Congo-Kinshasa: Regideso - Le projet "Lemba Imbu" pour améliorer les conditions de vie et de santé de la population

Les besoins en eau évalués à l'horizon 2017 se chiffrent à 900.000 /jour, soit un déficit de 450.000/jour. Pour y faire face, le gouvernement de la République Démocratique du Congo a donné priorité à la construction, à Kinshasa, d'une usine de production et de traitement d'eau de 200.000/jour de capacité dont la première phase comprend la construction d'un module de 35.000/jour.

C'est, en effet, ce lundi 20 mai 2019 qu'a eu lieu la pose de la première pierre pour la construction de l'usine de production d'eau potable de la Régideso SA. Ceci s'inscrit dans le projet d'alimentation en eau potable de LEMBA IMBU, dans la commune de Mont-Ngafula. Le Chef de l'Etat s'est fait représenté par le Ministre d'Etat en charge du Budget, Pierre Kangudia. L'entreprise sud-coréenne HYUNDAI démarre les travaux de construction le 1er juillet 2019.

La ville de Kinshasa est actuellement desservie en eau potable pour quatre usines d'une capacité totale de 524.000/jour. Le présent projet se rapporte à la construction, en première phase, d'une usine de production et de traitement d'eau d'une capacité de 35.000/jour. L'Ambassadeur de Corée du Sud en RDC était également présent.

La construction de cette usine "vient concrétiser la volonté et la détermination de notre Chef de l'Etat, Félix Tshisekedi, exprimée à travers son discours-programme d'investiture axé principalement sur le défi de l'amélioration du social des populations congolaises ; par la mise en chantier et le développement véritable des projets d'infrastructures socioéconomiques de base dont le secteur d'eau potable en constitue l'un des piliers", a déclaré Clément Mubiayi, Directeur Général de la REGIDESO SA.

Une avancée constructive

Cependant, le plan Directeur pour l'alimentation en eau potable de la ville de Kinshasa et les zones d'extension de la ville sont situées vers l'Est et le Sud-ouest de Kinshasa avec un taux de croissance de 4% à l'Est, supérieur à celui des autres communes de la ville de Kinshasa. La population de l'Est qui augmente donc plus rapidement que celle des autres quartiers de Kinshasa connait une mauvaise desserte en eau potable et de mauvaises conditions de santé suite à des maladies d'origine hydrique.

La réalisation de cette première phase du projet permettra d'améliorer à la fois le niveau de desserte et les conditions de vie et de santé de la population évaluée globalement à 11 400 000 habitants à l'horizon 2020 pour les communes de Kimbanseke, N'djili et Kinsenso.

Dans son mot, Pierre Kangudia a fait savoir que "depuis la rupture de la coopération décidée par la communauté internationale à la suite des évènements douloureux survenus en 1990, le secteur de l'eau n'avait enregistré aucun investissement pendant plus de 12 ans". Et cela s'était traduit également par une forte dégradation des infrastructures existantes.

Paradoxalement, poursuit-il, la population surtout urbaine connaissait au même moment une croissance accélérée. Cette situation créera un déficit important notamment, dans la ville de Kinshasa que les investissements réalisés depuis 2005 n'ont pas encore réussi à résorber. Aujourd'hui, "nous saluons donc avec une vive attente la construction de cette nouvelle usine et appelons de tous nos vœux la mobilisation générale en vue de trouver de nouveaux financements dans le secteur de l'eau potable dans la ville de Kinshasa dont les besoins s'évaluent actuellement à plus ou moins 450.000 /jour", avance-t-il. En même temps, en tant que gouvernement de la République, "notre plaidoyer concernant l'ensemble de nos provinces est aussi confronté aux mêmes difficultés", a lâché le Ministre d'Etat.

Les assurances de la Régideso

Pour ce qui est de la consistance de ce projet, la Régideso relève le captage d'eau brute pour lequel sont prévus la construction et l'équipement d'une station de 38.500/j de capacité avec une construction de génie civile pour son extension à 220.000/jour. Ensuite, la construction et équipement d'une usine de traitement d'eau de 35.000/jour extensible à 200.000/jour de capacité. Mais, également, le réseau de distribution d'eau avec la fourniture et la pose d'environ 26 Kms de conduite d'adduction et de distribution d'eau de diamètre allant de 80mm à 1000mm ainsi que la construction et l'équipement d'un réservoir de 10.000 de capacité et d'une station de pompage de 35.000/jour.

Il est également cité dans la consistance du projet, la formation des agents de la Régideso à l'exploitation et à la maintenance des installations réalisées. Sans omettre les volets relatifs à la réalisation des études d'exécution et la supervision des travaux sont à la charge du concepteur, l'association des sociétés KRC-KECC.

Le financement du projet est assuré par EXIMBANK of KOREA à hauteur de 69 914 000 $US sous forme de prêt. La République Démocratique du Congo financera la contrepartie à hauteur de 15 762 000 $US au titre des frais de douanes.

Le taux d'intérêt est de 0,01% par an. La maturité est de 40 ans y compris 15 ans de période de grâce.

A son terme, précise le Directeur Général, le projet vise de desservir une population estimée à 1.700.000 habitants couvrant les zones périphériques des communes de Kimbanseke, N'sele, Matete, Kinsenso, Ndjili, Mont Ngafula ainsi que la partie sud de l'Université de Kinshasa.

Désenclavement oblige

Le Vice-gouverneur de la ville de Kinshasa, Néron Mbungu, tout en reconnaissant l'importance de ce projet, relève tout de même le fait que l'accès reste difficile pour atteindre ce site. "Pourtant, si la route de la Paix était opérationnelle, moins de 30 minutes suffisent. La route de la Paix longe la clôture de la gare de Matete, elle peut désenclaver les communes de Limete, Matete, Kinsenso, Mont Ngafula et la partie Est de la ville-province de Kinshasa jusqu'à l'aéroport", a-t-il soutenu.

En effet, unique voie de secours en cas d'impraticabilité du Boulevard Lumumba, la route de la Paix est une route pénétrante et demeure une voie de secours pour aller au Kongo Central.

Vu la distance qui sépare le pont Matete à celui de Ndjili Brasserie, "nous souhaiterions qu'on érige deux autres ponts. Il serait aussi intéressant qu'on construise la route qui va du Campus universitaire jusqu'à la route de la Paix pour joindre la chaussée Ndjoko jusqu'à l'aéroport", soutient la bouche autorisée de la capitale qui pense qu'avec cela, ce lieu deviendra un site touristique accessible à tout le monde et le nom du Président de la République «Ya Fasthi» sera à jamais immortalisé à travers cette œuvre grandiose.

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