21 Mai 2019

Cameroun: Cinéma et littérature - Le double visage de Charles Soh

C'est un trois en un que le Pr Charles Soh Tatcha a servi aux bibliophiles et cinéphiles de Yaoundé. L'enseignant et critique de cinéma a procédé le 17 mai dernier à la dédicace de huit ouvrages et de son premier court métrage intitulé : « Le palmier de la discorde ». Le tout couronné d'une conférence-débat autour du thème : « Charles Soh, témoin de son temps... La trace dans les arts et dans la vie ».

Ce témoignage, l'auteur l'immortalise dans ses œuvres, résumées au cours de la dédicace par le critique de cinéma, Jean Marie Mollo Olinga. Au départ des scénarii de films, ces écrits, faute de moyens financiers, ont finalement été publiés sous forme d'œuvres littéraires.

Fruits de plusieurs années de labeur, ces ouvrages content l'histoire de l'auteur et des héros qui l'ont marqué dans ses créations artistiques nourries d'expériences personnelles. Le premier est intitulé « Le cinéma de Daniel Kamwa. Parcours esthétique et identitaire ». Paru en 2010, cet ouvrage plonge le lecteur dans l'univers du réalisateur de « Pousse-pousse ».

En 177 pages, il montre comment cette figure emblématique du cinéma camerounais a conquis des millions de cinéphiles et en quoi le cinéma de Daniel Kamwa révèle notre identité. Autre livre dédié à une icône du cinéma : « Gérard Essomba Mani : l'acteur rebelle. Art et esthétique du comédien africain».

Fruit de trois années d'entretien avec cette figure de proue du 7e art, ce livre de 164 pages publié en 2012 est en quelque sorte un « devoir de mémoire ». Cet acteur emblématique « méconnu chez lui », alors qu'il est célébré sous d'autres cieux. « J'ai porté la souffrance du fait que ce pays ne reconnaisse pas Gérard Essomba. Au Canada où j'enseigne, on édifie les étudiants sur ses techniques et sa gestuelle », a déclaré le Pr Charles Soh. En ce qui concerne les œuvres de fiction, l'écrivain a produit quelques livres, no tamment « Un enfant à tout prix » (2011).

Ce premier roman campe en 177 pages le parcours d'un couple dont la femme mettra au monde un « enfant-serpent ». Autres œuvres présentées : les pièces de théâtre « La chèvre du sous-préfet » (2012), « Les veuves de Makala » et « Ici, ce n'est pas comme là-bas » (2014). Sans oublier « L'homme qui creusait » (2015) et « 15 janvier 1971» qui rendent hommage à leur tour aux martyrs, ceux-là qui se sont battus pour l'indépendance du Cameroun.

En plus de la note de lecture de ces différents ouvrages, le public de la dédicace a eu droit au premier film de Charles Soh : « Le palmier de la discorde ». Ce court métrage braque les projecteurs sur la cohabitation au village.

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