22 Mai 2019

Soudan: Malgré l'échec des discussions, les manifestants restent motivés

Photo: HRW screenshot
Depuis la mi-décembre, les manifestants sont descendus dans les rues de villes et villages du pays pour protester contre les hausses de prix et demander au président Omar al-Bashir, au pouvoir depuis 29 ans, de se retirer. Les manifestations ont commencé à Atbara et se sont étendues à d'autres villes, notamment Gedarif, Wad Madani, Port-Soudan, Dongola, El Obeid, El Fasher, Khartoum et Omdurman.

Les pourparlers entre militaires soudanais et leaders de la contestation se sont achevés dans la nuit de lundi à mardi sans qu'un accord soit trouvé. Plus d'un mois après la chute de l'ex-président Omar el-Béchir, les deux parties tentent de s'entendre sur un gouvernement de transition qui mènera le pays jusqu'aux prochaines élections. Pour l'instant, c'est l'impasse et parmi les manifestants c'est la déception.

Devant le quartier général de l'armée où des centaines de manifestants campent depuis des semaines, c'est la déception et la colère. Les militaires au pouvoir veulent la majorité des sièges au Conseil de transition qui mènera le pays aux élections. Ainsi que la présidence de ce conseil.

Pour Hamid, un jeune manifestant qui passe toutes ces nuits devant le QG de l'armée, ces demandes sont tout simplement inacceptables : « Nous sommes déçus et en même temps contents de voir que les leaders de la contestation tiennent bon face aux exigences des militaires. Cela fait cinq mois que nous attendons cela, six semaines que nous campons devant le QG de l'armée. Beaucoup de manifestants ont mis leur vie en suspens, pour s'assurer que nos revendications soient entendues. Avoir un militaire à la tête du conseil de transition est tout simplement impossible. »

Les discussions sont donc suspendues. Mais le contact n'est pas rompu. Dans un communiqué commun, les deux camps ont annoncé qu'ils souhaitaient poursuivre le dialogue. Pour Mazin, un manifestant de 24 ans, il y a encore espoir : « En soi, ce délai n'est pas une mauvaise chose, et les manifestants le savent. En ce moment nous envisageons une action de désobéissance civile ou une grève générale, qui paralyserait totalement le pays et forcerait les militaires à accepter nos demandes. Nous avons appris à être patients et surtout nous avons compris que le pouvoir est entre nos mains. »

Mardi en fin de journée, plusieurs photos circulaient sur les réseaux sociaux montrant des employés de banque et d'entreprise brandissant des pancartes appelant à la grève générale.

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