Cote d'Ivoire: Mes vérités - Amalgames à éviter et responsabilité

Deux faits ont marqué l'actualité, cette semaine. Il y a l'affrontement intercommunautaire à Béoumi, ville située au centre de la Côte d'Ivoire et la grève des enseignants du secondaire. Ensemble, passons-les en revue et tirons les leçons qui s'imposent.

Un affrontement a éclaté, mercredi dernier, dans la petite localité de Béoumi. Il s'est poursuivi jeudi et a fait, selon des informations reçues, trois morts et de nombreux blessés. Tout serait parti d'un accrochage entre un chauffeur de taxi-moto d'ethnie baoulé et un autre de taxi "Picnic", malinké. Celui-ci n'aurait pas apprécié que le conducteur de taxi-moto lui demande des comptes, après le léger accrochage qu'ils ont eu. En effet, en voulant effectuer une manœuvre, le chauffeur de la "Picnic" aurait heurté le taxi-moto. S'en sont suivis des échanges houleux. Et le conducteur de la "Picnic" aurait sorti une machette de son véhicule et aurait tailladé le jeune moto-taxi. Lequel succombera, plus tard, à ses blessures. Sa mort a été le déclencheur de ces folles journées meurtrières. Les autochtones étaient décidés à venger la mort d'un des leurs.

Il ne s'agit pas pour nous de trancher en donnant tort ou raison à l'une des parties. Mais de rappeler que la vie en société a des règles que nous devons tous observer. Est-ce normal qu'on en arrive à taillader son semblable, sous le prétexte qu'on a été humilié ? Est-ce normal qu'on décide d'engager une action punitive, vengeresse, parce qu'on a perdu l'un des siens ? Nous ne sommes tout de même pas dans la jungle, encore moins au Far West où tout se règle à coups de poing, de crosse ou de machette. Ce qui s'est passé à Béoumi, pour nous, n'est rien d'autre que le non-respect des lois et règles de la vie en société. Ce n'est ni une affaire de réconciliation mal ficelée, ni le fait que les deux communautés se regardaient en chiens de faïence. Il serait bon pour tous d'éviter tous ces amalgames. Pour ceux qui connaissent la petite ville de Béoumi, ils savent toutes les imbrications entre les autochtones et allochtones. Il n'y a rien de politique dans ces événements.

Arrêtons donc ces commentaires hostiles aux Malinké, leur ordonnant de retourner chez eux. Un Ivoirien et un même étranger peuvent s'installer partout où ils se sentent bien. Relisons le premier couplet de notre hymne national pour bien comprendre cela : "Salut ô terre d'espérance, Pays de l'hospitalité, Tes légions remplies de vaillance Ont relevé ta dignité. Tes fils, chère Côte d'Ivoire, Fiers artisans de ta grandeur, Tous rassemblés pour ta gloire, Te bâtiront dans le bonheur". La Côte d'Ivoire est un pays hospitalier. Il n'y a donc pas de ligne Maginot qui oblige un groupe ethnique à rester dans sa zone.

La force de la Côte d'Ivoire a toujours été ce brassage d'ethnies qui a permis au père fondateur de construire notre pays. Rappelons-nous le temps où un enfant du sud était affecté dans l'ouest du pays et pouvait avoir pour tuteur quelqu'un d'inconnu à sa famille ? Rappelons-nous aussi ces exemples où des familles malinké accueillaient de nombreux enfants venus d'ailleurs. La Côte d'Ivoire, c'est cela. Avant donc d'emprunter un raccourci pour faire des commentaires indécents, pensons à faire la promotion des textes juridiques et tout autre loi qui régissent la vie en communauté. Ce serait plus responsable.

Le deuxième fait qui a marqué l'actualité, c'est l'appel à la perturbation des cours par certains irresponsables qui se font appeler professeurs. Heureusement que la lucidité a visité bon nombre d'entre eux qui ont dit non, en toute responsabilité, à cette autre "grève sauvage". La majorité a compris qu'il y avait quelque chose de malsain derrière cet appel, vu que tous savent que les recommandations de Grand-Bassam sont sur la table du chef du gouvernement.

Pour eux, la grève aurait eu tout son sens si le gouvernement avait balayé du revers de la main leurs revendications. Ce qui n'est le cas. L'équipe gouvernementale, comme elle en a l'habitude, a écouté les enseignants et travaille sur leurs différentes préoccupations. La sagesse recommande ici la patience. Saluons ici le sens de la responsabilité de ces braves professeurs. Que la raison et la sagesse les visitent toujours pour que la relève soit assurée. Le niveau des enfants est tellement bas qu'on ne peut continuellement tomber dans des revendications. L'enseignement est un sacerdoce et la plus grande joie qu'on peut en tirer, c'est de voir, demain, l'un de ses élèves s'en sortir.

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