Congo-Kinshasa: Interpellation et relachement de Mendé - Qui en veut à l'ex-porte-parole du gouvernement ?

L'information est tombée comme un couperet, tant elle a surpris plus d'un. L'ex-ministre congolais de la Communication et des médias, Lambert Mendé Omalanga, a été brutalement interpellé, hier, 19 mai 2019, à son domicile, par des hommes armés qui se présentaient comme des policiers et des militaires.

Qui en veut à l'ex-porte-parole du gouvernement ? Que lui reproche-t-on exactement ? Difficile d'y répondre puisqu'au moment où nous tracions ces lignes, les autorités de Kinshasa se refusaient à tout commentaire.

On sait seulement qu'il s'agit d'une affaire de diamant. Mais une chose est sûre, avec cette interpellation de celui-là qui passait aux yeux de tous comme l'homme-lige de l'ancien président Joseph Kabila, Félix Tshisékédi veut rappeler aux uns et aux autres qu'il demeure le seul maître à bord et que les zélaleurs du défunt régime n'ont qu'à se tenir tranquilles.

On se rappelle encore le langage de fermeté qu'il a récemment tenu aux gouverneurs, qu'il mettait en garde contre « la corruption, le népotisme et le clientélisme ». Mieux, il leur a promis de procéder à une évaluation trimestrielle de ces hauts commis de l'Etat et de sévir s'il le faut. En a-t-il les moyens ? On attend de voir !

Les autorités intérimaires voudraient humilier le natif de Okolo, qu'elles ne s'y prendraient pas autrement

Ce qui passait pour une opération de salubrité publique a-t-il pris les allures d'un règlement de comptes en RDC avec l'interpellation suivie du relâchement de l'ex-parole du gouvernement, Lambert Mendé qui y voit la main du ministre intérimaire de l'Intérieur ?

En tout cas, il le dit sans détour après avoir regagné son domicile : « Je viens d'arriver chez moi. Je ne comprends pas personnellement ce qui m'est arrivé.

Je suis convaincu que c'est une manipulation des services de police par le ministre intérimaire de l'Intérieur, Basile Olongo Pongo, qui essaie de régler ses comptes avec moi étant donné que nous avons des litiges post-électoraux.

Il veut profiter de son intérim pour me faire la peau ». Les autorités intérimaires voudraient humilier le natif de Okolo, diplômé en droit et en criminologie, qu'elles ne s'y prendraient pas autrement, tant son interpellation a eu lieu en présence de son épouse et de certains de ses proches.

Chose qui paraît pour le moins incompréhensible d'autant que, jusque-là, rien n'est reproché à celui-là que l'on appelle le « Vuvuzélateur national » pour ses sorties médiatiques fracassantes.

Le président Tshisékédi est donc interpellé. A lui de procéder très rapidement à la mise en place d'un nouveau gouvernement qui mettra fin au pouvoir des autorités intérimaires en place.

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Plus de: Le Pays

à lire

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 150 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.