénégal aient entamé le jeûne du mois de Ramadan les uns après les autres, il a appelé de ses vœux le retour à cette harmonie dans le démarrage du jeûne et la célébration des fêtes musulmanes dans le pays.

Pour ce faire, "il faudrait qu'on fusionne les commissions (d'observation du croissant lunaire) en une seule et que toutes les parties se fassent confiance", a préconisé en wolof, l'animateur d'émissions religieuses à Sud Fm. Cela nécessite que des discussions se tiennent, estime encore le religieux.

Le cas contraire, cette situation va perdurer, pense-t-il. "D'ici 2040, nous ne démarrerons plus le Ramadan ensemble, parce qu'une commission tire, l'autre pousse".

Le jeûn a démarré le mardi 7 mai pour la majorité des musulmans du pays, conformément à la décision de la Commission nationale d'observation du croissant lunaire (CONACOCL).

La veille, lundi, une partie de la communauté avait commencé à jeûner, suivant la déclaration de la Commission de la Coordination des musulmans du Sénégal (CMS).

"Une commission se base sur la vision universelle de la lune, l'autre suivant une vision selon la zone. Si chacune campe sur sa position, a des arguments pour la défendre, nous resterons divisés et cela nous poussera à ne plus nous faire confiance", analyse-t-il.

"Même si l'une des parties voit la lune, l'autre ne s'y référera pas pour ne pas lui donner du crédit, et c'est le début de la passion", poursuit-il.

Il a ajouté, avec un brin d'humour : "peut-être qu'Aly Ngouille Ndiaye (ministre de l'Intérieur) va nous y aider". "Il pourrait réussir ce que Yaya Jammeh avait réussi en Gambie", note-t-il.

L'ancien président gambien, a-t-il dit, avait amené les partisans des deux écoles à s'entendre sur une vision, et depuis lors les fêtes en ordres dispersés ont disparu en Gambie.

L'unité des musulmans, selon le prédicateur, signifie avoir la même croyance, la même législation, les mêmes sources (le Coran et la sounna), les mêmes objectifs, les mêmes joies et malheurs.

Toutefois l'islamologue précise que l'unité n'exclut point la diversité. "Dieu ne nous a-t-il pas dit : 'soyez identiques, mais soyez unis".

Les injonctions divines et les hadiths du prophète allant dans le sens de l'unité font florès, a-t-il laissé entendre, citant entre autres, le célèbre verset coranique : "Agrippez-vous au câble d'Allah et nous vous divisez point".

"Les musulmans entre eux sont comme des briques qui se soutiennent les unes les autres", dit un hadith du Prophète (PSL), a poursuivi Oustaz Alioune Sall, qui est aussi responsable d'un daara (école coranique).

Pour lui, "l'unité est bien possible", pourvu seulement "que chacun en fasse sa préoccupation".

"L'unité a un prix", poursuit le conférencier, soulignant la nécessité pour chacun de faire une concession. "Si celui qui a une fréquence supérieure ne veut pas descendre et celui d'en bas ne veut pas monter, ils ne vont jamais se retrouver", relève-t-il, utilisant le vocabulaire de la radio.

Le conférencier a souligné l'importance de l'unité aux yeux de l'islam, à travers ses actes cultuels. Toutes les injonctions que Dieu a faites aux croyants dans le Coran, sont adressées à la communauté, relève Oustaz Sall : "Prosternez-vous, inclinez-vous, faites la prière, donnez la zakat", a t-il cité, entre autres.

L'abstinence pendant un mois de toute une communauté, le Hajj (pèlerinage) regroupant des musulmans de toutes origines ou encore les prières en communauté, sont autant d'illustrations de cette unité à laquelle Dieu appelle les musulmans, a t-il souligné.

"Tous ces actes, nous les faisons ensemble, et nous ne pouvons pas nous unir, où se situe le problème ?", s'est-il encore demandé, non sans louer les efforts accomplis par le passé par les guides des confréries musulmanes sénégalaises pour parvenir à cette unité qui fera la force de l'islam.

Pour lui, la centralité de l'unité tient au fait que c'est à travers la confiance mutuelle et l'amour que les musulmans peuvent accomplir les obligations collectives qui sont plus nombreuses en islam et qui peuvent amener la société de l'avant.

"La division est aussi grave que l'idolâtrie" en islam, et par conséquent ses auteurs seront punis dans l'au-delà, avertit-il.

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