Ile Maurice: Musée de l'esclavage - Enfin le bon comité pour avancer ?

Déterminer le contenu historique du musée de l'esclavage. Mais surtout son concept, c'est-à-dire comment ce musée, situé à l'ex-hôpital militaire (voir aussi en p. 10), en face de l'Aapravasi Ghat, à Port-Louis, va aborder la douloureuse question de l'esclavage, pour le grand public. En mettant en avant la réconciliation avec l'histoire.

Ce sont là les attributions du concept committee, qui a eu le feu vert du Conseil des ministres, vendredi. Un comité qui sera présidé par un haut fonctionnaire, Jean Maxy Simonet, Secretary for Public Service.

Jusqu'à tout récemment, ce haut fonctionnaire était Senior Chief Executive au ministère des Infrastructures publiques, explique Pradeep Roopun, ministre des Arts et de la culture. «C'est quelqu'un avec une longue expérience de l'administration.» Il précise que le nouveau comité va travailler sur «le type de restauration de l'ex-hôpital militaire, qui est l'un des plus vieux bâtiments de Maurice». Ce, en se basant sur les options proposées par l'étude préliminaire sur le musée intercontinental de l'esclavage, réalisée par le consultant, le cabinet d'architectes Steget Srl.

Cette étude préliminaire sera-t-elle rendue publique ? «Je ne peux pas le dire à ce stade», indique Pradeep Roopun. La mission du comité : «Transformer l'ex-hôpital militaire en musée.» Qui va siéger sur ce comité ? Selon le ministre, «une vingtaine de personnes seront concernées, venant de différents ministères et institutions, ainsi que des universitaires». Pour l'heure, on ne sait quel sera le délai imparti à ce comité.

L'institution de ce nouveau comité constitue une étape dans la bonne voie, estime une source, dans les milieux concernés. «Pendant tout ce temps, on ne parlait que du bâtiment. Là, il faut se demander s'il faut restaurer à l'identique. Mais surtout, restaurer pour mettre quoi dedans ?» Cette source souligne que l'ex-hôpital militaire, c'est deux anciens «wards», qui ont servi de bureaux et qu'il faut maintenant convertir en musée.

Une autre source est d'avis que c'est un signe que le dossier ne relèverait plus du ministère des Arts et de la culture, «où il y a trop de problèmes. Ce n'est pas une mauvaise chose». La plus grosse interrogation est «pourquoi un concept committee et pas un comité scientifique ?» Ce qu'une source voit comme «la mainmise des fonctionnaires sur les chercheurs et anthropologues».

D'autant plus que dans certains milieux, on se demande quelles, «connaissances muséales» possède le responsable du nouveau comité. «De toute la longue histoire du musée de l'esclavage, on n'a jamais entendu parler de ce monsieur.»

Une «longue histoire», rappelle une autre source, qui avait pris forme dans le rapport de la Commission Justice et Vérité. Un rapport soumis en 2011, qui recommandait la création du musée de l'esclavage. «À l'époque, le concept figurait déjà dans le rapport. Est-ce qu'on l'a lu ?»

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