Madagascar: SMIG - Quid du bras de fer entre l'Etat et le patronat

Ça y est le cap du million de fmg est atteint, avec le plafond psychologique de 7 chiffres, tout salarié est maintenant millionnaire et peut en être fier dit-on. Chapeau Monsieur Le communicateur !

Tous les travailleurs non ! du moins ceux qui sont au bas de l'échelle, puisque SMIG veut dire (Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti). Interprofessionnel veut dire qu'il est différent selon le secteur, la filière ou la branche. Bref, les 200 000 ariary sont pour les fonctionnaires du secteur public au bas de l'échelle jusqu'à nouvel ordre. Ceux qui sont à l'échelon supérieur ne manqueront pas de dire, « haro sur le nivellement par le bas ». Il ne concerne pas les salariés du secteur agricole qui travaillent plus et mais sont moins lotis (200 heures/mois). Pour ceux du secteur privé qui n'ont pas toujours touché les hausses annuelles précédentes de 7 à 10%, une augmentation soudaine de 18% serait miraculeuse.

Seulement, l'entrepreneur privé n'a pas les mêmes logiques de fonctionnement que l'Etat. Une augmentation des charges du personnel serait synonyme d'une nouvelle répartition de la valeur ajoutée dégagée ainsi l'Etat par le biais de l'impôt devra voir sa part automatiquement réduite, le Capital financier par l'intermédiaire du taux d'intérêt se verra moins sollicité, enfin le propriétaire devra voir à la baisse la rémunération de son capital (les actions). Si comme disent les économistes, toutes choses étant égales par ailleurs, le salarié avec ce nouveau Smig serait l'heureux gagnant mais, mais... L'entrepreneur n'est pas sans réaction, il peut réduire la main d'œuvre en débauchant du personnel ce qui revient à augmenter le chômage, ce qui serait la pire des choses sur le plan social ou bien maintenir ses marges malgré les hausses de salaires et enclencher donc le cycle de la hausse générale des prix (inflation) ce qui va annihiler la hausse de salaire, ou pour maintenir sa productivité en investissant dans les équipements au détriment de l'emploi.

Toujours est-il que même si l'on ne dit rien, un bras de fer est en train de se dérouler entre l'Etat et le patronat actuellement. Qui va prendre le dessus ? Sur le plan politique, l'Etat-patron gagne à ne pas céder tant le gap entre le revenu et la consommation est abyssale actuellement et que l'enjeu est sa stabilité. Mais dans tout ça, quelle est la proportion des fonctionnaires et ceux des salariés dans la population active dans le pays. Le reste, ceux du secteur informel et du monde agricole traditionnel les éternels oubliés demeurent des éléments de bouillons de culture de l'insurrection. Dans un pays comme le nôtre, l'antagonisme entre les politiques et le monde de l'économie reste toujours en suspens.

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