Madagascar: Législatives - Troisième tour pour Rajoelina et Ravalomanana

Photo: Le Pays
Rajoelina et Ravalomanana

La HCC et la CENI doivent remettre de l'ordre dans la campagne électorale en cours.

Andry Rajoelina descend depuis hier sur le terrain de la campagne électorale pour donner un coup de pouce aux candidats de l'IRD.

La dernière semaine de la campagne électorale des Législatives du 27 mai se transforme en un duel entre le président de la République en exercice Andry Rajoelina et le président national du TIM Marc Ravalomanana. Les deux se sont affrontés au second tour de l'élection présidentielle de 2018.

Quelques mois après, Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana se retrouvent sur le terrain de la propagande, mais cette fois-ci dans le cadre d'une élection législative. Pour bon nombre d'observateurs, on assiste à un troisième tour opposant Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana.

Pour le second, il se trouvait aux côtés des candidats du Tim-K25 depuis le début de la campagne. Il a déjà pu sillonner certaines parties de l'île, d'Antananarivo à Toliara en passant par Toamasina, Morondava, Belo sur Tsiribihina, Antsirabe, Antanifotsy... Quant à Andry Rajoelina, il l'a déjà annoncé au moment où il présentait le bilan de 100 jours de son régime au Palais des Sports de Mahamasina.

Il a déclaré à cette occasion que l'avis de la HCC qui a mis une croix sur le pouvoir du président de la République de soumettre directement au peuple le vote d'une loi constitutionnelle par voie référendaire ne pouvait pas l'empêcher de sillonner l'île en cette période électorale.

Enjeu. L'ambiance électorale actuelle permet de comprendre l'enjeu des prochaines Législatives. Et cet enjeu reste énorme tant que « le président de la République nomme le Premier Ministre, présenté par le parti ou le groupe de partis majoritaire à l'Assemblée nationale » (NDLR : article 54 de la Constitution de la Quatrième République).

Du côté du TIM-K25, l'objectif serait d'obtenir le maximum des sièges de député pour qu'il puisse imposer ses points de vue ou au moins rester incontournable dans les travaux d'adoption des lois à la Chambre Basse. Bien que rien ne soit encore officiel, avec un nombre non négligeable des « solom-bavam-bahoaka » à Tsimbazaza, Marc Ravalomanana voudrait jouer le rôle de chef de l'opposition officielle à Madagascar, conformément à la loi n°2011-013. A rappeler que le TIM-K25 a présenté 109 candidats dans tout Madagascar. Pour Andry Rajoelina, il s'agit d'avoir coute que coute une majorité à l'Assemblée nationale pour qu'il puisse mettre en œuvre l'IEM.

Deux statuts différents. Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana ont deux statuts différents. Si le second n'est qu'un simple chef de parti, le premier porte le titre du président de la République.

Lors d'une descente qu'il a effectuée hier dans les six arrondissements de la Capitale, le président de la République s'est affiché avec les candidats députés de l'IRD (Isika Miaraka Amin'i Andry Rajoelina). Or, l'article 49 de la Constitution dispose : « Les fonctions de président de la République sont incompatibles avec toute fonction publique élective, toute autre activité professionnelle, toute activité au sein d'un parti politique, d'un groupement politique, ou d'une association, et de l'exercice de responsabilité au sein d'une institution religieuse. Toute violation des dispositions du présent article, constatée par la Haute Cour Constitutionnelle, constitue un motif d'empêchement définitif du président de la République. »

En tout cas, certains observateurs constatent dans ce désordre politico-juridique la responsabilité de la HCC qui a affirmé dans son Avis n°05-HCC/AV du 28 mars 2019 que « l'utilisation de la dénomination ' Isika Rehetra Miaraka amin'i Andry Rajoelina' ne constitue pas une violation des dispositions de l'article 49 de la Constitution. »

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