Cameroun: Joël Embiid - «On est sur la bonne voie pour atteindre les finales NBA»

interview

Le basketteur camerounais Joël Embiid a une nouvelle fois marqué la NBA de son empreinte, malgré l'élimination de son équipe des Sixers de Philadelphie, à la dernière seconde du match 7 des demi-finales de conférence Est face aux Raptors de Toronto. Entretien avec la star de Yaoundé après une saison 2018-2019 riche en émotions.

Joël Embiid, dans quel esprit êtes-vous, quelques jours après l'incroyable élimination des Sixers de Philadelphie en quarts de finale du championnat nord-américain de basket-ball (les demi-finales de la conférence Est des play-offs NBA) ? Votre peine est-elle encore vive ?

Je digère peu à peu cette élimination, même si ça a été très dur à encaisser lors des premières heures.

C'est dur, très dur de perdre sur un dernier shoot au buzzer (la sonnerie qui annonce la fin du temps réglementaire, Ndlr), et de voir tes adversaires sauter de joie juste à côté de toi.

C'est le sport, il faut l'accepter, mais c'est un moment très difficile à gérer lorsque la sonnerie de l'horloge retentit et que vous ne pouvez pas rien changer au résultat final de la rencontre.

On vous a rarement vu pleurer comme vous l'avez fait, après cette défaite face aux Raptors. Est-ce la plus grande déception de votre carrière ?

(Silence) Je ne sais pas, pour être honnête avec vous. Ça a été un moment très dur mais il faut passer à autre chose, regarder vers l'avant et penser à la prochaine saison. Ce qui ne tue pas rend plus fort, et je suis confiant pour l'avenir. C'est tout ce qui m'intéresse.

Comment jugez-vous les Sixers après cette saison très riche en émotions. Philadelphie est-elle encore loin du titre NBA ? Ou êtes-vous de plus en plus proche du sacre ?

Je pense que l'on est sur la bonne voie pour atteindre les finales NBA dans un futur très proche. Il faut encore beaucoup de travail et on sait que la concurrence est très rude dans la conférence Est. Mais on a construit une très belle équipe pour lutter pour le titre.

On se rapproche de ce rêve, de cet objectif. Et mon but, ainsi que celui de tous mes coéquipiers et de toute la franchise, c'est de ramener un titre à Philadelphie.

Gagner un titre NBA est quelque chose de très difficile à atteindre, mais on construit pour y arriver très rapidement. On s'y approche, et je pense que l'on va y arriver.

Si on vous avait dit en 2014, lorsque Philadelphie vous a recruté, que les Sixers se battraient pour une place en finales NBA, l'auriez-vous cru ?

Oui, car j'ai toujours eu confiance en notre « process » (« processus », Ndlr). On a réussi à faire venir des joueurs de très haut niveau et à drafter (recruter, Ndlr) de très bons jeunes, et surtout à ramener les Sixers parmi les meilleures équipes de la NBA.

Le but, dès le premier jour de ce « process », était de faire des Sixers une équipe compétitive qui peut lutter pour les meilleures positions de la ligue, et on est en train d'y arriver.

Vous semblez avoir une confiance inébranlable. Ne doutez-vous jamais ?

Je fais tout pour être le meilleur chaque jour, et l'aspect mental est très important dans cela. Je sais de quoi je suis capable, et je sais aussi que je vais encore devenir meilleur.

Donc, je me concentre sur les choses positives qui me font avancer. La confiance en soi est très importante pour un athlète de haut niveau, et c'est important de toujours garder confiance en soi, en ses capacités, et en son talent.

Comment avez-vous fait pour garder confiance en vous et en votre destin après deux saisons entières sans jouer à cause de blessures [1] ?

Ma famille, mes proches m'ont beaucoup aidé. Mais j'ai toujours eu la volonté de faire une très belle carrière en NBA.

Et, avec tous les sacrifices que j'ai fait pour en arriver là, je ne pouvais pas abandonner, même si l'idée de retourner au Cameroun m'a passé par la tête quelque fois durant quelques moments difficiles.

Mais j'ai donc baissé la tête et j'ai travaillé beaucoup. Et je continue à beaucoup travailler car je veux faire une très longue carrière et gagner des titres.

J'ai appris de ces années hors des terrains, sur mon corps, mais aussi à me renforcer mentalement pour devenir un basketteur qui peut aider son équipe à faire la différence.

On apprend des épreuves de la vie, même si elles sont difficiles à vivre. Je veux faire toujours plus, et toujours mieux.

La mort tragique d'un frère [2] et deux saisons blanches auraient plongé la plupart des joueurs dans la dépression. Qu'est-ce qui vous a aidé à tenir le coup ?

Ma famille et mes proches, et la volonté de réussir à atteindre mes rêves. Ça a été un autre moment très dur à gérer. Ce sont des épreuves de la vie, et il faut être fort mentalement.

Aujourd'hui, vous êtes une star mondialement connue. Vous êtes aussi vraisemblablement le sportif africain le mieux payé de l'histoire. Qu'est-ce que cela représente pour vous ?

Je suis fier de représenter l'Afrique et je suis content de voir que beaucoup de jeunes me suivent et s'inspirent de mon parcours.

Je suis très attaché au continent, et je suis très heureux de voir que le basket-ball en Afrique devient de plus en plus compétitif et que de plus en plus de joueurs jouent en NBA.

Nous essayons de suivre les pas d'Hakeem Olajuwon, de Luc Mbah a Mouté et de Dikembe Mutombo et de rendre les gens sur le continent fiers de nous. Et si cela peut ouvrir la voie à d'autres joueurs, c'est vraiment génial.

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