Congo-Kinshasa: Police nationale - Lambert Mende interpellé pour une affaire de diamant de quatre-vingt-sept carats

Lambert Mende Omalanga

L'ancien porte-parole du gouvernement sous Kabila, aujourd'hui député et candidat au poste de gouverneur du Sankuru, a été brièvement interpellé chez lui à domicile, le 19 mai.

Des images pour le moins affreuses montrant Lambert Mende Omalanga brutalisé par des éléments de la police devant son domicile ont fait le tour des réseaux sociaux. Loin de relever d'un simple montage, elles étaient bien réelles, prises par des témoins ayant assisté à l'interpellation de l'ex-ministre de l'Information et de la communication, soupçonné d'avoir confisqué un diamant de quatre-vingt-sept carats appartenant à un groupe des creuseurs artisanaux de Sankuru, la province dont il est ressortissant.

A en croire des versions recoupées, les creuseurs qui, depuis des lustres, travaillent pour le compte de l'ex-ministre, lui auraient présenté ce diamant espérant une juste récompense après vente. Une fois à Kinshasa, les tergiversations de Lambert Mende n'étaient pas de nature à rassurer les creuseurs. Bien que l'intéressé ait indiqué n'avoir été qu'un simple intermédiaire dans cette affaire pour préserver les intérêts de ces creseurs, le doute persistait toujours quant à ses réelles motivations. Or, certaines indiscrétions font savoir que ces creuseurs étaient financés par l'ancien ministre qui comptait s'approprier le diamant contre leur gré.

D'après le ministre intérimaire de l'Intérieur, Basile Olongo, également cité dans cette affaire, tout aurait capoté avec l'intrusion du jeune frère de Lambert Mende qui, « au lieu d'amener les creuseurs à la présidence, a préféré les sécuriser en les emmenant dans une commune de la ville de Kinshasa ». Tout en indiquant qu'en tant que ministre de l'intérieur il ne se mêlait pas « des histoires de diamant », Basile Olongo a soutenu avoir plutôt orienté les creuseurs vers la présidence de la République. « J'apprends aujourd'hui qu'ils se sont plaints au niveau de la direction générale de renseignement de la police nationale congolaise, et c'est cette direction qui a demandé à convoquer le ministre pour en savoir plus », a-t-il avancé, réfutant les allégations de violence physique que les forces de l'ordre auraient fait subir à l'ex-ministre. « Il a été simplement convoqué et pas arrêté par un général qui s'occupe des renseignements de la police au sujet de cette histoire de diamant », a-t-il précisé.

Aux dernières nouvelles, l'on apprend que l'ancien porte-parole du gouvernement Kabila menace de porter plainte contre le chef de la police ayant ordonné la violation de son immunité parlementaire. Entre-temps, son parti politique, la Convention des Congolais Unis, demande à ses élus siégeant au parlement de « lancer la procédure de question orale avec débat, à adresser au vice-ministre et ministre de l'Intérieur, tutelle de la police nationale congolaise, sur l'enlèvement d'un député national par des éléments identifiés de cette police ».

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