Burkina Faso: Le barreau plaide pour une reprise des activités judiciaires

C'est environ une soixantaine d'avocats burkinabè qui se sont réunis le matin du 20 mai 2019 à partir de 8 heures devant la maison d'arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO). Pour cause, un sit-in silencieux pour manifester leur mécontentement face à la paralysie du système judiciaire qui a lieu depuis plus de 8 mois.

Les hommes en « robes noires » par la voix de maître Soumaïla Ouattara ont scandé les mots d'ordre suivants : « non à la violation des droits de la défense », « non à la violation de la constitution qui garantit les libertés individuelles et collectives », « non à la violation massive des droits », « oui aux droits de visite des parents et amis aux détenus », « oui à une justice qui travaille », « vive la détermination des avocats », « vive la détermination des hommes épris de justice ».

Après la Maco, cap a été mis sur la maison de l'avocat où le barreau a tenu à 11 heures une conférence de presse. La conférence de presse a été animée par le bâtonnier, maître Marcellin Paulin Salembéré.

L'objectif de cette conférence de presse est de donner la lecture que fait le barreau de la situation de la justice au Burkina, et donner de plus amples informations sur les mouvements que les avocats ont entamés il y a quelques semaines suite à la paralysie du système judiciaire.

Suite à la suspension des activités des avocats jusqu'au 6 mai 2019, l'assemblée générale, constatant que ces actions n'ont pas eu d'effet, a décidé de reconduire la suspension pour deux semaines.

L'assemblée générale a décidé d'initier d'autres actions dont le sit-in observé dans la matinée du 20 mai devant la Maco, la saisine des institutions internationales d'Avocats (la conférence des bâtonniers de l'Uemoa, la conférence des barreaux Ohada, le Palu, la conférence internationale des avocats de tradition juridique commune (CIB), la dénonciation de la violation des droits auprès des omissions et cours internationales).

Pour le barreau, il ne s'agit ni d'une lutte syndicale, ni d'une lutte pour des intérêts corporatistes, encore moins d'une lutte de chapelle.

Il s'agit pour les avocats d'un combat pour le respect des droits, pour le respect de l'Etat de droit. Répondant aux allégations disant que les actions des avocats pourraient empirer la paralysie du système judiciaire, le bâtonnier laisse entende qu'il « ne voit pas en quoi leurs actions empirent la situation ».

Des informations ont été distillées dans l'opinion publique disant que les avocats ont des agendas cachés et qu'ils viseraient le procès du putsch manqué. Pour maître Marcellin Paulin Salembéré, il n'en est aucun cas.

Il ajoute que «Nous nous sommes focalisés sur les juridictions constitutionnelles qui fonctionnent permanemment. Alors que la justice militaire est une juridiction d'exception ».

Il reconnait cependant, que leurs actions ont un impact sur le procès du putsch. Pour le bâtonnier, « on ne doit pas faire comme si le procès du putsch manqué est le seul du pays, alors qu'il y a des milliers de procès pénaux qui n'ont pas pu se tenir depuis plus de 8 mois, la justice étant la même pour tous ».

Le barreau dit avoir appris que les fonctionnaires du corps des Greffiers ayant un accord avec le gouvernement, reprendraient leurs activités dès ce 20 mai 2019. Si tel est le cas, le barreau dit se réjouir et saluer l'esprit de dialogue qui a prévalu de part et d'autre pour parvenir à cette reprise.

Le barreau ose espérer que l'Etat et le corps des Gardes de sécurité pénitentiaire (GSP) sauront renouer le fil du dialogue, afin que la justice pénale reprenne son cours et que l'Etat de droit reprenne ses droits aux Burkina Faso.

En outre, le barreau dit suivre avec attention l'évolution de la situation, et que l'assemblée générale restant saisie de la question, fera le point de la situation et des actions en cours, et décidera de la suite à donner au cours de sa séance du 27 mai prochain.

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