Burkina Faso: La nécessité d'un sursaut national

éditorial

Après sa déclaration de politique générale intervenue le 18 février 2019 devant la Représentation nationale, le Premier ministre, Christophe Joseph Marie Dabiré, y est retourné le 16 mai 2019. Cette fois-ci, il a rendu compte de la situation de la nation. Le chef du gouvernement a évoqué les acquis, les défis et les perspectives de mise en œuvre des politiques publiques.

Ce Discours sur la situation de la Nation (DSN), prononcé dans un contexte sécuritaire préoccupant, n'avait rien d'une ritournelle rodée, tant les mauvaises nouvelles abondent. On le sait, le bateau battant pavillon Burkina Faso est en proie à la déferlante terroriste, mais garde fermement le cap, avec une économie toujours solide.

C'est la raison pour laquelle, Christophe Joseph Marie Dabiré a réitéré l'appel à la trêve sociale lancé par le chef de l'Etat, Roch Marc Christian Kaboré, à l'endroit des syndicats, en vue de préserver la concorde nationale face aux agressions de l'ennemi. Dans cette optique, les premiers pas du Premier ministre semblent rassurants à plus d'un titre.

Arrivé à un moment où les contradictions sociales avaient atteint un niveau inquiétant, il a réussi à ramener la sérénité un tant soit peu, en privilégiant le dialogue. Cette invite à la concertation constitue la meilleure idée possible pour nous sortir des moments difficiles et sauvegarder le vivre-ensemble.

Cerise sur le gâteau, le président du Faso a convié les différents partenaires autour d'une table. Ce qui n'a pas rendu indifférent l'ensemble des forces vives de la nation, notamment les syndicats.

Même si dans la perspective de la mise en œuvre effective des grandes recommandations de la conférence nationale sur le système de rémunérations des agents de l'Etat, une certaine frilosité est notable dans certaines chapelles.

Comme s'il s'agissait de lourds nuages qui ne semblent pas vouloir se dissiper. Du reste, le Syndicat des travailleurs de la santé humaine et animale (SYNTSHA) a durci le ton, en annonçant une grève de 96 heures à compter de demain 21 mai, suivi d'un boycott des gardes et des permanences du 25 mai au 03 juin prochain, pour exiger la satisfaction de sa plateforme revendicative.

A cela s'ajoute l'action projetée de quatre autres syndicats de la santé ayant déposé un préavis de grève de 72 heures pour compter du 22 mai prochain. Du jamais vu depuis les années 1966, à en croire certains observateurs.

Mais faut-il encore le rappeler, l'insécurité est aujourd'hui l'ennemi commun contre lequel, chacun de nous devrait s'engager, si tant est que cela constitue un préalable à la bonne marche de l'économie, profitable aux travailleurs.

Généralement, l'ouverture d'un dialogue inclusif paraît la voie idoine pour éteindre tous les feux qui menacent d'embraser le Faso. C'est en cela, qu'il faut saluer la reprise annoncée pour cette semaine des traditionnels pourparlers entre le gouvernement et les syndicats.

Seulement, il faudra que les uns et les autres évitent les propositions maximalistes qui peuvent constituer un frein à une sortie de crise.

Comme quoi, le sursaut national tant attendu doit être constaté à tous les niveaux pour préserver les acquis et les consolider pour les générations futures.

Pour l'heure, l'exacerbation de la crise sécuritaire alimente de multiples interrogations relatives, notamment à la tenue des futures échéances électorales à bonne date sur toute l'étendue du territoire.

Dans cette perspective, un gouvernement de large ouverture avec un agenda précis nous paraît être la panacée, non pas que le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) a échoué (loin de là), mais parce que l'ampleur de l'insécurité aurait contrarié les plans de n'importe quel parti élu au pouvoir. La patrie en danger doit faire appel à tous ses fils et filles sans considérations politiciennes.

La sincérité, dont a fait montre le Premier ministre concernant les écoles fermées et autres sujets, commande qu'on lui accorde du crédit.

Ou à tout le moins au chef de l'Etat, dont il est le «porte-voix», pour répondre efficacement à la question fondamentale de l'heure : comment remettre le pays sur les rails ?

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Plus de: Sidwaya

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