Congo-Kinshasa: Sylvestre Ilunga Ilunkamba - Enjeux et missions difficiles !

Photo: Photo Présidence RDC
Sylvestre Ilunga Ilunkamba, nouveau Premier Ministre a été reçu par le Président Tshisekedi le 20 mai 2019

"Le Président de la République veille sur les principes et fixe les objectifs. Tandis que son Premier Ministre organise l'atteinte la plus efficiente possible et au moindre coût des buts préalablement concertés. Si l'un est l'architecte de l'œuvre, l'autre devrait être le conducteur attentif et fidèle des travaux de l'édifice rêvé. Le Premier Ministre agira donc en tant que « politique » responsable, informé de son pouvoir, ferme dans ses décisions, modéré dans son approche et conscient de ses limites. La réussite de cet équilibre fragile, donc relativement imparfait, réside dans la modération et le dialogue permanent que sauront maintenir pendant ces cinq prochaines années, non seulement les leaders politiques de la Coalition FCC/CACH, leurs principaux lieutenants, mais également les militants qui rependent leurs opinions respectives dans la population. Ceci donne au nouveau Premier Ministre une responsabilité politique particulièrement délicate", rappelle, dans une tribune libre, Jean-Pierre Kambila Kankwende. Bien plus, ajoute-t-il, "c'est par rapport à cet impératif de «médiateur permanent » de la majorité parlementaire que le Premier Ministre entrant assumera un rôle spécifique dans la législature qui s'ouvre.

En effet, depuis la signature de l'accord politique FCC/CACH, confirmé par le vote, à la tête de l'Assemblée Nationale, de la représentation parlementaire de cette coalition, il existe en RDC un regroupement politique qu'il faut considérer en tant que tel et gérer en conséquence. L'apparition de cette coalition reconfigure véritablement l'échiquier politique congolais.

Rappelons d'abord que ce groupe se veut uni par l'attachement des principaux partis qui le compose, tant aux valeurs de la social-démocratie qu'à l'impératif du respect de l'unité nationale et de la souveraineté. Soulignons ici que ces principes de l'unité nationale et de la souveraineté prônés, dès la lutte pour l'indépendance, par le héros national Patrice Lumumba, ont été portés autant par Laurent-Désiré Kabila que par Etienne Tshisekedi comme socle de leur projet politique respectif".A son avis, cet analyste pro-Front Commun pour le Congo pense que jusqu'ici, sur le plan national, le Président sortant Joseph Kabila a incarné seul cette option de l'indépendance et de la dignité ; mais comment exclure le Président actuel Félix Tshisekedi Tshilombo, en ayant en tête que son mentor Etienne Tshisekedi et son parti l'UDPS ont construit les trois décennies de leur combat sur ce même principe. Quel contenu aurait, que signifierait le cri de ralliement « le peuple d'abord », si les richesses de la RDC continuaient de s'en aller vers d'autres cieux, au profit d'autres ?

Et "maintenant que le premier nommé est au Sénat et que le second sera tenu par la réserve qu'impose son statut de Président de la République, il faudra bien que le Premier Ministre, que nous avons qualifié plus haut de « Médiateur permanent », assume et assure, par délégation de deux chefs de coalition, en plus de la lourde tâche de chef du gouvernement, celle de coordonnateur de la majorité. La prudence politique voudrait aussi que les deux autorités, dites morales, de la Coalition FCC/CACH, se tiennent relativement éloignées de la gestion politicienne et quotidienne de l'alliance ; ce rôle devrait et doit incomber au Premier Ministre, soutient-il, dans cette même réflexion que pour faire face au Lamuka, une coalition née à Genève à l'initiative et sous l'impulsion des lobbies occidentaux du secteur minier, il s'impose que la majorité parlementaire nationaliste actuelle s'organise, se structure et se renforce de manière à bien se préparer aux combats qui s'annoncent. Dans cette tâche de consolidation de la coalition FCC/CACH, le Premier Ministre aura un rôle politique essentiel. La coalition FCC/CACH sait donc contre qui se défendre. Ainsi, le Premier Ministre, chef du gouvernement et coordonnateur de la majorité, a-t-il du pain sur la planche, conclut-il.

Les difficiles enjeux du Premier Ministre

L'opinion publique congolaise débat, depuis quelques mois, sur la nécessité d'avoir un Premier Ministre re-légitimé et exerçant la plénitude de ses fonctions.

Non sans raison, beaucoup de nos compatriotes estiment que la gouvernance de la nation ne saurait s'accomplir efficacement sans un Premier Ministre compétent, agissant en bonne intelligence avec le Président de la République et les deux chambres du Parlement. De surcroît, ce Premier Ministre, disposant des solides assises aux seins des deux familles politiques FCC et CACH, assoira sa compétence sur une équipe gouvernementale soudée, dynamique, bien informée et véritablement décidée à atteindre les objectifs fixés de commun accord et auxquels certains autres participants auront adhéré.

Nous connaissons maintenant le nom de celui qui assumera cette lourde tâche : Monsieur Ilunga Ilunkamba.

Cependant, il faut déplorer que ce débat sur la nécessité d'avoir un locataire à l'Hôtel du Gouvernement ne se poursuive que rarement sur l'essentielle question du contenu politique et technique que devrait avoir cette lourde fonction pour que nos institutions fonctionnent avec plus d'efficience.

Qui peut dans les conditions d'aujourd'hui, en dépit de tout ce qui a été fait, même si certains, dans leur croisade d'affaiblissement de la nation, nient les avancées accomplies par les uns et les autres afin de mieux les opposer et ainsi pouvoir se présenter comme unique voie de sortie. Qui peut, disais-je, contester que la RDC se doit d'accentuer sa cohésion interne et ses efforts vers le progrès ?

La place du Premier Ministre

Il convient, avant d'aller plus loin, de rappeler que dans l'esprit de nos institutions et dans la culture politique que nous voulons nôtre, le Premier Ministre est certes le chef du Gouvernement, mais n'est en tout cas pas le concurrent du Président de la République. L'intérêt de la nation commande aussi que le détenteur, toujours provisoire, de ce poste prestigieux de chef du gouvernement, n'use pas de cette position comme d'un simple tremplin vers un prochain combat pour la Magistrature suprême. Les importantes responsabilités de la Primature exigent une concentration maximale qui ne laisse que peu de place à la préparation d'une autre conquête. Faut-il expliquer les conséquences désastreuses qu'aurait, sur la gouvernance, une confrontation politique, fut-elle feutrée, au plus haut niveau de l'Etat ? Le Premier Ministre devrait donc résister à cette tentation, qui sera forte.

Le Premier Ministre ne devrait donc pas être le concurrent du Chef de l'Etat ou même s'inscrire dans l'hypothèse de futur prétendant à la Présidence de la République certes, mais son rôle ne saurait se limiter à celui d'un simple exécutant ou d'une délicate courroie de transmission entre le Chef de l'Etat et les Ministres responsables de leurs secteurs respectifs.

L'esprit de nos lois veut que le Premier Ministre, émanation de la majorité parlementaire élue, agisse en tant que metteur en scène, donc véritable organisateur de la politique définie par le Président de la République, élu au suffrage universelle, et des accords de partenariat conclus avec ses alliés politiques.

Pour simplifier nous dirons, le Président de la République veille sur les principes et fixe les objectifs, tandis que son Premier Ministre organise l'atteinte la plus efficiente possible et au moindre coût des buts préalablement concertés. Si l'un est l'architecte de l'œuvre, l'autre devrait être le conducteur attentif et fidèle des travaux de l'édifice rêvé. Le Premier Ministre agira donc en tant que « politique » responsable, informé de son pouvoir, ferme dans ses décisions, modéré dans son approche et conscient de ses limites.

La réussite de cet équilibre fragile, donc relativement imparfait, réside dans la modération et le dialogue permanent que sauront maintenir pendant ces cinq prochaines années, non seulement les leaders politiques de la Coalition FCC/CACH, leurs principaux lieutenants, mais également les militants qui rependent leurs opinions respectives dans la population. Ceci donne au nouveau Premier Ministre une responsabilité politique particulièrement délicate.

La configuration politique d'aujourd'hui.

C'est par rapport à cet impératif de «médiateur permanent » de la majorité parlementaire que le Premier Ministre entrant assumera un rôle spécifique dans la législature qui s'ouvre. En effet, depuis la signature de l'accord politique FCC/CACH, confirmé par le vote, à la tête de l'Assemblée Nationale, de la représentation parlementaire de cette coalition, il existe en RDC un regroupement politique qu'il faut considérer en tant que tel et gérer en conséquence. L'apparition de cette coalition reconfigure véritablement l'échiquier politique congolais.

Rappelons d'abord que ce groupe se veut uni par l'attachement des principaux partis qui le compose, tant aux valeurs de la social-démocratie qu'à l'impératif du respect de l'unité nationale et de la souveraineté. Soulignons ici que ces principes de l'unité nationale et de la souveraineté prônés, dès la lutte pour l'indépendance, par le héros national Patrice Lumumba, ont été portés autant par Laurent Désiré Kabila que par Etienne Tshisekedi comme socle de leur projet politique respectif.

Aujourd'hui, une fois encore, comme en 1960, l'actualité politique nous impose une configuration qui divise les élites politiques de notre pays en deux branches antagonistes. Comme pendant les années de la contestation du colonialisme, la ligne de démarcation sépare ceux qui estiment que la RDC devrait privilégier sa souveraineté et en payer le prix et le groupe qui pense naïvement que pour développer le pays, la gouvernance de la RDC devrait se soumettre aux conditions des grandes capitales occidentales. Une fois encore, la gestion des mines est au centre du débat ; le Code minier révisé symbolise parfaitement la situation.

Jusqu'ici, sur le plan national, le Président sortant Joseph Kabila a incarné seul cette option de l'indépendance et de la dignité ; mais comment exclure le Président actuel Félix Tshisekedi Tshilombo, en ayant en tête que son mentor Etienne Tshisekedi et son parti l'UDPS ont construit les trois décennies de leur combat sur ce même principe. Quel contenu aurait, que signifierait le cri de ralliement « le peuple d'abord », si les richesses de la RDC continuaient de s'en aller vers d'autres cieux, au profit d'autres ?

Maintenant que le premier nommé est au Sénat et que le second sera tenu par la réserve qu'impose son statut de Président de la République, il faudra bien que le Premier Ministre, que nous avons qualifié plus haut de « Médiateur permanent », assume et assure, par délégation de deux chefs de coalition, en plus de la lourde tâche de chef du gouvernement, celle de coordonnateur de la majorité. La prudence politique voudrait aussi que les deux autorités, dites morales, de la Coalition FCC/CACH, se tiennent relativement éloignées de la gestion politicienne et quotidienne de l'alliance ; ce rôle devrait et doit incomber au Premier Ministre.

L'enjeu est de défendre les intérêts des Congolais

La tâche du Premier Ministre sera rude, les Congolais attendent beaucoup et nous pouvons penser qu'ils ne seront pas patients. Il faudra assurer la paix ; combattre la corruption et l'impunité ; relancer la reconstruction des infrastructures entamée en 2008 avec les cinq chantiers ; booster l'agriculture, la priorité qui ne décolle toujours pas ; améliorer l'enseignement, seule façon de bien préparer l'avenir ; faire progresser notre système de santé publique et bien d'autres secteurs de la vie et de l'économie nationale.

En plus de ces challenges d'ordre, plus ou moins technique, le théâtre politique et diplomatique ne sera pas reposant. Comme aimait nous le répéter le Président J. Kabila, l'hostilité nous viendra encore de l'étranger ; l'instrument principal de cette animosité sera le « Lamuka ». Il faudra, à côté du Président de la République, que le Chef du gouvernement assure.

Pour faire face au Lamuka, né à Genève à l'initiative et sous l'impulsion des lobbies occidentaux du secteur minier, il s'impose que la majorité parlementaire nationaliste actuelle s'organise, se structure et se renforce de manière à bien se préparer aux combats qui s'annoncent. Dans cette tâche de consolidation de la coalition FCC/CACH, le Premier Ministre aura un rôle politique essentiel.

Il serait naïf de penser que les leaders du « Lamuka » reviennent en RDC pour combattre un Président qui n'est plus en fonction. Ils descendent dans l'arène pour reprendre la bataille que Martin Fayulu n'a pas su remporter. Que l'on ne se trompe pas, l'objectif des revenants est bien de reconquérir la RD. Congo pour le compte des miniers occidentaux.

Est-ce là le sort que nous voulons réserver à la lutte de nos pères ? La coalition FCC/CACH sait donc contre qui se défendre. Le Premier Ministre, chef du gouvernement et coordonnateur de la majorité, a là, du pain sur la planche.

Courage, Premier.

Kambila Kankwende wa Mpunga

Cadre de la coalition FCC/CACH

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