Cote d'Ivoire: Croissance durable et développement inclusif/Kablan Duncan - "La question des inégalités économiques et sociales mérite qu'on s'y arrête"

Photo: Togonews
Le siège de l'OCDE à Paris

Le vice-Président de la République a présidé ce mardi 21 mai 2019, à Paris, la 5e Réunion du Centre de développement de l'Organisation de coopération et de développement (Ocde).

En sa qualité de co-président de la 5e Réunion de haut niveau du Centre de développement de l'Organisation de coopération et de développement économique (Ocde), qui s'est tenue, hier, au siège de l'organisation, à Paris, le vice-Président de la République, Daniel Kablan Duncan, a tenu un discours très enrichissant à l'ouverture de la session.

C'était en présence de représentants de dizaines de pays développés comme sous-développés et d'organisations internationales de coopération multilatérale. Et la réunion, notons-le, s'inscrivant dans le cadre global du Forum 2019 de l'Ocde.

Si le thème général de cette réunion à huis clos était « Le développement pour tous », le vice-Président Duncan a livré un message clair et soutenu qui touche bien le cœur de la problématique du développement inclusif des Etats.

En effet, pour lui, la question des inégalités dans le processus de développement des Etats doit être une priorité pour les dirigeants.

« La question des inégalités économiques et sociales mérite qu'on s'y arrête, en raison notamment de son accélération au cours des 30 dernières années, atteignant actuellement un niveau record dans la plupart des pays du Nord comme dans les pays du Sud », estime Daniel Kablan Duncan.

En effet, la réunion, qui a duré toute la journée, a permis de mettre en évidence le rôle des politiques nationales pour combattre les inégalités et les vulnérabilités dans les pays de manière générale et particulièrement les pays en développement.

Le constat de Daniel Kablan Duncan à propos de la redistribution des richesses aussi bien dans les pays du Nord que ceux du Sud, est quasiment le même que celui des autres personnalités qui sont intervenues à l'ouverture de la réunion, entre autres le secrétaire général de l'Ocde, Angel Gurria, le directeur du Centre de recherche, Mario Pezzini et le président du Comité directeur du centre, Manuel Escudero: malgré l'augmentation de la création de richesses dans beaucoup de pays, devenant de plus en plus riches, les inégalités de revenus et de richesses entre les individus s'accentuent de manière importante.

Si les différents intervenants ont affiché leur opposition à la prospérité de ces inégalités, Daniel Kablan est allé plus loin en faisant un plaidoyer visant à inverser la tendance « Les pays se doivent de considérer l'Homme comme le véritable acteur et le principal bénéficiaire du développement économique et social », a-t-il suggéré.

La protection sociale comme solution

Comme instrument efficace de politique nationale permettant de combattre les inégalités, le vice-Président a proposé sans faux-fuyant la protection sociale.

Toutefois, le chemin vers une protection sociale universelle peut comporter des défis, qu'il a bien voulu décliner : l'engagement ferme et durable des gouvernements ; la prise en compte de la dimension genre et la mobilisation des moyens pour élargir la couverture sociale.

« Souvent, la croissance cache d'énormes inégalités contre lesquelles il faut s'attaquer. Il faut donc mettre en œuvre des politiques qui conduiront à un développement inclusif. L'Ocde est engagée à accompagner les Etats sur cette voix », a dit le secrétaire général de l'Ocde, Angel Gurria.

En Côte d'Ivoire, il fallait bien que le vice-Président en dise quelque chose. Plusieurs actions ont été entreprises afin d'inverser, sur la période 2012-2018, la situation des inégalités qui s'étaient aggravées par la crise post-électorale de 2011.

« Par les leviers budgétaires, la Côte d'Ivoire a fait passer le niveau des dépenses pro-pauvres de 1,3 milliard d'euros (environ 850 milliards de F Cfa) en 2011 à 3,8 milliards d'euros en 2019, soit un triplement en huit ans », a expliqué Kablan Duncan.

Aussi, a-t-il ajouté, d'autres mesures importantes ont été prises, notamment l'institution de la scolarisation obligatoire pour les enfants de 6 à 16 ans, le programme Filets sociaux productifs d'un montant de 150 millions de dollars (environ 75 milliards de F Cfa) financés par la Banque mondiale et bénéficiant à 125 000 ménages, la promotion et l'autonomisation économique de la femme.

« Ces actions ont permis de faire baisser le taux de pauvreté de 48,9% en 2008 à 46,3% en 2015, après avoir culminé à 51% en 2011. Pour accélérer cette dynamique, le gouvernement a adopté un programme social sur la période 2019-2020 d'un coût de 1,1 milliard d'euros (environ 720 milliards de F Cfa », a-t-il ajouté.

En ce qui concerne spécifiquement la protection sociale, notons-le, la Côte d'Ivoire s'est dotée d'une Stratégie nationale dont les principales mesures sont la Couverture maladie universelle (Cmu) qui est entrée en vigueur cette année, le Registre social unique (Rsu) de ménages pauvres et vulnérables, qui constitue un instrument essentiel pour l'efficacité des interventions en matière de protection sociale.

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

A La Une: Cote d'Ivoire

Plus de: Fratmat.info

à lire

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 150 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.